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Les pratiques policières ont un effet négatif sur les toxicomanes, selon une étude

Une voiture de police dans une ruelle du quartier Downtown Eastside, de Vancouver, connu pour sa population itinérante et son épidémie de surdose,.

L'étude révèle que la forte concentration policière dans le secteur du Downtown Eastside augmente le risque de surdoses pour les toxicomanes.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Les pratiques policières dans le quartier Downtown Eastside, de Vancouver, créent des obstacles pour les personnes souhaitant accéder à des centres de prévention des surdoses, selon une nouvelle étude réalisée par le Centre sur les toxicomanies et l'Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Les chercheurs ont commencé à collecter des données en décembre 2016 et ont effectué plus de 200 heures de travail sur le terrain dans des zones proches des centres de prévention des surdoses. Ils se sont entretenus avec 72 consommateurs de drogues.

L'intensification de la présence policière autour des centres de prévention des surdoses signifie que les personnes ne sont pas en mesure d'accéder à ces derniers, explique l'auteur principal, Ryan McNeil.

Elles se retranchent dans des endroits dangereux et sont beaucoup plus susceptibles de s'injecter de la drogue seules, ajoute-t-il.

Une personne marche devant le centre d'injection supervisée SisterSpace, dans le quartier du Down Town East Side.

SisterSpace est l'un des centres d'injection supervisée du quartier du Downtown Eastside, à Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Une approche plus humaine

La police de Vancouver concentre ses efforts dans les endroits dans lesquels la consommation et la vente de drogue sont courantes, dit M. McNeil. Or, l’étude révèle que le nombre réduit de patrouilles dans le secteur et la réduction de la présence de la police à proximité des centres de prévention des surdoses auraient des effets bénéfiques.

Nous devons évoluer vers des approches plus humaines afin de nous permettre de réagir pleinement à la crise des surdoses, ce qui signifie la suppression des obstacles aux services qui sauvent des vies.

Ryan McNeil, auteur principal de l'étude de l'UBC
Plan serré sur des mains sales qui utilisent une seringue pour extraire de la drogue d'un petit contenant.

En Colombie-Britannique, on estime que trois personnes meurent chaque jour d'une surdose de drogue.

Photo : Spencer Platt/Getty Images

L'étude suggère également de lever les restrictions d'accès à des zones imposées par les tribunaux, appelées zones rouges, qui contraignent une personne à retourner dans la zone où elle a déjà été arrêtée. De telles restrictions créent un autre obstacle pour ceux qui cherchent à accéder à des centres de prévention des surdoses, explique M. McNeil.

Certaines des personnes interrogées ont également indiqué avoir hésité à appeler une ambulance de peur que la police n'arrive sur les lieux.

En faveur d'une décriminalisation

La Colombie-Britannique a déclaré l'état d'urgence, il y a plus de trois ans, en raison de la crise de surdoses.

Nous sommes dans une urgence de santé publique et l'une de nos principales réactions reste la criminalisation des consommateurs de drogues, dit M. McNeil. Aucun autre problème de santé n'est directement criminalisé au même titre que la consommation de drogue.

La médecin en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, réclame depuis le mois d'avril la décriminalisation de la possession de drogue pour usage personnel.

La police de Vancouver dit qu'elle commentera l'étude après en avoir pris pleinement connaissance.

Avec les informations de Estefania Duran, CBC News

Colombie-Britannique et Yukon

Drogues et stupéfiants