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Washington, D.C., la ville qui veut devenir un État

Les résidents de la capitale des États-Unis sont représentés par une observatrice à la Chambre des représentants qui n’a pas de pouvoir.

Une publicité faisant la promotion du changement de statut du District de Columbia.

En 2016, 85 % des résidents du District de Columbia ont voté en faveur de la création d'un nouvel État dans le cadre d'un référendum.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Raphaël Bouvier-Auclair

Leur parlement est à quelques kilomètres, parfois à quelques centaines de mètres de chez eux, et pourtant, les Américains qui habitent Washington n’y ont pas d’élus.

Le slogan est donc visible un peu partout dans les rues de la capitale : Taxation without representation. Les plaques de voitures rappellent que bien qu’ils paient des impôts, les résidents du District de Columbia, territoire équivalent à la ville de Washington, ne sont pas représentés au sein de l’appareil fédéral américain.

Une affiche faisant la promotion de la création d'un nouvel État, au centre-ville de Washington.

L'administration municipale du District de Columbia mène une campagne pour la création d'un 51e État.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Nous devons corriger les erreurs du passé, lance Beverly Perry, conseillère de la mairesse du District de Columbia, responsable de la campagne politique visant à transformer Washington en un État.

Depuis l’adoption du 23e amendement de la Constitution en 1963, les plus de 700 000 résidents de Washington peuvent se prononcer sur le choix du président et du vice-président. Mais à la Chambre des représentants, l’unique représentante qui parle en leur nom joue plutôt un rôle d’observatrice et n’a pas le pouvoir de voter.

Comment pouvez-vous dire aux gens qu’en venant travailler à Washington pour leur pays, ils perdent leurs droits?

Beverly Perry, conseillère de la mairesse du District de Columbia
Beverly Perry, conseillère de la mairesse du District de Columbia, parle à des militants dans le cadre d'un rassemblement.

Beverly Perry, conseillère de la mairesse du District de Columbia, est responsable de la campagne faisant la promotion de la création d'un État.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Autre aspect du statut de district qui déplaît aux partisans de la création d’un État : c’est le Congrès, où ils ne sont pas représentés, qui a le dernier mot sur les décisions politiques prises par le conseil municipal de Washington.

Ainsi, bien que la marijuana ait été légalisée à des fins récréatives sur le territoire du District de Columbia, la Ville ne peut encadrer un réseau de vente, puisque les élus fédéraux s’y sont opposés.

En 2016, plus de 85 % des résidents de Washington se sont prononcés pour le changement de statut dans le cadre d’un référendum. À l’échelle du pays, le portrait est différent, un récent sondage Gallup montrant que 64 % des Américains s’opposent à l’idée.

Un poids politique dans la balance

Si le District de Columbia devenait un État, il serait l’un des plus petits du pays, bien que sa population surpasse celle du Vermont et du Wyoming.

Une militante distribue des dépliants faisant la promotion d'un nouvel État.

Une militante faisant la promotion d'un nouvel État.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Malgré sa petite taille, le nouvel État se verrait néanmoins attribuer au moins un représentant à la Chambre et deux sénateurs. Des élus qui, compte tenu de l’historique de vote de ce territoire (Washington est le territoire qui a appuyé le plus fortement Hillary Clinton en 2016), seraient fort probablement démocrates.

Cette arrivée pourrait avoir des répercussions majeures dans un pays politiquement très divisé.

Ça va peut-être changer le contrôle du Sénat, admet Carolyn Fredrickson, présidente émérite de l’American Constitution Society, qui est en faveur de la création d’un État. Elle reconnaît néanmoins que compte tenu des implications politiques, le scénario est difficile à envisager à court terme.

D’ailleurs, si, dans la Chambre — contrôlée par les démocrates —, plus de 200 élus se sont montrés favorables au projet, l’appétit est tout autre au Sénat. Le leader de la majorité républicaine, Mitch McConnell, a fermement rejeté cette idée.

Un scénario envisageable?

Jeudi, les élus de la Chambre des représentants tiendront une première audience sur la question depuis 1993.

Le projet de loi visant à faire du District le 51e État américain pourrait ensuite faire l’objet d’un vote à la Chambre.

Tout ce que nous avons à faire, c’est de convaincre quatre sénateurs républicains, précise la conseillère de la mairesse Beverly Perry en évoquant la suite des choses.  

Plusieurs militants en faveur de ce nouvel État, y compris dans l’entourage de la mairesse du District de Columbia, croient que seul un projet de loi serait nécessaire pour que leurs ambitions se concrétisent.

Une murale montrant George Washington avec un bandeau sur la bouche.

Cette murale, montrant George Washington tenu au silence, a été commanditée par un militant pour la création d'un changement de statut du District de Columbia.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Mais certains estiment que le processus pourrait être bien plus compliqué. Dans la Constitution américaine, les Pères fondateurs des États-Unis ont prévu que le Congrès aurait le pouvoir d’exercer la législation exclusive sur le territoire de la nouvelle capitale.  Un amendement à la Constitution pourrait donc être nécessaire. 

Roger Pilon est vice-président des affaires légales à l'Institut Cato de Washington.

Roger Pilon ira témoigner contre la création d'un nouvel État devant la Chambre des représentants.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier Auclair

Si le Congrès essayait de créer ce 51e État, cela serait immédiatement contesté, affirme ainsi Roger Pilon, de l’Institut Cato (un centre de recherche libertarien), qui ira témoigner contre le projet au Congrès.

Je ne vois pas un scénario dans lequel un tribunal ne verrait pas ce projet de loi comme étant anticonstitutionnel.

Roger Pilon, vice-président de l’Institut Cato

Même plusieurs partisans de la cause l’admettent : si l’enjeu a récemment été mis à l’avant-plan, ce n’est pas à court terme que le District de Columbia deviendra la 51e étoile sur le drapeau américain.

Une rue passante près du Capitole de Washington.

La ville de Washington regorge de bâtiments célèbres.

Photo : La Presse canadienne / Pablo Martinez Monsivais

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