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Sofiane Ghazi veut retirer son plaidoyer de culpabilité

Sofiane Ghazi

Sofiane Ghazi

Photo : SPVM

Radio-Canada

L’homme qui a avoué au tribunal avoir gravement blessé sa femme et tué le bébé qu’elle portait a congédié ses avocats et demande maintenant le retrait de son plaidoyer de culpabilité enregistré il y a deux semaines.

Sofiane Ghazi a fait cette annonce à l'ouverture des audiences sur sa peine au palais de justice de Montréal.

Selon lui, ses avocats l'auraient mal conseillé.

Ces derniers ont pour leur part déclaré qu'ils s'apprêtaient de toute façon à demander à la cour d’être retirés du dossier.

De façon inattendue M. Ghazi a décidé de mettre fin à la relation qu’il entretenait avec ses avocats ce matin. Donc, il se retrouve sans conseiller pour la suite des choses. Le juge lui a permis de continuer d’agir seul, mais a recommandé qu’il se trouve un autre avocat.

Louis Bouthillier, procureur aux poursuites criminelles et pénales

L’audience a été reportée au 8 octobre prochain par le juge pour laisser le temps à Sofiane Ghazi de réorganiser sa défense et se trouver un nouvel avocat pour le représenter.

D'un rebondissement à l'autre

L’homme de 39 ans, qui avait à l’origine plaidé non coupable aux accusations portées contre lui, avait fait volte-face au cours du procès et reconnu avoir frappé son épouse à plusieurs reprises au ventre avec une fourchette à viande à l’été 2017, alors qu’elle était enceinte de 36 semaines.

Ébranlé par les remords et le récit des témoins appelés à la barre, Sofiane Ghazi avait plaidé coupable le 5 septembre dernier à des accusations réduites de meurtre non prémédité de son enfant sur le point de naître, et de voies de faits graves sur son ex-conjointe.

Bien que ses aveux et la gravité du crime devaient normalement lui valoir l'emprisonnement à vie, les auditions sur sa peine devaient servir à déterminer après combien d'années d’emprisonnement il serait admissible à une libération conditionnelle.

Or, s'il obtient le retrait de son plaidoyer de culpabilité, le procès devra être repris jusqu'à l'obtention d'un verdict du jury.

Volte-face au procès

Sofiane Ghazi, qui contestait à l’origine sa citation à procès pour le meurtre prémédité de son bébé à naître, avait créé la surprise au tribunal en décidant spontanément d’avouer son crime deux ans après les faits.

À l’été 2017, le couple de Sofiane Ghazi traversait une période difficile en raison de problèmes de consommation de drogues dures.

Un soir, après une dispute, il s’en était pris en pleine nuit à sa conjointe, qui était enceinte de plus de huit mois, en la frappant 19 fois avec une fourchette à viande.

Gravement blessée au ventre, la femme avait réussi à fuir l’appartement pour aller demander de l’aide à une voisine.

La femme avait été transportée à l'hôpital où elle a subi une césarienne d'urgence. Le bébé est né vivant, mais a succombé aux blessures qui lui avaient été infligées.

Le statut du fœtus au cœur du procès

Ce procès très médiatisé soulevait certaines considérations délicates sur le statut du fœtus, puisqu’au Canada, si l’enfant se trouve encore dans le ventre de sa mère lors de sa mort, celui ou celle qui a provoqué sa mort ne peut être accusé du meurtre.

En vertu de la loi, tant qu’il n’est pas né, l’enfant n’a pas de statut juridique. Par contre, si le bébé est mort après avoir vu le jour, il est considéré comme un être humain et des accusations de meurtre peuvent alors être portées.

Or, dans le cas de Sofiane Ghazi, l’enfant ayant survécu quelques minutes après sa venue au monde, la Couronne avait pu porter des accusations de meurtre contre l’accusé.

Grand Montréal

Justice et faits divers