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  • Archives
  • Nelly Arcan, un météore dans le paysage littéraire québécois

    Nelly Arcan sur le plateau de l'émission littéraire Vol de Nuit, diffusée par TF1, le 31 août 2004.

    L'écrivaine québécoise Nelly Arcan a marqué la scène littéraire des années 2000.

    Photo : Maximilien Lamy

    Radio-Canada

    Il y a 10 ans, Nelly Arcan, de son vrai nom Isabelle Fortier, s’enlevait la vie. Nos archives témoignent du destin tragique de l’écrivaine québécoise qui a secoué le monde littéraire avec sa plume introspective et lapidaire.

    En 2001, Nelly Arcan, étudiante en littérature, attire l'attention des médias parisiens dès la sortie de son premier roman, Putain.

    Pour une jeune inconnue, faire paraître d’emblée un premier livre dans une grande maison d’édition française est un coup d'éclat. Putain reçoit de surcroît les éloges du Monde et est retenu pour les prestigieux prix Médicis et Femina.

    Le Téléjournal/Le Point, 7 septembre 2001

    Au Téléjournal du 7 septembre 2001, le correspondant à Paris Guy Gendron présente la sensation de la rentrée littéraire française.

    Il s’agit de la première apparition de la jeune auteure québécoise dans nos archives.

    Guy Gendron rencontre Nelly Arcan au jardin de Luxembourg, dans le 6e arrondissement de Paris. Elle lui parle du succès inespéré de Putain et du choix qu'elle a fait d'écrire l'opposé d'un dénouement heureux.

    Cet opposé de “happy end”, j'y tenais beaucoup. Parce qu’il y a parfois des choses qui sont irréparables. Ça existe.

    Nelly Arcan

    Publié aux éditions du Seuil, le roman Putain propose le regard cru et tranchant d'une prostituée sur le monde.

    « J'ai un regard très dur sur les choses », confirme la jeune auteure qui offre avec son premier livre une autofiction particulièrement choc.

    Je sais que les gens veulent que ça soit vrai et c'est ce qui motive leur intérêt, mais ce texte existe en dehors de tout ce que je pourrai en dire. Je ne pourrai jamais en dire plus que ce qu'il y a d'écrit là-dedans.

    Nelly Arcan

    Christiane Charette (audio), 5 septembre 2007

    Dans son premier roman, Putain, Nelly Arcan s’intéressait à la prostitution. Le second, Folle, traitait de la pornographie, posée comme rivale de la femme. Son troisième roman, À ciel ouvert, offre une réflexion sur le phénomène de la chirurgie plastique.

    Si l'aspect noir de la féminité demeure un moteur dans sa démarche littéraire, l'écrivaine souhaite cette fois s’éloigner de la provocation.

    « J'avais envie de me couvrir », confie-t-elle à l'émission radio Christiane Charette du 5 septembre 2007.

    Au cours de cette entrevue, Nelly Arcan admet avoir un rapport très complexe avec sa propre image, qu'elle préfère souvent fuir.

    Un thème qui l’habite, mais qu’elle souhaite explorer dans ses écrits, sans nécessairement avoir à en témoigner.

    « Si je pouvais bien vivre de mes revenus de droits d'auteur, je pense que de plus en plus que je tenterais de me passer des médias », affirme Nelly Arcan. « Plus je vieillis et plus cette sauvagerie grandit. »

    Le Téléjournal/Midi, 25 septembre 2009

    L’animatrice Claudine Bourbonnais annonce le décès de l’écrivaine au Téléjournal du 25 septembre 2009.

    La veille, Nelly Arcan a été trouvée morte dans son appartement du Plateau-Mont-Royal.

    Elle était âgée de 35 ans et venait de terminer un quatrième roman, Paradis clef en main, qui explorait le thème du suicide.

    Invitée sur le plateau, la journaliste et critique littéraire Danielle Laurin revient sur l’œuvre de l’écrivaine qu’elle a rencontrée trois semaines plus tôt.

    La critique littéraire commente la force de ses écrits qui traitaient entre autres de la complexité de l'identité féminine et du rapport au corps, à la beauté et à la jeunesse.

    Il est aussi question dans cet entretien du paradoxe de Nelly Arcan qui a laissé une œuvre féministe, même si elle-même n’incarnait pas le féminisme.

    Oui, elle jouait elle-même sur son image. Oui, elle avait été escorte. Oui, il y avait tout ce rapport au désir, au corps, à cette envie de rester belle et jeune pour une femme. On le voyait dans son attitude à elle. Mais en même temps, il y avait chez Nelly Arcan un regard très critique vis-à-vis tout ça. Une critique de notre société, du rôle que les femmes jouent.

    La critique littéraire Danielle Laurin
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