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  • Archives
  • Élève au volant : passer son permis d'hier à aujourd'hui

    Femme vue de dos qui conduit et moniteur de conduite près d'elle avec une main sur le volant.

    Dans les années soixante, les femmes sont de plus en plus nombreuses à apprendre à conduire.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le visage crispé, les mains trop serrées sur le volant, les papillons dans l’estomac… Si les apprentis conducteurs ont peu changé au fil du temps, il en va autrement des exigences pour l’obtention du permis de conduire. Retour en archives sur l’apprentissage de la conduite automobile des années 1960 aux années 2000.

    1961 : attention, femmes au volant!

    C’est en 1955 que l’examen de conduite devient obligatoire au Québec. Le permis est alors émis par le Bureau des véhicules automobiles.

    À la fin des années 1950, le Québec compte déjà près d’un million de conducteurs, mais les femmes restent peu nombreuses à prendre le volant.

    Vu, 19 janvier 1961

    À l’émission Vu du 19 janvier 1961, les journalistes Pierre Nadeau et Thérèse Laporte accompagnent un homme et deux femmes qui apprennent à conduire avec des enseignants de l’école de conduite Lauzon.

    Même s’ils sont prononcés avec une pointe d’humour, les propos de Pierre Nadeau illustrent bien la mentalité de l’époque à l’égard des femmes qui souhaitent apprendre à conduire :

    C’est au cours de ces leçons théoriques que les femmes font les plus grandes découvertes. Les unes apprennent avec étonnement que certains boutons ne sont pas là uniquement pour leur permettre d’accrocher leur sac en entrant. D’autres sont toutes surprises de s’apercevoir que le rétroviseur n’a pas été placé là par galanterie ou pour favoriser les raccords de maquillage.

    Pierre Nadeau, journaliste

    Une femme explique qu’elle apprend à conduire à l’insu de son mari, car ce dernier lui défend bien de prendre sa voiture. Le mari en question est persuadé que les femmes n’ont pas les réflexes aussi rapides que les hommes.

    Qu’à cela ne tienne, les femmes se feront de plus en plus nombreuses sur les routes.

    Messieurs, prenez-en votre parti, le mouvement est irréversible, les statistiques le prouvent, partout et de plus en plus, ce sont les femmes qui conduisent! 

    Pierre Nadeau

    1983 : la Régie de l’assurance automobile du Québec souhaite de meilleurs conducteurs

    En 1983, le Québec fait figure de pionnier en devenant la première province au Canada à rendre obligatoires les cours de conduite avant l’obtention d’un permis probatoire.

    Au jour le jour, 10 janvier 1983

    Le 10 janvier de cette année-là à Au jour le jour, la journaliste Louise Racicot se rend au Centre Sauvé de la Régie de l’assurance automobile du Québec où un grand nombre de jeunes attendent pour passer leur examen pratique. Le Centre Sauvé est le seul endroit sur l’île de Montréal où l’apprenti conducteur peut se présenter à son examen de conduite automobile.

    En 1983, pour obtenir son permis, il faut réussir trois tests distincts : un théorique et deux pratiques.

    Une jeune femme échoue au « test des cônes » en circuit fermé. Elle n’a pas suivi de cours au préalable. Elle affiche un air déçu, mais indique qu’elle va se reprendre la prochaine fois.

    Pour Roger Guay de la Régie de l’assurance automobile du Québec (RAAQ), nul doute que l’obligation de suivre des cours de conduite fera des Québécois des automobilistes plus soucieux et réduira le nombre d’accidents sur les routes.

    La Régie s’est orientée vers la sécurité. Il est tout à fait normal qu’un candidat qui a suivi 30 heures de théorie et qui a ses huit heures de pratique […] devienne un meilleur conducteur.

    Roger Guay, Directeur du Centre Sauvé RAAQ

    1997 : Abolir les cours de conduite obligatoires, une fausse bonne idée?

    Le 30 juin 1997, les cours de conduite obligatoires sont abolis.

    Le ministère des Transports, chapeauté par le ministre Jacques Brassard, en vient à la conclusion que les accidents de la route ne sont pas provoqués par le manque de connaissances, mais par la prise de risque.

    Il resserre alors les règles pour les apprentis conducteurs. Ces derniers doivent être accompagnés durant douze mois comparativement à trois auparavant. Le nombre de points d’inaptitude permis passe de dix à quatre. La tolérance est de zéro en ce qui concerne la consommation d'alcool, pour les moins de 25 ans.

    Quelques semaines après l’abolition des cours, le 19 septembre 1997, la journaliste Valérie Lesage présente un reportage au Téléjournal.

    Montréal ce soir, 19 septembre 1997

    On constate un taux d’échec accru aux examens théoriques. De l’été 1996 à l’été 1997, le taux d’échec passe de 25 à 34 %.

    Les propriétaires d’écoles de conduite déplorent la situation. Leurs écoles de conduite se sont vidées.

    Un moniteur a perdu 80 % de sa clientèle depuis la fin de l’obligation des cours de conduite.

    Une jeune fille, qui vient d’échouer son examen théorique pour la deuxième fois, mentionne découragée qu’elle a trouvé les questions stupides. Elle admet ne pas avoir suivi de cours de conduite.

    Pour les écoles de conduite, le taux élevé d’échec aux examens théoriques donne une bonne idée de ce qui s’en vient.

    À chaque fois qu’on exprime notre point de vue, on se fait dire qu’on protège nos intérêts. C’est la population qui va être en péril de cette façon-là.

    Pierre Guilbault, président, Association des propriétaires d’écoles de conduite

    À cette époque, la SAAQ affirme que la hausse du taux d’échec n’est que temporaire et que la situation va se résorber.

    Le 17 janvier 2010, les cours de conduite redeviennent obligatoires pour l’obtention d’un permis de véhicule de promenade.

    Le nouveau cours met davantage l’accent sur le comportement et la responsabilisation du conducteur. Il implique 16 heures de formation supplémentaires par rapport à l’ancien cours de conduite.

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