•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Hautement improbable » que l’Iran attaque les intérêts canadiens au Moyen-Orient, selon un ancien ambassadeur

Un char d'assaut lors d'un défilé militaire à Téhéran en présence de hauts responsables militaires et gouvernementaux iraniens.

Plusieurs voix officielles se sont élevées cette fin de semaine en Iran pour dénoncer la vente au Canada de deux propriétés iraniennes.

Photo : AFP

Rania Massoud

L’Iran a multiplié les menaces contre le Canada au cours des derniers jours à la suite de la vente de deux propriétés en sol canadien appartenant à la République islamique. Le montant de la vente, évalué à plus de cinq millions de dollars, a été distribué à des victimes d’actes terroristes menés par des groupes soutenus par Téhéran, dont le Hamas et le Hezbollah.

Un document déposé le 7 août dernier à la Cour supérieure de l’Ontario par une firme torontoise d’avocats confirme que les plaignants ont reçu l’argent de la vente des propriétés iraniennes. Il s’agit de deux bureaux, l’un situé au 290, avenue Sheppard Ouest, à Toronto et le deuxième au 2, avenue Robinson, à Ottawa. Les deux bureaux servaient de centres culturels iraniens avant la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en 2012.

Les bénéficiaires des compensations incluent la famille de Marla Bennett, une étudiante américaine tuée dans une attaque du Hamas contre l’Université juive à Jérusalem en 2002, ainsi qu'Edward Tracy et Joseph Cicippio, qui auraient été pris en otage par le Hezbollah au Liban entre 1986 et 1991.

Dimanche, le président de la magistrature iranienne Ebrahimi Raisi a menacé le Canada de représailles si le jugement n’est pas infirmé. Il a affirmé que le ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères vont collaborer pour saisir les biens canadiens dans le pays.

De son côté, l’ancien président de la commission parlementaire sur la sécurité et la politique étrangère de l’Iran, Heshmatollah Falahatpisheh, a appelé l’armée iranienne à saisir « tous les navires transportant des biens et produits en provenance du Canada le plus tôt possible ».

Sur Twitter, le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Abbas Ali Kadkhodaei, a qualifié la vente des propriétés iraniennes au Canada de « terrorisme économique ». Il accuse Ottawa d’avoir entravé les lois internationales et la souveraineté de l’Iran.

M. Kadkhodaei lors d'une conférence de presse à Téhéran

Le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Abbas Ali Kadkhodaei

Photo : AFP / ATTA KENARE

Les Iraniens « savaient »

Interrogé par Radio-Canada, Dennis Horak, l’ancien ambassadeur canadien en Iran – le dernier qui était en poste avant la coupure des relations diplomatiques en 2012 – a minimisé ces menaces.

Selon lui, le jugement de la Cour supérieure de l’Ontario intervient dans le cadre de la Loi visant à décourager les actes de terrorisme contre le Canada et les Canadiens, adoptée en 2012. Cette loi autorise les victimes du terrorisme à poursuivre les pays figurant sur la liste des nations qui soutiennent les terroristes.

« Le jugement concernant la vente des propriétés iraniennes était inévitable, a expliqué M. Horak. La promulgation de la loi a mené à la fermeture de notre ambassade en Iran [car] elle nous rendait vulnérables face aux représailles. »

« Cette affaire date d’un certain temps, donc les Iraniens savaient que cela allait arriver », a-t-il ajouté.

Selon l’ancien diplomate, aujourd’hui à la retraite, le Canada ne possède pas de biens en Iran.

Il est hautement improbable à mon avis que [les Iraniens] prennent pour cible d’autres biens canadiens dans la région ou qu’ils attaquent des navires militaires canadiens dans le Golfe. Mais il ne faut jamais dire jamais avec l’Iran.

Dennis Horak

M. Horak estime que l’Iran a proféré ses menaces à la suite de la révélation de cette affaire dans la presse, d’abord avec un article de Global News, jeudi dernier, qui a été repris par plusieurs médias arabes, notamment saoudiens, hostiles à l’Iran.

Moyen-Orient

International