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« Trans Mountain risque d'achever les 73 derniers épaulards »

Deux épaulards.

Trois épaulards résidents du sud sont décédés cette année, ce qui porte le total d'individus restants à 73.

Photo : Tasli Shaw/Steveston Seabreeze Adventures

Thomas Gerbet

Ottawa a l'obligation légale de protéger les épaulards en voie de disparition, mais il se retrouve en même temps à remplir le rôle de promoteur de l'expansion du pipeline Trans Mountain, dont il est propriétaire.

C’est l’histoire de prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire qui s’éteignent à petit feu. Après trois morts cette année, il ne reste plus que 73 épaulards résidents du sud.

Classés en voie de disparition par le gouvernement, ils sont le talon d’Achille du projet Trans Mountain.

L'expansion du pipeline, d'ici deux à trois ans, triplera le volume de pétrole des sables bitumineux exporté à partir du terminal de Burnaby, sur la côte de la Colombie-Britannique.

Au lieu d'un navire par semaine, il y en aura un par jour, naviguant aller-retour dans la mer des Salish, en plein habitat essentiel des épaulards résidents du sud. Trente-cinq grands navires s'ajouteront ainsi chaque mois aux 250 qui circulent déjà.

Selon la biologiste de Raincoast Misty McDuffee, même si l'augmentation est de 14 %, cela risque « d'achever » les derniers épaulards résidents du sud déjà en mauvaise santé.

Avec le projet Trans Mountain, ils seront en présence d'un navire plus de 90 % du temps. Ça signifie une difficulté supplémentaire pour trouver de la nourriture.

Misty McDuffee, biologiste, Raincoast

Pêches et Océans Canada reconnaît que, parmi les principales menaces qui pèsent sur ces épaulards, il y a « la diminution des proies disponibles », « les perturbations acoustiques et physiques », et « les collisions avec les navires ».

Notre dossier Élections Canada 2019

Le bruit comme menace

Avec son hydrophone plongé dans l'eau, la biologiste enregistre le bruit des grands navires qui passent proche de l'île de Vancouver.

« L'hélice et le moteur peuvent créer un son sous l'eau qui interfère avec la capacité des épaulards à communiquer », se désole-t-elle.

Or, pour trouver des saumons et se nourrir, les épaulards utilisent l'écholocalisation, un peu comme le sonar d'une chauve-souris. « Ils envoient un clic et ils doivent être capables de l'entendre en retour », explique la biologiste.

Depuis juin, Ottawa a imposé de nouvelles règles aux navires. Ils doivent garder une distance de 400 mètres des épaulards, au lieu de 100 mètres auparavant.

« C'est génial pour les petits bateaux, dit Misty McDuffee, mais ça ne peut pas s'appliquer pour les cargos et les pétroliers qui n'ont pas la manœuvrabilité de ralentir ou de vite changer de cap. »

Ça n'a pas non plus empêché un petit bateau de foncer directement sur un groupe d'épaulards cet été.

Pour ou contre le projet d'expansion du pipeline Trans Mountain?

POUR

  • Parti conservateur du Canada
  • Parti libéral du Canada
  • Parti populaire du Canada

CONTRE

  • Nouveau Parti démocratique
  • Parti vert du Canada
  • Bloc québécois

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