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  • Archives
  • Vie et mort du tramway à Montréal

    Des tramways ont sillonné la ville de Montréal jusqu'en 1959.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Connaissez-vous l’histoire du tramway à Montréal? Il y a 60 ans, la métropole québécoise mettait au rancart ce mode de transport en commun jadis symbole d’une nouvelle ère technologique.

    Avant d’être assuré par des tramways électriques, le réseau de transport en commun de la ville de Montréal reposait sur des tramways tirés par des chevaux.

    C’est ce que nous apprend cette entrevue avec l’historien Laurent Turcot à l’émission Le 15-18 du 22 juillet 2015.

    À la fin du 19e siècle, le réseau de tramway s’étendait sur 50 000 km et reposait sur 1000 chevaux qui se relayaient été comme hiver pour offrir ce service dans la métropole.

    Puis, le 21 septembre 1892, l'entreprise Montreal Street Railway Company instaure une première ligne de tramway électrifié.

    Baptisé le Rocket, le premier tramway à se mouvoir à l’électricité roule à 30 km/h. Si cette vitesse inédite effraie au premier abord les Montréalais, ces derniers adopteront rapidement ce nouveau mode de transport novateur.

    Les tramways qui circulent sur les rues Saint-Denis et le boulevard Saint-Laurent se rendent en campagne, dans Rosemont, ou alors jusqu’au parc Belmont.

    « Tramway fantôme », 1956

    Durant la belle époque du tramway, ce sont près d’une centaine de circuits qui quadrillent la ville de Montréal.

    Cet extrait d’un documentaire de 1956 s’attarde au plus fameux d’entre eux : le Tram-observatoire.

    Pour la modique somme de 50 cents, le Tram-observatoire, au toit ouvert en gradins, propose un parcours d’observation de deux heures « autour des deux montagnes ».

    L’« aristocrate des tramways » est particulièrement prisé des vacanciers, ou encore des familles, des couples et des flâneurs en quête de détente et de grand air.

    « Au milieu de la fièvre de la métropole, le Tram-observatoire promenait son message de calme, d'apaisement, de sérénité », raconte le narrateur Roland Chenail dans le documentaire Tramway fantôme. « On n'avait qu'à le voir paraître au détour d'une rue pour sentir soudain l'envie de flâner un peu ».

    Le narrateur trace le portrait du Tram-observatoire au moment où on le retire de la circulation.

    Son défilé d’adieu nous fait découvrir d’autres modèles de tramways déjà disparus à l’époque, comme le traîneau-tramway, tiré par des chevaux; le Rocket électrique, équipé d’une chaudière à charbon; ou le tramway 274, avec son intérieur Belle Époque.

    Défilé de tramways du 31 août 1959

    Trois ans plus tard, le 30 août 1959, on assiste au chant du cygne des deux dernières lignes de tramway en fonction à Montréal : la 45 Papineau et la 54 Rosemont.

    Comme en témoignent ces archives silencieuses – auxquelles nous avons ajouté une musique –, un défilé de tramways est organisé par la Commission du transport (CTM) pour marquer cette transition.

    Des milliers de Montréalais se massent le long de l’avenue du Mont-Royal pour faire leurs adieux à ce moyen de transport qui a accompagné leur vie quotidienne durant près de sept décennies.

    Le tramway est graduellement remplacé par l’autobus, jugé plus pratique et moins encombrant. On souhaite également libérer les grandes artères pour faire place à un parc automobile grandissant.

    Il semble néanmoins que Montréal n’ait jamais complètement fait le deuil de son réseau de tramway. Jusqu’à maintenant, la promesse d’une nouvelle ligne de tramway revient ponctuellement dans l’actualité.

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