•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Attaque de drones : Trump alourdit les sanctions contre l'Iran

Le reportage de Jean-François Bélanger

Photo : Getty Images / Alex Wong

Radio-Canada

Alors que les Saoudiens affirment détenir des preuves irréfutables de la participation de l’Iran aux attaques contre les installations pétrolières d’Aramco, le président américain a ordonné mercredi l’intensification des sanctions américaines contre l’Iran.

Le président Trump, vers qui tous les regards sont tournés depuis l’attaque aérienne qui a privé les Saoudiens de la moitié de leurs capacités de production pétrolière, a fait cette annonce mercredi matin sur son compte Twitter, ne laissant aucune équivoque en ce qui a trait aux auteurs présumés de cette attaque.

Je viens d'ordonner au secrétaire au Trésor [Steven Mnuchin] de durcir substantiellement les sanctions contre l'État iranien!

Donald Trump, président des États-Unis

Ces nouvelles sanctions, dont les détails seront connus d'ici les 48 prochaines heures, viendront s'ajouter au long train de mesures punitives déjà imposées par Washington à Téhéran depuis que Donald Trump a retiré son pays, en mai 2018, de l'accord sur le nucléaire iranien.

Pour l’administration Trump, il ne fait aucun doute que le principal responsable de cette attaque – qui a fait chuter de 6 % la production mondiale de pétrole – ne peut être que l’Iran.

Pompeo évoque un acte de guerre

Peu de temps après son arrivée à Djeddah, mercredi, pour discuter avec le prince Mohammed ben Salmane de la réponse qui sera apportée à cette attaque, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a déclaré que l'Arabie saoudite a bel et bien été la cible d'une attaque iranienne. Un geste qui constitue selon lui un acte de guerre.

Le secrétaire d’État Pompeo doit se rendre ensuite à Abou Dhabi pour y rencontrer le cheik Mohammed ben Zayed, héritier du trône de l'émirat.

Une attaque incontestablement iranienne, selon la Défense saoudienne

Des débris de missiles sont exposé sur des podiums.

La Défense saoudienne a présenté les débris de missiles récupérés sur le site des installations d'Aramco, bombardées samedi dernier.

Photo : Reuters / Hamad I Mohammed

Mercredi matin, le ministère de la Défense saoudien a déclaré, après l’inspection et l’analyse des débris de missiles recueillis sur les lieux de l’attaque, qu’il s’agit de preuves indéniables d’une implication directe de l’Iran dans cette agression.

En conférence de presse, le colonel saoudien Turki al-Malki a notamment expliqué que l’attaque a été lancée depuis le nord de l’Arabie saoudite, et que les débris qui proviennent de missiles de croisière et de drones possédant des ailes delta révèlent que l’attaque a été incontestablement parrainée par l’Iran.

Des débris de drones sont exposés sur un présentoir.

Les restes de drones retrouvés sur les sites d'Aramco bombardés samedi ont été présentés aux médias par la Défense saoudienne.

Photo : Reuters / Hamad I Mohammed

Le porte-parole de la Défense saoudienne a ajouté que les coupables devront répondre de leurs actes.

Le coup porté en fin de semaine dernière aux installations pétrolières d’Aramco se veut, selon le prince Mohammed ben Salmane, un test réel de la détermination mondiale face aux actes subversifs qui menacent la stabilité internationale, a rapporté l’agence de presse saoudienne SPA.

Rappelons que l’armée saoudienne est à la tête depuis plusieurs mois d’une coalition militaire tentant de chasser du Yémen les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, qui contrôlent plus de la moitié du pays.

Téhéran promet une réaction immédiate

Sur la plateforme d'un camion des missiles sol-air de grande taille. En arrière plan, un immense portrait de du guide suprême de l'Iran, Ali Khamenei.

Des missiles sol-air lors d'une parade militaire en avril 2018 à Téhéran.

Photo : AFP/Getty Images / ATTA KENARE

Réagissant à l'annonce d’un durcissement des sanctions américaines, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a estimé que Washington vise délibérément le peuple iranien.

Selon Mohammad Javad Zarif, le président Trump, en annonçant de nouvelles sanctions contre son pays, ne fait que frapper délibérément sur des civils ordinaires.

Plus tôt mercredi, Téhéran a promis une réaction immédiate à toute action militaire contre son territoire ou ses intérêts dans la région.

La riposte iranienne à une éventuelle attaque sera immédiate et ne sera pas limitée à sa provenance, a prévenu la République islamique dans une note officielle transmise aux États-Unis via l'ambassade de Suisse.

Téhéran a également rejeté les preuves présentées mercredi par la Défense saoudienne, affirmant que les Saoudiens n'ont fait qu'exposer leur ignorance des faits et leur incapacité à intercepter des attaques aériennes.

La conférence de presse a prouvé que l'Arabie saoudite ne sait rien sur l'endroit où les missiles et les drones ont été fabriqués ou lancés et n'a pas réussi à expliquer pourquoi le système de défense du pays n'a pas réussi à les intercepter.

Hesameddin Ashena, conseiller du président Hassan Rouhani et chef du Centre iranien d'études stratégiques

L'ONU fera sa propre enquête

Peu de temps après la conférence de presse de la Défense saoudienne, l'Organisation des Nations unies (ONU) a annoncé qu’elle allait dépêcher une équipe d’experts internationaux en Arabie saoudite pour mener une enquête internationale sur les sites pétroliers d’Aramco, bombardés samedi dernier.

Le mandat de ces experts repose sur la résolution ayant entériné l'accord nucléaire de 2015 avec l'Iran et sur la résolution ayant décrété un embargo sur les armes au Yémen, ont précisé des diplomates.

La première résolution, adoptée en 2015, prévoit la possibilité d'envoyer des experts du département politique des Nations unies dès lors que des matériels d'armement fabriqués en Iran sont trouvés dans un pays.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

Moyen-Orient

International