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Élus et citoyens peu rassurés par la présence de Transports Canada à Sherbrooke

Des wagons citernes.

Un train transportant du pétrole

Photo : Radio-Canada/Étienne Dumont

Charles Beaudoin

Vantée par la Ville de Sherbrooke comme un acte de « transparence », une présentation publique de Transports Canada n'a pas réussi à rassurer les citoyens présents à l'hôtel de ville lundi soir que le chemin de fer de la Central Maine and Quebec Railway (CMQR) est sécuritaire.

À la sortie d'une rencontre privée de près d'une heure a laquelle les médias n'étaient pas admis entre citoyens et l'organisme public , le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic, Robert Bellefleur, a signalé d'emblée que son groupe maintenait la mise en demeure envoyée au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

On est face à un organisme qui maintient que la sécurité ferroviaire est pleine et entière sur la voie ferrée entre Lac-Mégantic et Farnham et que leurs normes sont actuellement respectées par la CMQR... ce qui n'est pas du tout la vision qu'on en a, explique M. Bellefleur.

On a exprimé très clairement que leurs normes n'étaient pas satisfaisantes pour garantir la sécurité ferroviaire.

le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic, Robert Bellefleur.

Le son de cloche était le même du côté d'Anne Lebel et du Comité des citoyens et citoyennes pour la sécurité ferroviaire du secteur Deauville.

C'est clair que Transports Canada et nous n'avons pas la même tolérance aux risques et aux dangers et il n'y a aucune sanction pour la compagnie, déplore Mme Lebel, qui signale que la mobilisation citoyenne se poursuivra au cours des prochaines semaines pour réclamer davantage de sécurité sur les chemins de fer. Aucune autre rencontre n'a été prévue entre les deux parties.

Devant les élus, la directrice générale de la sécurité ferroviaire à Transports Canada, Brigitte Diogo, a affirmé que des inspections de suivis ont été faites sur le tronçon ferroviaire reliant Lac-Mégantic à Farnham les 10 et 11 septembre derniers.

« On a pu vérifier que la CMQR a agi dans chaque cas, qu’elle a travaillé sur les 253 observations », a-t-elle assuré, faisant référence à l'avis transmis par Transports Canada à la compagnie CMQR en mai qui relevait « plusieurs situations et préoccupations urgentes ».

Brigitte Diogo, directrice générale de la sécurité ferroviaire à Transports Canada, s'adresse au conseil municipal de Sherbrooke.

Brigitte Diogo, directrice générale de la sécurité ferroviaire à Transports Canada

Photo : Radio-Canada

Ces inspections sont toutefois faites à des endroits et à des moments aléatoires et non sur l'ensemble du réseau, a-t-elle signalé plus tard.

« Nos inspections ne soutiennent pas une action où on interdirait le transport de marchandises dangereuses sur la voie de la CMQR de Lac-Mégantic à Farnham », a néanmoins indiqué Brigitte Diogo pour les personnes qui souhaitent que le transport de matières dangereuses soit interrompu jusqu'à ce que toutes les réparations aient été effectuées sur le chemin de fer.

Manque de précisions pour les élus

La présentation n'a pas convaincu les élus. Dans une résolution adoptée en fin de soirée, le conseil municipal de Sherbrooke a notamment réclamé que Transports Canada agisse rapidement pour lui faire parvenir les rapports d'inspection des voies ferrées.

Je suis resté sur mon appétit un peu, a admis le maire de Sherbrooke, Steve Lussier. Je m'attendais à obtenir plus de précisions par rapport aux inquiétudes des citoyens et citoyennes. Qu'ils se soient déplacés, c'est quand même une bonne chose, mais il a fallu qu'on étire un peu pour aller chercher les sujets dont on voulait entendre parler.

Si elle consent que les élus municipaux ont peu d'emprise sur ce qui est de juridiction fédérale, comme les chemins de fer, la présidente du comité de sécurité publique de Sherbrooke, Danielle Berthold, soutient que la Ville talonnera Transports Canada pour obtenir des réponses à ses questions.

Et d'en demander plus chaque fois, précise-t-elle. Des choses qui sont tangibles et d'évaluer les réponses que l'on aura.

Le directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke, Stéphane Simoneau, a par ailleurs été mandaté par les élus pour faire le lien entre ces derniers et les compagnies ferroviaires.

Depuis le début de la sortie de l'avis de non-conformité en mai, j'ai eu des discussions avec les inspecteurs et ils m'ont tout le temps rassuré par rapport à leurs interventions. En même temps, je n'ai jamais eu d'écrits, je n'ai jamais eu de preuves... Est-ce que c'est seulement la compagnie qui a supervisé ses propres réparations? Il y a plein de choses qui se disent. Moi, je veux quelque chose de tangible : des écrits, des preuves et des faits pour nous rassurer, la population et les autorités, explique M. Simoneau.

Transports Canada a de son côté refusé les demandes d'entrevue.

Estrie

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