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Véronique Barbe était terrorisée par Ugo Fredette, selon le thérapeute du couple

Une photo de Véronique Barbe

Véronique Barbe

Photo : Facebook

Geneviève Garon

Le thérapeute d’Ugo Fredette et de Véronique Barbe affirme que la femme de 41 ans était terrifiée par l’accusé et voulait le quitter, la veille du drame. Il décrit une relation houleuse devenue explosive quelques jours auparavant.

Véronique Barbe a annoncé à Ugo Fredette qu’elle souhaitait mettre fin à leur union de huit ans, ponctuée de conflits, le 10 septembre 2017.

Lors de la discussion, le ton monte, l’homme refuse de quitter leur résidence de Saint-Eustache et l’insulte. Il empêche la femme de sortir à l’extérieur. Elle réussit à s’échapper dans la cour et hurle à l’aide.

Ugo Fredette lui met alors la main sur la bouche et la rentre de force dans la maison. Il la jette par terre et crie. Véronique est terrorisée. Elle a peur, elle a vraiment peur d’Ugo.

Vers 1 h, il pénètre dans la chambre où Véronique s’est réfugiée et défonce le montant du lit à coups de pieds. Elle est terrorisée.

Croquis d'Ugo Fredette qui a comparu lundi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Croquis d'Ugo Fredette qui a comparu lundi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Photo : Croquis fourni par la cour

Tel est le récit bouleversant du thérapeute Michel Corneillier, dont la voix s’est brisée à quelques reprises alors qu’il témoignait à la cour mardi au procès pour double meurtre d’Ugo Fredette, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Le thérapeute a rencontré le couple à six reprises à l’été 2017. Leur dernière consultation s’est déroulée la veille du drame.

Selon lui, Véronique Barbe pleurait à chaudes larmes en relatant l’épisode de violence conjugale survenu trois jours auparavant. Ugo Fredette, lui, était assis bras croisés et sourcils froncés. [...] Je ne l’avais jamais vu aussi intensément rigide, affirme Michel Corneillier. Il ne nie pas ce qui s’est passé, mais il nie que ça puisse être la fin, qu’elle ne veuille plus être avec lui.

Des chicanes à répétition

Le témoin décrit un couple conflictuel. Les consultations sont ponctuées de disputes, d’insultes, de part et d’autre, et de pleurs.

J’ai raison, tu as tort. Ils sont pris dans cette dynamique-là, explique Michel Corneillier.

Véronique Barbe se sent « envahie » par son conjoint qui la texte à répétition et l’appelle. [...] Elle déteste ça. Ugo Fredette lui reproche de faire de la médisance à son sujet auprès de sa famille et sur les réseaux sociaux. Il veut que Véronique se plie à ses besoins et elle ne veut pas.

En contre-interrogatoire, Michel Corneillier a convenu que Véronique Barbe soufflait le chaud et le froid dans la relation. La défense a résumé leur « dynamique » en expliquant qu’Ugo Fredette la critiquait et qu’en retour, elle criait et l’insultait. Le thérapeute a reconnu qu’il n’avait pas cherché à connaître la version des faits d’Ugo Fredette concernant l’épisode de violence conjugale. 

À la fin de leur dernière rencontre, Michel Corneillier était inquiet pour la sécurité de la femme. Il soutient qu’Ugo Fredette a accepté de déménager et de laisser la maison à Véronique Barbe. Il est allé chercher ses effets personnels puis est retourné chez son thérapeute.

Ensemble, ils ont téléphoné à Véronique Barbe pour s’assurer qu’elle se portait bien.

Ugo Fredette, 43 ans, est accusé de l’avoir poignardée à mort le lendemain.

En cavale avec un enfant, il aurait ensuite tué un automobiliste de 71 ans, Yvon Lacasse, à Lachute, pour voler son véhicule. Il a été arrêté le lendemain en Ontario.

Fredette semblait « dévasté »

Au lendemain de sa dispute violente avec Véronique Barbe, Ugo Fredette ne s’est pas présenté au travail, démoli par sa « rupture ». « Il était excessivement triste. Un gars à terre, effondré par la situation », a témoigné son ancien patron, le propriétaire d’une entreprise d’extermination, Steve Lemieux. Il ne semblait pas en colère ni impatient, a-t-il précisé.

Trois jours plus tard, le matin du drame, Ugo Fredette lui a envoyé des messages dans lesquels il écrivait avoir pris des calmants et pensé mettre fin à ses jours.

Mercredi, des témoins de la Police provinciale de l’Ontario vont relater l’arrestation de l’accusé. 

Grand Montréal

Justice et faits divers