•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Qui remportera la circonscription des transfuges?

Jean-Sébastien Cloutier est allé à la rencontre des candidats transfuges de la circonscription de Longueuil-Pierre-Boucher.

Photo : Radio-Canada

Jean-Sébastien Cloutier

Les électeurs de Longueuil qui n'ont pas trop suivi la politique ces dernières semaines doivent parfois ne rien comprendre en voyant les pancartes de leurs candidats.

Pour la première fois probablement dans l'histoire politique canadienne, une lutte oppose trois transfuges dans une seule circonscription. Un néo-démocrate devenu vert, un ancien vert passé au NPD, un ex-ministre péquiste devenu rouge libéral... ne vous fiez pas au passé dans Longueuil-Saint-Hubert.

Du Parti vert au NPD

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, tient un point de presse en compagnie de son candidat dans Longueuil–Saint-Hubert, Éric Ferland.

Jagmeet Singh a recruté Éric Ferland, ancien chef du Parti vert du Québec, pour représenter le NPD dans Longueuil–Saint-Hubert.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Lundi matin, le chef du NPD, Jagmeet Singh, était sur place, rue Saint-Charles, pour présenter son nouveau candidat Éric Ferland. Militant écologiste de longue date, il a déjà dirigé le Parti vert du Québec dans les années 1990, mais il s’est maintenant tourné vers le NPD. Il avait aussi voté oui en 1995, mais il a relégué la souveraineté loin derrière dans la liste de ses priorités.

Je l'ai déjà été [souverainiste], c'est sûr, mais pour moi, l'important c'est de travailler avec un grand pays pour la justice sociale et les changements climatiques.

Éric Ferland, candidat du NPD dans Longueuil-Saint-Hubert

Du NPD au Parti vert

Pierre Nantel s'entretient avec un homme et une femme dans un local de campagne du Parti vert.

Après s'être fait montrer la porte par le NPD, le député sortant de Longueuil–Saint-Hubert, Pierre Nantel, s'est joint au Parti vert.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

L'arrivée d’Éric Ferland comble le vide créé par le départ du député sortant Pierre Nantel, qui a pris le chemin inverse. À la fin de son deuxième mandat à Ottawa comme néo-démocrate, il a amorcé un flirt avec les verts avant d'être expulsé du NPD.

Aujourd'hui, Pierre Nantel crie haut et fort que l'élection du 21 octobre doit être un référendum sur le climat.

J'invite les gens, peu importe leur couleur politique, à devenir vert pour cette élection parce que je pense que le Québec peut jouer un grand rôle dans la création de ce potentiel cabinet de guerre contre la crise climatique.

Pierre Nantel, candidat du Parti vert dans Longueuil-Saint-Hubert

Toujours souverainiste, il a lui aussi mis la question nationale de côté. Connu dans la circonscription, il espère convaincre les électeurs de lui faire confiance une troisième fois, sachant fort bien que la barre sera haute.

En 2015, le Parti vert a recueilli seulement 2,5 % des votes dans Longueuil-Saint-Hubert. Les moyens de campagne du parti sont aussi limités. Une centaine de pancartes électorales seulement ont été imprimées.

Notre dossier Élections Canada 2019

Du PQ au PLC

Justin Trudeau et Réjean Hébert se tiennent par la main, souriants et l’air confiant.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors de l’ouverture officielle du bureau de campagne de Réjean Hébert, candidat pour Longueuil–Saint-Hubert.

Photo : Ivanoh Demers

On est loin de la grosse machine derrière le nouveau candidat vedette du Parti libéral du Canada, Réjean Hébert, l’autre transfuge dans cette circonscription.

Ministre de la Santé dans le gouvernement de Pauline Marois de 2012 à 2014, il était un ardent souverainiste et un partisan de la charte des valeurs du Parti québécois. Aujourd'hui, il se dit fédéraliste et s'oppose à la Loi sur la laïcité de l’État, qui interdit le port de signes religieux pour certains employés en position d’autorité et les enseignants du secteur public.

Je suis fédéraliste, mais je n'aime pas ce genre de dichotomie. Je pense qu'on est passé à de grands enjeux de société : les changements climatiques, l'égalité sociale... ça, ce sont des enjeux qu'un gouvernement doit prendre au sérieux.

Réjean Hébert, candidat du Parti libéral du Canada dans Longueuil-Saint-Hubert

À ceux qui lui reprochent son changement d'allégeance, il répond que mis à part la question de la souveraineté, le Parti québécois et le Parti libéral de Justin Trudeau sont tous deux progressistes et se retrouvent au centre gauche de l'échiquier politique. En 2015, les libéraux ont perdu par seulement 703 voix contre Pierre Nantel, alors du NPD.

Un candidat bloquiste optimiste

Une pancarte électorale pour le candidat Denis Trudel.

Le comédien Denis Trudel représente le Bloc québécois dans Longueuil–Saint-Hubert depuis 2015.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Le comédien Denis Trudel, lui, avait terminé troisième pour le Bloc québécois, mais pas tellement loin derrière les deux autres.

Il promet de lutter contre la pauvreté dans la circonscription et sourit quand on lui mentionne qu'il fait face à plusieurs transfuges. Comment les gens peuvent-ils les croire? demande-t-il.

Dans cette ville assez nationaliste qui a déjà fait élire René Levesque et Pauline Marois au provincial, il est confiant, cette fois, d'être élu.

Les gens se reconnaissent là-dedans, il y a un gouvernement plus nationaliste à Québec, les gens sont dans cet élan-là, moi je le ressens beaucoup [...] Je regarde aller mes adversaires en ce moment puis je suis très de bonne humeur!

Denis Trudel, candidat du Bloc québécois dans Longueuil-Saint-Hubert

Le candidat conservateur, quant à lui, est Patrick Clune, fils de la comédienne et ex-ministre Andrée Champagne. Impliqué depuis longtemps en politique, il a tout un défi à relever : son parti a fini avec moins de 9 % des voix en 2015 dans la circonscription.

Pas de doute, la soirée électorale promet d'être passionnante à Longueuil.

Politique fédérale

Politique