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analyse

Entre ambitions et faux pas, l’équipe Legault à l’épreuve de la discipline

François Legault marchant dans un corridor à l'issue d'une réunion ministérielle à Québec.

Le premier ministre du Québec, François Legault

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Martine Biron

L’anecdote est savoureuse. Quelques semaines après avoir perdu son poste au cabinet de François Legault, l’ex-ministre de l’Environnement MarieChantal Chassé, déçue de sa rétrogradation, cherchait des conseils pour revenir en grâce. C’est à la porte de l'ex-premier ministre libéral Jean Charest qu’elle a frappé et il a accepté de la rencontrer un samedi matin à son bureau de Montréal.

On ne connaît pas la teneur de la discussion, mais on comprend que tous les moyens sont bons pour tenter d’accéder au saint des saints. Comment attirer l’attention du premier ministre alors que la dynamique de groupe s’installe et que certains ministres en mènent de plus en plus large?

Comme le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui n’hésite pas à s’impliquer dans les dossiers de ses collègues. Du plan d’aide aux médias en passant par le Plan Nord jusqu’aux nominations dans les délégations internationales, le ministre a énormément d’influence. C’est lui le véritable numéro deux du gouvernement.

Le leader parlementaire Simon Jolin-Barrette est aussi très ambitieux. Il ne refuse aucune affectation. D’autres ministres importants, à la Santé et à l’Éducation notamment, sont aussi bien en selle.

Alors, que reste-t-il pour les députés qui ont pris de l’assurance au cours de la dernière année et qui commencent à taper du pied? Un député qui s’ennuie a tendance à surveiller les ministres moins performants. Le défi est de le mettre en valeur et de tenter d’éviter les jalousies.

Ainsi, le gouvernement a multiplié les mandats d’initiative pour occuper ses députés. Ce sont des commissions parlementaires, sans ministre, qui permettent d’examiner un enjeu et de faire des recommandations. Des députés comme Samuel Poulin et Louis Lemieux ont eu leur moment de gloire devant les médias lors de la commission sur la crise des médias, le mois dernier.

L’ancien policier du SPVM, Ian Lafrenière, qui est resté sur le carreau quand François Legault a formé son cabinet, pilotera la commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs. Le député Christopher Skeete, qui a la consigne de séduire la communauté anglophone, répète que ses commettants veulent parler à un ministre en titre.

Il faut également satisfaire les vieux caquistes qui étaient aux côtés de François Legault dans l’opposition et qui espèrent aussi une limousine, comme Chantal Soucy, Donald Martel ou encore Claire Samson.

L’épisode Geneviève Guilbault

Au caucus de Rivière-du-Loup la semaine dernière, c’est l’arrogance de la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, qui a abondamment alimenté les discussions de corridor. Elle s’est retrouvée passablement isolée.

Ce sont surtout ses critiques, dures, à l’égard de ses propres collègues, que révélait La Presse la semaine dernière, qui ont fait jaser. Elle a d’ailleurs dû, avant le caucus, appeler personnellement les ministres Simon Jolin-Barrette et Caroline Proulx ainsi que son adjoint parlementaire, Ian Lafrenière, mentionnés dans l’article du quotidien, pour tenter de calmer le jeu et de refaire les ponts avec ses collègues.

C’est peut-être pour cette raison que le premier ministre François Legault a conclu son caucus en insistant encore une fois sur l’importance qu’il accorde à l’humilité des membres de son gouvernement.

Mais, ce qui est nouveau, c’est qu’il leur a aussi demandé de lui rapporter directement tout signe d’arrogance de ses ministres.

À l’attitude, il ajoute aussi le rendement. La pression sera forte cet automne pour que les ministres répondent à ses attentes. En retirant le dossier de la langue à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, il a envoyé le signal qu’il n’hésitera pas à intervenir s’il n’est pas satisfait.

Après un an au pouvoir, François Legault sait qu’il ne peut plus compter sur la chance du débutant.

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