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Politique des déchets à Gatineau : des parents invités à ramener les couches sales à la maison

Un bac gris rempli avec deux sacs blancs posés à côté.

Le CPE Au pays de Cornemuse crie à l'aide à la suite de l'entrée en vigueur de la nouvelle politique sur les ordures à Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un centre de la petite enfance (CPE) de Gatineau crie à l’aide après l'entrée en vigueur de la nouvelle politique des déchets à Gatineau. La situation est « impossible à gérer » avec les nouvelles limites de poubelles.

Le CPE Au pays de Cornemuse, dans le secteur de Hull, accueille chaque jour 125 enfants, dont 40 portent des couches. Il a droit à la même quantité de déchets que les autres ménages gatinois — c’est-à-dire un bac de 120 litres et jusqu’à 5 sacs supplémentaires, qui doivent être achetés auprès de la Municipalité.

Avec au moins trois changements de couche par enfant chaque jour, le bac gris se remplit en une seule journée, selon la directrice adjointe du CPE.

On a démontré notre bonne volonté à la Ville, mais on arrive au même constat qu’on va avoir environ 15 sacs de surplus que la Ville ne ramassera pas, mentionne Maude Julienne, exaspérée.

Elle avoue ne pas savoir ce que fera le CPE avec ses poubelles lorsque la période de grâce accordée par la Ville sera terminée.

Des couches lavables... ou une politique « rapportez à la maison »

À la garderie Au clair de lune, les dirigeants ont décidé de mettre en place des mesures pour diminuer la quantité d’ordures.

Ils demandent maintenant aux parents d’utiliser des couches lavables pour leurs enfants. Ceux qui choisissent de ne pas le faire devront repartir à la maison avec les couches souillées d’urine. Celles qui contiennent des selles seront jetées directement à la garderie.

Il y a des parents qui étaient enthousiasmés qu’on prenne soin de l’environnement. Pour d’autres, c’est un défi, explique Diane Mousseau, propriétaire et directrice d’Au clair de lune, qui accueille 80 enfants, dont 26 portent des couches.

Ces mesures ont été mises en place depuis la semaine dernière. Le bac gris de la garderie est plein, ainsi que deux sacs supplémentaires. Mme Mousseau a confiance de pouvoir terminer les deux semaines avant la collecte sans dépasser la quantité maximale de déchets.

Pour Maude Julienne, pas question de renvoyer les parents à la maison avec un sac de couches souillées. On va trouver d’autres solutions, insiste-t-elle, catégorique.

Une femme en entrevue

Maude Julienne, directrice adjointe du CPE Au pays de Cornemuse

Photo : Radio-Canada / Roxane Leouzon

Pas d’atténuations possibles au règlement

Interrogée sur la situation, la Ville de Gatineau répond que les services de garde ne bénéficient d’aucune mesure d’atténuation.

Deux options s’offrent à eux. Ils peuvent se procurer des sacs de surplus d’ordures ménagères pour les ordures qui excèdent le volume du bac gris ou, encore, ils peuvent faire appel à une entreprise privée pour la gestion des ordures ménagères, peut-on lire dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Impossible d’engager un service privé, disent Maude Julienne et Diane Mousseau, parce que leurs entreprises n’ont pas l’espace nécessaire pour y placer un conteneur ou permettre à un camion d’y avoir accès.

C’est pour ça qu’on essaie d’utiliser d’autres solutions. Et aussi, si on va chercher un conteneur, on ne vient pas aider au niveau de l’environnement, souligne Mme Mousseau.

Mme Julienne, elle, lance un cri du cœur, dans l’espoir que la Ville change d’idée : s’ils ne nous ramassent pas nos 15 sacs de poubelle, qu’est-ce qu’on va faire? On va les accumuler? En temps qu’employés, est-ce qu’on va devoir partir avec un sac chacun? On ne le sait pas, c’est pour ça qu’on appelle à l’aide.

Avec les informations de Martin Robert et Roxane Leouzon

Ottawa-Gatineau

Politique municipale