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Près du tiers des Canadiens travaillent à leur compte, en plus de leur emploi principal

Jermel Pierre assis devant son ordinateur portatif en train d'utiliser son téléphone intelligent.

Jermel Pierre est directeur du développement des affaires d'une entreprise torontoise de cannabis, I Feel Good Co. Il a aussi lancé sa propre entreprise d'entraînement physique.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Philippe de Montigny

Pas moins de 30 % des Canadiens travaillent à leur compte en plus d'avoir un gagne-pain principal, que ce soit comme chauffeur d'Uber ou livreur pour Foodora, selon un sondage de la firme Sage Canada.

C’est le cas notamment de Jermel Pierre : le Torontois de 30 ans travaille de jour comme directeur du développement des affaires d’une entreprise de cannabis et de soir comme instructeur d'entraînement physique pour son entreprise RxFit.

Selon lui, ce projet entrepreneurial, un emploi secondaire qu’il qualifie affectueusement de side hustle, lui donne un filet de sécurité supplémentaire sur le plan financier.

Pour pouvoir joindre les deux bouts, vivre la vie que nous souhaitons et nous préparer à la retraite, il faut en faire plus. Et ce side hustle nous permet de faire ça.

Jermel Pierre, travailleur

Jermel Pierre affirme que ce deuxième emploi lui permet, en plus d'améliorer ses finances personnelles, de rester motivé et de mener une vie équilibrée. Faire la même chose pendant huit heures par jour, ça devient plate, dit-il.

Un entraîneur personnel aide son client à maintenir une pose, les deux bras dans les airs.

Jermel Pierre a lancé sa propre entreprise, RxFit, et donne des cours d'entraînement physique dans divers studios d'exercice à Toronto.

Photo : Jermel Pierre

Parmi les répondants au sondage Sage Canada-Angus Reid Global, 42 % disent avoir plus d’un emploi et 16 % racontent qu'ils travaillent dans l’économie des petits boulots, ce qui comprend les chauffeurs d’Uber, les livreurs de Foodora et les hôtes du site de location à court terme Airbnb, entre autres.

Près de la moitié (49 %) des répondants disent qu'ils voulaient plus de flexibilité et un meilleur équilibre de vie.

Parmi les autres raisons qui poussent les travailleurs à vouloir lancer leur propre entreprise, 39 % indiquent qu'ils veulent suivre leur passion et 38 % souhaitent créer leur propre environnement de travail.

Le facteur financier figure au cinquième rang dans cette liste de motivations évoquées par les participants au sondage.

Paul Struthers, le directeur général de Sage Canada, qui offre des services de comptabilité pour les entreprises, affirme que les millénariaux représentent la tranche d'âge la plus intéressée à entreprendre un tel emploi complémentaire. Et grâce à la technologie, les barrières à l'entrée sont beaucoup moins importantes, ce qui leur permet de se lancer en affaires plus facilement, dit-il.

De nombreux Canadiens ont clairement une ambition et de l’énergie à consacrer à ce side hustle, et ça nous indique qu’ils voient de vraies opportunités et qu’ils veulent trouver de nouveaux clients et des marchés mal desservis.

Paul Struthers, directeur général de Sage Canada

Sage Canada et Angus Reid Global ont interrogé 1604 travailleurs et 624 chefs d’entreprise canadiens dans le cadre de ce sondage en ligne, mené du 22 au 26 août 2019. Pour ces deux groupes, les marges d’erreur sont respectivement de 2,4 % et de 3,9 %, 19 fois sur 20.

M. Struthers croit que la communauté d’affaires et les gouvernements ont aussi un rôle important à jouer.

Les politiciens et les gens d’affaires doivent tout faire pour soutenir cet esprit entrepreneurial, parce que, qui sait, l'une de ces petites entreprises pourrait devenir le prochain Uber, dit-il.

Paul Struthers de Sage Canada.

Paul Struthers, directeur général chez Sage Canada

Photo : Radio-Canada

Conditions précaires

En janvier dernier, la Banque du Canada a dévoilé les résultats d’une enquête semblable, qui montrait qu’environ le tiers des Canadiens avaient un emploi atypique ou un petit boulot.

Pour beaucoup, il s’agit d’une activité secondaire qui complète le revenu, affirme la première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Wilkins.

Parmi ces travailleurs, les jeunes et les habitants des provinces où le taux de chômage est historiquement élevé sont surreprésentés, ajoute-t-elle.

Ces emplois peuvent présenter des avantages, comme la possibilité de travailler à sa guise – pensons notamment aux chauffeurs d’Uber –, mais beaucoup de ces travailleurs disent souhaiter plus de stabilité.

Carolyn Wilkins, première sous-gouverneure de la Banque du Canada

Elle ajoute que cette nouvelle catégorie d’emplois atypiques « réduit aussi le pouvoir de négociation des travailleurs ».

La sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn A. Wilkins, et le gouverneur, Stephen Poloz.

La sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn A. Wilkins, et le gouverneur, Stephen Poloz

Photo : Banque du Canada

Une nouvelle carrière

Pour certains, l'emploi secondaire peut devenir une carrière à part entière.

Hugo Filipe a travaillé pendant trois ans dans une agence de marketing, tout en cultivant sa passion comme influenceur sur les médias sociaux et gestionnaire d’artistes, avant d’abandonner son poste en juillet dernier.

J’en étais rendu au point où mon emploi à temps plein empiétait sur mes autres projets.

Hugo Filipe, travailleur

Maintenant, je travaille pour moi, en mode nomade, je fais mon propre horaire. Je travaille fort, mais je vis ma vie comme je veux, tout en payant mes factures, affirme le Torontois de 27 ans.

Il ajoute que son revenu est suffisant pour se mettre de l'argent de côté pour des voyages et la retraite.

Un homme tient une tasse de café, avec un calendrier géant en arrière-plan.

Hugo Filipe a décidé d'abandonner son emploi à temps plein en juillet pour se consacrer entièrement à ses projets de gestion d'artistes et comme influenceur sur les médias sociaux.

Photo : Hugo Filipe / @mrhugofilipe

Toronto

Emploi