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Plusieurs virus causant le rhume bientôt K.O.?

Une femme se mouche.

Les éternuements, l’écoulement nasal et la congestion du nez sont habituels lors d’un rhume, mais rares en cas de grippe, sauf chez les enfants.

Photo : iStock

Alain Labelle

La désactivation d'une seule protéine apparemment non essentielle dans les cellules empêcherait une vaste gamme d'entérovirus, y compris les rhinovirus, de se développer.

Les scientifiques des universités américaines de Stanford et de la Californie à Los Angeles qui ont réalisé cette percée affirment que ces virus causent la moitié des rhumes, la poliomyélite et d'autres maladies courantes qui peuvent causer une paralysie.

Le chercheur Jan Carette et ses collègues ont travaillé sur des cellules pulmonaires humaines en laboratoire, ainsi que sur des cellules de souris.

Le chercheur Jan Carette dans son laboratoire.

Le chercheur Jan Carette, l'un des auteurs des présents travaux.

Photo : École de médecine de l'université Standord/Paul Sakuma

Repères

  • Les infections dues au rhume sont très répandues.
  • Un adulte souffre de deux à cinq rhumes par année.
  • Le rhume est une infection des voies respiratoires supérieures (le nez, les voies nasales et la gorge).
  • Il existe plus de 200 virus pouvant provoquer le rhume.
  • Chez les adultes, les rhinovirus, dont il existe plus de cent variétés, forment la principale famille de virus causant le rhume.

Affronter le problème d’un autre angle

Les virus qui causent le rhume représentent un casse-tête pour la médecine parce qu’ils apprennent rapidement à se cacher du système immunitaire et deviennent rapidement résistants aux médicaments.

Dans la présente étude, les chercheurs ont créé une thérapie qui ne s’attaque pas directement aux virus, mais qui cible plutôt une protéine de nos cellules dont les virus ont besoin pour se multiplier.

Il faut savoir qu’un virus ne possède pas tout le matériel dont il a besoin pour se répliquer. Il dépend en fait des cellules qu'il infecte et de certaines de leurs parties.

Les chercheurs ont donc ciblé une protéine des cellules de mammifères que les virus doivent reproduire pour se développer.

Leur recherche n’est pas encore assez mûre pour procéder à des tests sur des êtres humains, mais elle a mené à une protection complète lors d'expériences en laboratoire.

Elle a également permis d'arrêter des virus associés à l'asthme et à l'encéphalite.

Rhume ou grippe?

La grippe et le rhume sont des infections des voies respiratoires et sont souvent confondus en raison de la ressemblance de leurs symptômes. Cependant, le rhume est plus fréquent et plus banal que la grippe qui, elle, peut être très sérieuse. Certains symptômes comme la fièvre, les maux de tête, les douleurs, les courbatures et la nausée sont surtout liés à la grippe.

Une nouvelle approche

Les scientifiques ont eu recours à l'édition génétique pour désactiver les instructions codant pour une protéine (appelée méthyltransférase SETD3) dans des cellules.

Ils ont ensuite exposé ces cellules modifiées à une gamme d'entérovirus.

Le résultat est prometteur. Tous les virus ont été incapables de se répliquer à l'intérieur de cellules modifiées.

Des tests ont ensuite été menés sur des souris génétiquement modifiées pour ne pas produire cette protéine. Encore une fois, les virus n’ont pas été capables de se répliquer.

La protéine en question joue habituellement un rôle dans un échafaudage complexe au sein des cellules de l'organisme, appelé cytosquelette. Les souris génétiquement modifiées ont vécu sans problème de santé malgré l’absence de cette protéine.

Comme il n’est pas question de créer des humains génétiquement modifiés, les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature Microbiology (Nouvelle fenêtre) (en anglais) espèrent mettre au point un médicament qui peut temporairement supprimer la protéine et ainsi fournir une protection contre les virus.

Il faut maintenant créer une molécule qui aurait cet effet. D’autres travaux doivent aussi être réalisés afin d’établir le rôle exact de la protéine dans la réplication virale.

Bien connus et redoutés

Outre les virus associés au rhume commun, l'un des entérovirus les plus connus et les plus craints est le poliovirus. Ce dernier cause la poliomyélite, une maladie dont l’incidence a chuté au Canada et dans le monde après la création de programmes de vaccination dans les années 1950.

Jusqu'à l'avènement du vaccin, ce virus était synonyme de paralysie et de mort.

Or, depuis 2014, un autre type d'entérovirus, le EV-D68, est apparu aux États-Unis et en Europe. Il cause une myélite flasque aiguë qui se traduit par l'apparition d'une faiblesse musculaire à un ou plusieurs membres.

D'autres entérovirus peuvent causer une encéphalite (inflammation du cerveau) et une myocardite (inflammation du cœur).

Comme tous les virus, ces entérovirus voyagent facilement et pour se répliquer, ils tirent parti des protéines des cellules qu'ils infectent.

Ces travaux pourraient non seulement être utiles contre le rhume, mais aussi contre ces entérovirus beaucoup plus dangereux.

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