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Comment revenir à l'équilibre budgétaire? Les chefs entretiennent le mystère

Le reportage de Louis Blouin

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

François Messier

Les électeurs préoccupés par le rééquilibrage des comptes publics, actuellement déficitaires de 14 milliards de dollars, tardent à obtenir des réponses claires de la part des aspirants au poste de premier ministre.

Tandis que les chefs libéraux et néo-démocrates refusent de s'avancer sur un échéancier, leur adversaire conservateur promet d’y arriver en cinq ans, mais sans détailler sa feuille de route.

De passage à Hamilton mercredi, Andrew Scheer a commencé à expliquer comment il compte financer les quelque 10 milliards de dollars en crédits et autres baisses d’impôt qu’il a promis depuis le début de la campagne.

Il a promis qu’un gouvernement conservateur économiserait 1,5 milliard de dollars par année en éliminant certaines subventions destinées aux entreprises dont le soutien à la création d’emploi n’a pas été démontré.

Cet argent sera toutefois remis dans les poches des Canadiens, a-t-il dit.

Depuis le début de la campagne, M. Scheer a aussi promis d’annuler l’investissement de 250 millions de dollars du gouvernement Trudeau dans la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures.

Vous pouvez vous attendre à ce que, pour le reste de la campagne, on continue de faire des annonces quant à notre objectif de rendre la vie des Canadiens plus abordable, de remettre plus d’argent dans leurs poches, a-t-il déclaré.

On va aussi vous montrer exactement comment on compte atteindre notre objectif de revenir à l’équilibre budgétaire, afin que le gouvernement arrête d’emprunter de l’argent, a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

C’est important que l’on retrouve l’équilibre budgétaire, et on va le faire sur une période de temps responsable; une période de cinq ans. Et on va montrer aux Canadiens exactement comment on va s’y prendre.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

Au débat Maclean's de la semaine dernière, M. Scheer a affirmé que les conservateurs allaient contrôler le rythme d’augmentation des dépenses du gouvernement.

Le chef conservateur accuse Justin Trudeau d’avoir ajouté des milliards de dollars à la dette du pays au cours des quatre dernières années.

Depuis quatre ans, la dette fédérale s’est accrue de 70 milliards de dollars pour attendre 685 milliards. Le ratio dette/produit intérieur brut (PIB) a cependant diminué, pour atteindre 30,9 %.

Une tendance qui se poursuivra, dit Trudeau

Justin Trudeau est liché par un chien devant un présentoir de citrouilles.

Le chef libéral Justin Trudeau a été chaleureusement accueilli par un chien, mercredi, lors d'une visite dans un marché public de Salisbury, au Nouveau-Brunswick

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

De Fredericton, au Nouveau-Brunswick, où il a fait une annonce destinée aux aînés, Justin Trudeau a assuré que ce ratio continuera de diminuer si les Canadiens lui confient un second mandat.

Il est cependant demeuré muet sur un éventuel retour à l'équilibre budgétaire, lui qui avait promis, lors de la dernière campagne électorale, d'y parvenir cette année.

M. Trudeau a plaidé que son approche fonctionne, avançant pour preuve que le Canada est l’un des 11 pays qui détiennent une cote de crédit parfaite de AAA auprès des grandes agences de notation financière (comme Moody's ou S&P).

On a démontré, au cours des quatre dernières années, qu’en investissant dans les gens, dans les familles, dans la classe moyenne, dans nos communautés, on a créé de la croissance, on a créé des emplois et on a sorti bien des gens de la pauvreté, a-t-il fait valoir.

Nous avons un plan qui continue de diminuer notre dette [en] proportion de notre PIB ,et on garde encore les meilleures cotes des agences internationales dans le monde.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

L’approche libérale, a-t-il attaqué dans la foulée, présente un grand contraste avec l’approche de Stephen Harper, d’Andrew Scheer, des conservateurs, qui proposent toujours l’austérité et les coupes.

On ne peut pas créer de la croissance économique en coupant les services pour les gens. Les conservateurs ne comprennent pas ça, a-t-il ajouté.

Jusqu'ici, les promesses électorales du Parti libéral s’élèvent autour de 4 milliards de dollars, selon leur propre évaluation.

M. Trudeau a réitéré mercredi que le coût de certaines d'entre elles a été ou sera évalué par le directeur parlementaire du budget. Le tout sera dévoilé en temps et lieu, a-t-il promis.

Le Parti libéral laisse entendre que ses promesses ont des répercussions les unes sur les autres, et qu'il importe de s’assurer que l’ensemble est cohérent.

Je vous promets que nous allons partager tous les coûts de notre plateforme — y compris le travail fait par le directeur parlementaire du budget —en bonne et due forme, dans les semaines à venir.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada
Notre dossier Élections Canada 2019

Singh compte investir dans les gens

Jagmeet Singh et une femme discutent devant une chaise de dentiste.

Jagmeet Singh parle avec une électrice dans un cabinet dentaire de Sudbury, où il a tenu un point de presse en matinée.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

En marge d’une annonce sur l’assurance dentaire faite à Sudbury, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a aussi refusé de se commettre sur un échéancier de retour à l’équilibre budgétaire.

Il est aussi demeuré évasif sur la façon dont il compte financer ses promesses, qui pourraient coûter à terme 20 milliards de dollars au Trésor public.

Il a assuré qu’un gouvernement du Nouveau Parti démocratique (NPD) y parviendrait en cessant de donner des milliards […] aux sociétés les plus riches qui n’en ont pas besoin et en augmentant les revenus de l’État.

Il compte notamment y parvenir en imposant une nouvelle taxe aux Canadiens les plus riches et en luttant contre les paradis fiscaux.

Nous allons investir dans les gens; c’est ça, la grande différence. C’est une question de priorités. Les ressources sont limitées et les gens s’attendent à ce que nous les utilisions de façon responsable. Nous le ferons.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

La chef du Parti vert, Elizabeth May, s'est aussi engagée à rééquilibrer les finances publiques du pays d'ici cinq ans, au début de la semaine, mais elle n'a toujours pas présenté un cadre financier qui permettrait de tester sa crédibilité.

À Saint-Mathias-sur-Richelieu, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a critiqué l’approche libérale de gestion des comptes publics.

Selon lui, les libéraux auraient dû profiter de l'embellie économique des dernières années pour rééquilibrer le budget, comme ils s'y étaient engagés.

Le principe, c’est [qu']en période de prospérité, tu baisses ton déficit; en période de difficultés, de récession, tu augmentes ton déficit, et tu finis par équilibrer tout ça.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Selon M. Blanchet, le déficit actuel est attribuable à l’aide publique offerte aux pétrolières de l’Ouest et à une incapacité ou un manque total de volonté d'aller récupérer l'argent caché dans des paradis fiscaux, à l'abri du Trésor public.

Il soutient par ailleurs que l’imprudence des partis en période électorale risque de créer une spirale d’endettement qui compromettra à terme la position enviable du Canada en matière de finances publiques.

Avec la collaboration de Joëlle Girard

Politique fédérale

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