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Des militants conservateurs curieux d’entendre Maxime Bernier aux débats

Montage montrant Andrew Scheer et Maxime Bernier.

La rivalité entre Andrew Scheer et Maxime Bernier date de la course à la direction du Parti conservateur.

Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers/La Presse canadienne/Chris Young

Louis Blouin

Maxime Bernier a claqué la porte de leur parti avec fracas, et pourtant, des militants conservateurs accueillent favorablement l’annonce de sa participation aux débats des 7 et 10 octobre prochain.

Dans un rassemblement partisan à Calgary, le sympathisant conservateur Dan Morin attend l’arrivée d’Andrew Scheer. Son appui au chef du Parti conservateur est avant tout un geste pragmatique. Il nous faut un changement à Ottawa, explique-t-il. Pour lui, M. Scheer est le seul qui peut défaire Justin Trudeau, pour l’instant.

Andrew Scheer le laisse plutôt tiède. Dans l’ensemble, il est bon en matière de politiques. Son approche est un peu molle, mais elle serait bonne pour un premier ministre, poursuit-il.

Lorsqu’on l’interroge sur la participation du leader du Parti populaire du Canada au débat des chefs, ses yeux s’illuminent.

Maxime va tout secouer!, lance-t-il avec enthousiasme. Il va confronter les autres [chefs]. M. Morin appuie la position de Maxime Bernier qui souhaite enrayer l’immigration illégale au pays.

Maxime Bernier n’est pas encore assez connu. Donnez-lui du temps. Peut-être les prochaines élections ou les suivantes.

Dan Morin, militant conservateur
Andrew Scheer serre la main d'un partisan parmi un groupe de personnes.

Le chef conservateur à un rassemblement dans Calgary-Skyview

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Un peu plus loin, dans la foule d’une centaine de personnes, Trevor Marr ne cache pas sa sympathie pour les idées de Maxime Bernier. Sa participation au débat amènera une « diversité d’opinions », selon lui.

Je ne suis pas indifférent au programme [de Maxime Bernier], mais j’appuie Andrew Scheer parce que je souhaite une victoire conservatrice. Je ne veux pas diviser le vote, expose celui qui veut se débarrasser de Justin Trudeau.

Une aura toujours présente

Dans un autre rassemblement conservateur, se déroulant dans un local bondé de Winnipeg, Glenn Popplestone semble regretter le départ de Maxime Bernier des rangs conservateurs. Je suis persuadé [qu’Andrew Scheer et Maxime Bernier] auraient pu travailler ensemble, considérant leurs priorités semblables, comme le contrôle des dépenses.

Ces déclarations rappellent qu’il n’y a pas si longtemps, M. Bernier avait réussi à rallier un segment important de la base conservatrice dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada, avec ses promesses de réduire la taille de l’État, d’éliminer la gestion de l’offre et de réduire l’immigration au pays.

Surtout, c’est une indication qu’à l’approche du scrutin, Andrew Scheer n’a pas entièrement réussi à faire disparaître l’aura de Maxime Bernier.

Andrew Scheer s'adresse à des partisans conservateurs.

Andrew Scheer à un rassemblement dans la circonscription de Saint-Boniface-Saint-Vital, à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Cela dit, beaucoup de militants rencontrés n’ont aucun doute sur les capacités d’Andrew Scheer à devenir premier ministre.

Il a la bonne personnalité et il ferait un excellent travail, souligne la militante Ruth Christian, venue écouter le chef et sa candidate dans Saint-Boniface-Saint-Vital. Mme Christian fait confiance au chef même s’il n’est peut-être pas aussi charismatique que certains pourraient le souhaiter.

Elle croit sincèrement au désir de M. Scheer de faire avancer les projets de pipeline pour aider l’économie de l’Ouest qui « souffre ».

Andrew Beingessner, un jeune militant conservateur de Calgary est entièrement derrière M. Scheer. Je pense qu’il est le leader qui peut équilibrer le budget. Quand je serai vieux, je n’aurai pas à éponger la dette, dit-il.

Il est opposé à la participation de Maxime Bernier au débat. Ce n’est pas raisonnable. Il a été élu comme conservateur. Il devrait d’abord prouver que son parti vaut quelque chose avant de pouvoir y prendre part, ajoute-t-il.

Notre dossier Élections Canada 2019

Maxime qui?

Lors des affrontements organisés par la Commission des débats des chefs, Andrew Scheer devra donc composer avec les attaques d’un adversaire de plus.

Maxime Bernier n’a pas hésité à le qualifier de « faux conservateur » dans le passé. Interrogé sur la participation de ce dernier au débat, Andrew Scheer a répondu « qui? » avec un sourire en coin.

Une boutade qui illustre la tension qui persiste entre les deux hommes et qui donne un indice sur la stratégie que pourrait employer le chef conservateur au débat.

Selon nos informations, il tentera de lui accorder le moins d’attention possible et va concentrer ses attaques envers Justin Trudeau.

Dans le camp conservateur, on veut surtout éviter qu’un gain de popularité de Maxime Bernier divise le vote de droite dans certaines circonscriptions stratégiques et ainsi permettre aux libéraux de se faufiler.

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