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Audition houleuse d'un ex-directeur de campagne de Trump devant le Congrès

Corey Lewandowski, semblant retenir un sourire, témoignant devant des parlementaires américains.

Corey Lewandowski a refusé de répondre à plusieurs questions lors de son audition devant la commission du Sénat sur la justice.

Photo : Reuters / Sarah Silbiger

Sophie-Hélène Lebeuf

Témoin récalcitrant, l'un des ex-directeurs de campagne de Donald Trump, Corey Lewandowski, a farouchement défendu son ancien patron lors d'une audition devant une commission du Sénat, mardi, et a refusé de répondre à plusieurs questions.

La première audition organisée par les démocrates dans le cadre d'une enquête destinée à déterminer s'il convient d'ouvrir une procédure de destitution contre le président américain était consacrée à celui qui a été responsable de la campagne de Donald Trump de janvier 2015 à juin 2016.

Corey Lewandowski, l'un des plus fidèles confidents politiques du président Trump, a conservé une attitude de défi tout au long de sa comparution devant la commission sénatoriale de la justice.

Dès le début de son témoignage, qui s'est étiré sur plus de cinq heures, M. Lewandowski a donné le ton, critiquant l'ex-candidate démocrate à la présidentielle et ex-secrétaire d'État Hillary Clinton, blâmant l'administration Obama-Biden pour l'interférence de la Russie dans l'élection de 2016, fustigeant les immigrants illégaux qui traversent nos frontières et tuent des Américains innocents et dénonçant le harcèlement dont font preuve les démocrates à l'endroit du président, selon lui.

Il n'a pas démontré une plus grande collaboration lorsqu'il a été interrogé, se moquant par exemple des démocrates, tentant de leur couper la parole lorsqu'ils s'adressaient à lui ou refusant de s'exécuter lorsqu'ils lui demandaient de lire des extraits à voix haute.

La Maison-Blanche m'a ordonné de ne pas divulguer la teneur de toute discussion avec le président ou ses conseillers pour protéger la confidentialité du pouvoir exécutif. Je reconnais que ce n'est pas un privilège dont je jouis, mais je respecte la décision de la Maison-Blanche, a-t-il aussi dit à plusieurs reprises, s'attirant les foudres des démocrates.

En tant que simple citoyen, M. Lewandowski ne peut pas invoquer le privilège de l'exécutif, parce qu'il n'a jamais occupé de fonctions au sein de la Maison-Blanche.

Son attitude lui a valu de fréquents rappels à l'ordre de la part des élus démocrates et même des menaces d'outrage au Congrès.

M. Lewandowski, votre comportement dans cette salle d'audience est complètement inacceptable.

Jerry Nadler, président de la commission du Sénat sur la justice

Vous avez démontré au public que l'administration Trump fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire obstruction au travail du Congrès, a tonné le président de la commission, Jerry Nadler.

L'audition, qui était diffusée, a cependant rendu visiblement heureux l'un des spectateurs, sans doute celui pour qui cette performance était destinée. Une si belle déclaration d'ouverture, a écrit le président sur Twitter. Merci Corey!

Pendant une pause qu'il a lui-même réclamée, M. Lewandowski a lancé un site de soutien à son éventuelle candidature à un poste de sénateur du New Hampshire, sous une photo d'un Donald Trump souriant, disant qu'il ferait un fantastique sénateur.

Une intervention du président confirmée

Pressé de questions, Corey Lewandowski a toutefois confirmé que le président lui avait un jour demandé d'intervenir auprès du secrétaire à la Justice de l'époque, Jeff Sessions, pour le convaincre de réduire la portée de l'enquête sur la Russie.

Je n'ai pas pensé que le président me demandait de faire quelque chose d'illégal.

Corey Lewandowski, ex-directeur de campagne de Donald Trump

L'incident avait été décrit dans le rapport du procureur spécial sur la Russie, Robert Mueller, qui a indiqué que le président avait rencontré M. Lewandowski dans le Bureau ovale à la mi-2017 et critiqué Jeff Sessions pour s'être récusé de la supervision de l'enquête sur la Russie.

M. Trump a demandé à M. Lewandowski, qui ne jouait pourtant aucun rôle au sein de son administration, de livrer un message à M. Sessions : ce dernier devait dire publiquement qu'il limiterait la portée de l'enquête du procureur Mueller et affirmer que le président avait été traité injustement.

Ultimement, M. Lewandowski ne l'a pas fait et a confié cette mission à quelqu'un d'autre.

Ce n'est pas parce qu'il craignait que ce soit illégal qu'il ne l'a pas fait, a-t-il soutenu devant les élus, mais parce qu'il partait en vacances.

Comparutions annulées

Deux anciens collaborateurs de la Maison-Blanche avaient eux aussi été assignés à témoigner mardi, mais la Maison-Blanche a déclaré la veille qu'ils disposaient de l'immunité les dispensant de comparaître.

La puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, a formalisé la semaine dernière l'ouverture d'une enquête destinée à déterminer s'il convient d'amorcer une procédure de destitution contre le président.

Pour l'instant très loin d'une procédure formelle de destitution, cette démarche n'est encore qu'à l'étape préliminaire, mais elle permet aux élus de réclamer à la Maison-Blanche davantage de documents et de convoquer des témoins.

Les élus se penchent notamment sur les conclusions du procureur Robert Mueller concernant les soupçons d'entrave à la justice pesant sur Donald Trump, mais aussi sur la corruption et l'abus de pouvoir présumés du milliardaire, a soutenu Jerry Nadler.

Avec les informations de Washington Post, New York Times, et Agence France Presse

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