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Moins de harengs : des travailleurs d'usine peinent à toucher de l'assurance-emploi

Une caisse de poissons

Des tonnes de hareng.

Photo : Radio-Canada / Doug Kerr

Radio-Canada

Le déclin du stock de harengs touche directement les travailleurs d'usines de transformation, qui craignent de ne pas être admissibles à l'assurance-emploi à la fin de la saison.

Après la saison de pêche au crabe des neiges et au homard, les travailleurs d'usine comptent sur la pêche au hareng pour obtenir suffisamment d'heures pour toucher des prestations d'assurance-emploi.

Mais la rareté de la ressource cette année complique un peu les choses.

Jusqu'à présent, je n'ai pas assez d'heures, pas assez de semaines, dit Blondine Savoie.

La dame chez elle en entrevue.

Blondine Savoie est une travailleuse saisonnière qui craint pour sa qualification à l'assurance-emploi.

Photo : Radio-Canada

Elle n'a pu être admissible pour l'assurance emploi à l'usine où elle travaille et elle n'est pas la seule à faire face à cette dure réalité cette année.

Même dans les usines où un nombre suffisant d'heures de travail ont été offertes, les travailleurs ont moins de semaines assurables que les années précédentes.

Cette situation risque d'avoir un impact considérable sur leurs prestations d'assurance-emploi et sur leur qualité de vie durant les mois à venir.

Une femme trie des poissons dans une usine.

En 2011, les femmes occupaient 59,5 % des emplois de transformation du poisson.

Photo : iStock / shironosov

Le diviseur est 14, ce qui veut dire que ça nous prend 14 semaines pour diviser ça, pour avoir un bon montant d'argent pour survivre l'hiver, explique Mme Savoie.

C'est dommage de dire que l'assurance-emploi, il faut qu'on survive avec ça, mais c'est ça.

Moins de semaines de travail équivaut à moins de semaines de prestations pour ces travailleurs d'usines, qui comptent sur l'assurance-emploi pour vivre jusqu'à la saison suivante.

Plusieurs travailleurs pourraient se retrouver sans revenu avant la réouverture des usines au printemps.

Fernand Thibodeau

Fernand Thibodeau

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Fernand Thibodeau s'occupe du comité d'aide et de soutien aux travailleurs et travailleuses des industries saisonnières. Il dit recevoir beaucoup d'appels ces jours-ci de la part d'employés d'usines à bout de souffle et qui craignent l'arrivée de l'hiver.

Je pense que notre gouvernement se doit d'être beaucoup plus innovateur au niveau de trouver une manière d'aider nos travailleurs dans les industries saisonnières, dans les industries d'usine, dit-il.Et je pense que ça doit être fait assez rapidement aussi.

Plusieurs travailleurs saisonniers du Nouveau-Brunswick dépendent de la pêche au hareng pour compléter leurs heures admissibles à l'assurance-emploi.

Plusieurs travailleurs saisonniers du Nouveau-Brunswick dépendent de la pêche au hareng pour compléter leurs heures admissibles à l'assurance-emploi.

Photo : Radio-Canada

Blondine Savoie n'est pas la seule à se retrouver dans une situation aussi précaire, souligne Fernand Thibodeau, reconnu dans la région comme un militant pour la défense des droits des travailleurs saisonniers.

À l'instar des pêcheurs, M. Thibodeau croit aussi que le gouvernement doit s’asseoir avec les gens de l'industrie pour trouver une solution et éviter l’effondrement des stocks de harengs.

Pas facile de changer de domaine

Blondine Savoie travaille depuis longtemps dans les usines de transformation. Au bout du rouleau, elle a décidé de trouver un emploi dans un autre domaine, un travail qui lui donnerait une meilleure sécurité financière.

Elle avoue que c'est un défi particulier de trouver un bon emploi dans la Péninsule acadienne.

La dame regarde son habit.

Blondine Savoie tient son habit de travail dans ses mains.

Photo : Radio-Canada

J'ai mis mon CV de Caraquet jusqu'à Neguac, j'ai mis des CV à plusieurs places, raconte-t-elle.

Pour être admissible à l'assurance emploi, elle songe à s'inscrire à un programme de mobilité de la main-d'oeuvre.

Je serai obligée de m'exiler aux patates à Grand-Sault, puis là aussi, tu travailles, c'est intense, c'est 12 heures par jour, 7 jours par semaine... mais il faut que tu le fasses, souligne la travailleuse d'usine.

Selon un reportage de François Lejeune

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches