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Lettre d'intimidation à la mosquée de Lévis : le mystère reste entier

La lettre reçue par la mosquée de Lévis a été confectionné avec des caractères découpés puis collés

La mosquée de Lévis a reçu cette lettre dans sa boîte postale au début de l'année.

Photo : Association des musulmanes et musulmans du Grand Lévis

Alexandre Duval

Six mois après le dépôt d'une plainte à la police, aucun suspect n'a été retrouvé en lien avec la lettre d'intimidation envoyée à la mosquée de Lévis. Malgré les analyses, aucun indice n'a permis de faire progresser l'enquête, désormais considérée comme close.

On a envoyé cette lettre-là à l'analyse au niveau des empreintes, au niveau de l'ADN et ces résultats, qui sont revenus chez nous, se sont avérés négatifs, explique le porte-parole du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL), Christian Cantin.

À ce jour, personne n'a revendiqué l'envoi de cette missive composée de découpures de magazines. Ne parlez plus. Ne critiquez plus. Continuez de priez (sic) jusqu'à votre mort!! Il en sera bien ainsi, pouvait-on lire.

Le postier retrouvé

Sur l'enveloppe, toutes les informations étaient rédigées au pochoir. Comme destinataire, l'auteur avait simplement inscrit Mohamed, un prénom arabe très répandu.

M. Cantin rapporte que l'enquête policière a permis de rencontrer le postier qui a livré la lettre. Avec sa déposition, on savait que cette lettre-là avait été déposée au moins deux mois avant la plainte officielle.

Cet indice n'a pas mené beaucoup plus loin, car aucune surveillance vidéo n'était effectuée dans le secteur. Des citoyens ont aussi téléphoné à la police dans les moments suivant la sortie de l'histoire dans les médias, en vain.

Malheureusement, il n'y avait rien de positif dans ces informations-là qui pouvait nous mener au suspect ou à une suspecte.

Christian Cantin, porte-parole du SPVL

Un dossier d'intimidation

La découverte de cette lettre dans la boîte postale de la mosquée avait causé tout un émoi chez les musulmans de Lévis. Dès le départ, le SPVL a traité ce dossier comme de l'intimidation.

Dans les semaines suivant le dépôt de la plainte, le 22 mars, la surveillance policière a été rehaussée autour de la mosquée de Lévis. Une rencontre a aussi été organisée avec les fidèles du lieu de culte.

L'imam de la mosquée, Karim Elabed, n'a que de bons mots à dire au sujet de la collaboration vraiment inconditionnelle des policiers de Lévis.

On peut compter sur la police. Ils sont vraiment là pour nous et tant mieux, ça rassure toute la communauté musulmane.

Karim Elabed, imam de la mosquée de Lévis
Karim Elabed, imam de la mosquée de Lévis

Karim Elabed avait souligné en mars dernier que ce n'était pas la première fois que la mosquée recevait une missive de ce genre.

Photo : Radio-Canada

Bien que l'enquête n'ait pas mené à l'arrestation d'un suspect, M. Elabed considère que l'objectif premier a été atteint : dénoncer l'intimidation sous toutes ses formes.

Notre démarche, c'est de dire "on ne se taira pas dorénavant sur n'importe quelle forme de menace, d'intimidation ou d'insulte vis-à-vis notre communauté", explique-t-il.

Au-delà de la dénonciation, il importe selon lui de continuer à travailler sur l'éducation afin de rapprocher les communautés et de démystifier un certain nombre de clichés et de stéréotypes.

Québec

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