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Commission scolaire English-Montréal : la tutelle pour mettre fin aux conflits internes?

Angela Mancini à moitié cachée par un panneau de la CESM.

La présidente de la CSEM, Angela Mancini, affirme qu'elle n'a pas été étonnée lorsqu'elle a lu les extraits du Rapport d'enquête sur la gouvernance et l'administration de sa commission scolaire.

Photo : Ivanoh Demers

Jean-Philippe Robillard

La présidente de la Commission scolaire English-Montréal (CSEM), Angela Mancini, n'est pas opposée à l’idée d'imposer une tutelle à l'organisation qu'elle préside tant les problèmes de gouvernance sont importants. Elle estime que des gestes concrets doivent être posés afin de redresser la gestion de la CSEM.

Mme Mancini accueille favorablement les conclusions du rapport dévoilé, en partie, la semaine dernière par le ministère de l'Éducation. Un rapport accablant qui a mis en lumière les problèmes de gouvernance et de gestion d'English-Montréal.

La présidente de la CSEM affirme qu'elle n'a pas été étonnée lorsqu'elle a lu les extraits du Rapport d'enquête sur la gouvernance et l'administration de sa commission scolaire.

Pour moi, le rapport me parle. Je ne peux pas dire que le rapport que nous avons devant nous n'est pas vrai.

Angela Mancini, présidente de la Commission scolaire English-Montréal

Elle soutient d'ailleurs que c'est elle qui a tiré la sonnette d'alarme et averti le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge à propos des problèmes de gestion au sein de l'institution qu'elle dirige. On lui a dit ça ne peut pas continuer comme ça. Il y a des choses qui ne tournent pas rond dans notre commission scolaire, a-t-elle affirmé en entrevue à Radio-Canada.

Elle ajoute que des fois, je trouvais qu'il y avait des lacunes, des irrégularités qu'on devait suivre un peu plus attentivement.

On a un rapport qui démontre finalement qu'est-ce que je dis depuis longtemps.

Angela Mancini

La présidente reconnaît, comme affirme le rapport, que le conflit qui l'oppose à la majorité des membres du conseil des commissaires rend le conseil dysfonctionnel et nuit aux services offerts aux élèves.

Si on passe du temps à chaque rencontre pour discuter de tous les problèmes, pour mettre de l'avant notre dossier politique contre notre adversaire, au lieu de débattre des vrais enjeux qui peuvent toucher les jeunes, c'est sûr que ça va avoir un effet. (...) On s'est retrouvé à ne plus vraiment aborder les éléments qui touchaient les jeunes.

Des problèmes toujours présents

Le document d'enquête soulignait les manquements d’un conseil des commissaires dysfonctionnel, notamment en raison de conflits internes qui paralysent la prise de décision dans l'intérêt des élèves.

Des conflits internes qui semblent encore bien présents aujourd’hui, si on en croit les propos de la présidente qui soutient avoir été intimidée par ses adversaires au conseil.

Celle qui préside la CSEM depuis 2008 refuse de porter l’entière responsabilité des problèmes qui secouent son institution. Elle jette plutôt le blâme sur ses adversaires au conseil des commissaires et à la direction générale qui sont, selon elle, les grands responsables de la crise qui traverse la Commission scolaire English-Montréal.

Je ne peux pas prendre le blâme pour les méthodes qu'ils ont utilisées. Il y a des méthodes qu'ils ont utilisées qui n'étaient pas éthiques. (...) on parle au niveau des comportements douteux, éthiquement douteux des commissaires.

Considérant que le dysfonctionnement du conseil des commissaires est ancré depuis plus de 10 ans, et que ce conseil a clairement établi préférer miser sur la division à des fins politiques que sur la saine gouvernance, il est recommandé d'envisager la suspension des pouvoirs du conseil des commissaires.

Extrait du Rapport d'enquête sur la gouvernance et l'administration à la CSEM

Les problèmes sont tels que Mme Mancini n'est pas opposée à ce que le ministre de l'Éducation place sa commission scolaire sous tutelle. C'est une question que je me pose. Il y a des moments où je me dis que ce n'est pas une bonne idée et il y a des moments où je trouve que c'est une très bonne idée. Mais si on continue de la façon qu'on le fait présentement, il est clair que le ministre va agir.

Angela Mancini souhaite rencontrer le ministre pour discuter de la question.

La présidente de la CSEM dénonce cependant que le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, ait dévoilé ce rapport alors qu'il s'apprête à déposer un projet de loi pour abolir les commissions scolaires telles qu'on les connaît aujourd'hui. Elle déplore que le ministre ait utilisé les problèmes de la CSEM pour mousser son projet de loi.

Grand Montréal

Éducation