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Des magasins de meubles qui offrent des cadeaux… qui coûtent cher

« Je l’avais pas sitôt signé que je savais que je venais de faire une erreur. » - Nicole Bourassa

Nicole Bourassa montre de la main l'entrée d'un commerce.

Nicole Bourassa s'est déplacée dans un magasin pour récupérer des cadeaux.

Photo : Radio-Canada

Claire Frémont

Un « magnifique ensemble de couteaux », un « éplucheur en céramique » et un « aspirateur sans fil », voilà comment des magasins attirent les clients dans leur commerce, pour leur vendre des meubles. Nicole Bourassa raconte son histoire à La facture.

Tout commence par un appel téléphonique à Mme Nicole Bourassa. Cuir, confort et tradition, un commerce situé à Longueuil, près de chez elle, lui dit que trois cadeaux l’attendent en magasin.

Même si Nicole Bourassa répond qu’elle n’est pas intéressée, on lui envoie quand même par la poste une invitation à venir prendre ses cadeaux. Elle jette le papier. On la rappelle une fois de plus.

La dame m’a dit : “On a réservé des cadeaux pour vous. Pis ça nous pénalise si vous allez pas les chercher.” J’ai dit : “Si c’est si important pour vous, je vais y aller demain”.

Nicole Bourassa

En entrant dans ce magasin, Cuir, confort et tradition, Mme Bourassa ne voulait rien acheter. Elle ne croyait pas en ressortir une heure plus tard après avoir acheté un mobilier de salon. Elle n’en revient toujours pas.

Je l’avais pas sitôt signé que je savais que je venais de faire une erreur.

Nicole Bourassa

Mais comment cela est-il possible?

Jean-Luc Geha enseigne à HEC Montréal. Il explique que Mme Bourassa a été victime de ce qu’il appelle la technique du tordeur.

La technique du tordeur, c’est d’amener le client, par étapes, à être embarqué. Je vous ai contacté au téléphone, je vous ai dit vous avez gagné un prix, vous êtes venu au magasin, vous vous êtes déplacé, je vais commencer à vous travailler, explique Jean-Luc Geha.

Jean-Luc Geha porte des lunettes.

Jean-Luc Geha enseigne à HEC Montréal.

Photo : Radio-Canada

C’est ce qu’a vécu Mme Bourassa. À peine est-elle entrée dans le magasin que les vendeurs commencent à baisser les prix des meubles qu’elle regarde. Puis, on lui annonce qu’elle vient de remporter 2500 $ de rabais. Une vraie chance! Mais pour en profiter, elle doit faire son achat rapidement. Elle n’a que 15 minutes pour se décider, sinon elle perd ce rabais.

Un cas typique de vente sous pression, selon Jean-Luc Geha. La vente sous pression, c’est le côté négatif de la vente.

Pour lui, les prix doivent être indiqués clairement et être les mêmes pour tous les clients.

Des dizaines de plaintes depuis deux ans

Ce commerce de Longueuil est l’établissement principal d’une chaîne qui ouvre et ferme des boutiques un peu partout au Québec, sous différents noms. Dans les derniers mois, les villes de Nicolet, Saint-Georges-de-Beauce et Windsor, entre autres, ont vu ouvrir et fermer Erreti signature, Style et Confort, puis Époque d’aujourd’hui.

L'entreprise appartient à Saïd Agharbi et Anis El Harzi. Anis Harzi a parlé à La facture au téléphone. Il explique qu’à chaque ouverture de magasin, il en change le nom parce qu’il est victime de mauvaise publicité.

Je sais que j’ai la possibilité de changer de nom, et j’ai pas le choix pour qu’on continue à travailler, on a des salariés.

Anis El Harzi

Rectificatif :

Une version précédente de cet article avait cité Saïd Aghardi alors qu'il s'agissait d'Anis El Harzi.

Charles Tanguay, de l’Office de la protection du consommateur, explique que cette entreprise a accumulé plus de 125 plaintes depuis 2 ans. Ce sont en majorité des plaintes sur les pratiques trompeuses et déloyales, mais également sur des problèmes d’interprétation du contrat, de livraisons en retard ou encore sur la qualité du bien.

Il explique que les consommateurs qui ont acheté au magasin de Longueuil, comme Nicole Bourassa, ont moins de recours que ceux qui ont acheté à l’une des autres boutiques.

Des meubles pêle-mêle.

Des meubles entassés dans une salle.

Photo : Radio-Canada

Dans les commerces permanents, contrairement à ce que les gens peuvent souvent croire, si l’achat est final et que la politique du magasin ne l’autorise pas, le client peut ne pas être remboursé. Par contre, quand le commerce a un permis de commerce itinérant, le client a un temps de réflexion.

C'est seulement dans le cas du commerce itinérant où on a 10 jours pour annuler.

Charles Tanguay, de l’OPC

Le propriétaire de l’entreprise nous assure qu’il travaille à réduire le nombre de plaintes et que la plupart ont été réglées.

Mme Bourassa, elle, attend d’être entendue à la Cour des petites créances à la fin du mois de septembre. Elle souhaite récupérer le dépôt qu’elle a versé.

Le reportage de la journaliste Claire Frémont et de la réalisatrice Stéphanie Desforges est diffusé dans le cadre de l'émission La facture à ICI Télé le mardi à 19 h 30.

Nicole Bourassa regarde l'objectif droit devant.

Nicole Bourassa

Photo : Radio-Canada

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