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Vapotage : un jeune Ontarien serait le premier Canadien atteint d'une maladie pulmonaire

Le reportage de Philippe Leblanc

Photo : Associated Press / Steven Senne

Radio-Canada

Un jeune Ontarien qui fumait des cigarettes électroniques s'est retrouvé aux soins intensifs et a été placé sous respirateur artificiel. Il s'est toutefois remis depuis et n'est plus à l'hôpital, a précisé le bureau de la santé publique de Middlesex-London, lors d'un point de presse mercredi après-midi.

Les responsables n'ont pas voulu dévoiler le sexe, l'âge ni le lieu de résidence du patient, pour préserver la confidentialité. Ils ont cependant précisé qu'il était d'âge à fréquenter l'école secondaire.

Un homme et une femme lors d'une conférence de presse.

Le Dr Chris Mackie, médecin-hygiéniste de la région de Middlesex-London

Photo : La Presse canadienne / Geoff Robins

Le médecin-hygiéniste de la région, le Dr Chris Mackie, a aussi déclaré, en réponse aux questions des journalistes, que cette personne vapotait tous les jours.

« Il est important que les gens comprennent que le vapotage présente un risque pour la santé au Canada également », a-t-il déclaré.

Signalement obligatoire

Cette nouvelle survient alors que la ministre provinciale de la Santé de l'Ontario a ordonné aux hôpitaux de signaler tous les cas de maladie pulmonaire liés au vapotage. Un décret ministériel oblige désormais les hôpitaux de l'Ontario à collecter des données statistiques qui seront ensuite remises au médecin-hygiéniste en chef de la province.

La ministre Christine Elliott affirme vouloir davantage de détails sur les conséquences du vapotage sur la santé des Ontariens, un problème émergent.

Nous n'avons pas accès aux données et à l'information suffisantes pour comprendre l'ampleur potentielle de ce problème, indique la ministre de la Santé, Christine Elliott.

Plus tôt ce mois-ci, les médecins en Alberta ont reçu une directive similaire.

À la lumière des preuves qui s'accumulent, je m'inquiète de plus en plus de la prévalence du vapotage et de ses possibles conséquences sur la santé.

Christine Elliott, ministre ontarienne de la Santé

Aux États-Unis, les responsables de la santé rapportent 380 cas confirmés ou probables de problèmes respiratoires graves liés au vapotage, dont six décès.

Jusqu'à présent, aucun cas semblable n'avait été signalé au Canada, mais plusieurs directions de la santé publique et Santé Canada surveillent étroitement les éclosions récentes de maladies pulmonaires qui seraient liées à l'utilisation de produits de vapotage aux États-Unis.

Le ministre Elliott avoue que les possibles dangers relativement au vapotage la préoccupent depuis des mois. Elle refuse pourtant de parler d'une crise de santé publique.

Christine Elliott en mêlée de presse.

La ministre de la Santé de l'Ontario, Christine Elliott

Photo : Radio-Canada

C'est effrayant pour les parents. Je prends la situation très au sérieux.

Christine Elliott, ministre de la Santé de l'Ontario

Elle ajoute que le dossier de la cigarette électronique est devenu prioritaire pour son gouvernement et que son ministère passera à l'action aussitôt que les données recueillies auront été concluantes.

« Nous étudions toutes sortes de solutions, mais c'est vraiment hypothétique jusqu'à ce que nous comprenions la nature du problème », explique la ministre.

Pas d'interdiction en vue

La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, ne croit pas que bannir les cigarettes électroniques soit la solution.

« Avant 2018, il n'y avait pas de réglementation, mais les gens avaient accès aux vapoteuses sur le marché noir », fait valoir la ministre qui compare la situation qui prévalait « au Far West ».

Une ministre en Chambre.

La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, croit qu'interdire les produits de vapotage ne réglerait pas la question.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Elle insiste sur l'importance d'informer la société des risques liés au vapotage, mais rappelle aussi que des fumeurs parviennent à arrêter de fumer grâce aux cigarettes électroniques.

Mme Petitpas Taylor explique qu'Ottawa procède à des consultations pour améliorer la réglementation.

Elle insiste sur l'importance d'avoir « des règlements bien précis pour s'assurer que les enfants ne soient pas encouragés à vapoter et [...] qu'il va y avoir des avertissements ».

La ministre estime qu'il faut attendre le résultat des consultations pour déterminer si certains produits aromatisés seront interdits. « Ma priorité est de protéger les jeunes. »

Un homme répond aux questions des journalistes devant des gens qui tiennent des pancartes électorales.

Le chef du NPD fédéral, Jagmeet Singh, croit qu'il faut prendre des décisions fondées sur de solides recherches.

Photo : Radio-Canada

Le chef du NPD Jagmeet Singh dit pour sa part qu'il est troublé chaque fois qu'il apprend qu'un produit déjà sur le marché cause des problèmes de santé.

Il estime que le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que les analyses nécessaires soient menées et que la population soit au courant des risques liés à un produit.

« Si un produit présente un risque pour certains, dit-il, sa mise en marché ne doit pas être autorisée. »

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