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L'Iran « semble » être à l'origine de l'attaque contre l'Arabie saoudite, dit Trump

Le reportage de notre correspondant Jean-François Bélanger

Photo : Reuters / Alexander Drago

Radio-Canada

Il semble que l'Iran soit responsable des attaques qui ont visé ce week-end des installations pétrolières saoudiennes, a déclaré lundi le président américain, qui a cependant assuré souhaiter éviter tout conflit.

Interrogé par les journalistes sur l'éventuelle responsabilité de Téhéran, le président a répondu : Ça semble être le cas.

Nous voulons déterminer avec certitude qui a fait cela, a-t-il ajouté, en recevant le prince héritier de Bahreïn, Khalifa ben Salmane Al Khalifa.

Alors qu'il avait affirmé sur Twitter, la veille, que les États-Unis étaient « prêts à ouvrir le feu », il s'est cependant montré plus mesuré quant à la possibilité d'une riposte militaire.

Les États-Unis ont des capacités militaires redoutables et sont prêts pour la guerre si nécessaire. Cela étant dit, nous aimerions certainement l'éviter.

Donald Trump

Soufflant le chaud et le froid, il n'a pas écarté l'option militaire.

Les bombardements perpétrés samedi ont été revendiqués par les Houthis, mouvement chiite pro-iranien qui contrôle la majeure partie du territoire yéménite. D'après l'Arabie saoudite, à la tête de la coalition qui combat les rebelles depuis 2015 aux côtés du gouvernement yéménite, les premiers éléments de l'enquête montrent que ce sont des armes iraniennes qui ont été utilisées.

Washington peut apporter son aide à l'Arabie saoudite, mais ne lui a pas promis sa protection, a poursuivi le président. Il a en outre minimisé la hausse des cours du pétrole.

Ils n'ont pas beaucoup augmenté et nous avons des réserves de pétrole stratégiques qui sont énormes. Nous pouvons en libérer un peu et d'autres pays [...] peuvent être un peu plus généreux, ce qui les fera redescendre. Ce n'est pas un problème, a-t-il affirmé.

Je sais qu'elles veulent conclure un accord, a-t-il soutenu en outre au sujet des autorités iraniennes. À un moment donné, ça marchera. Le président Trump avait lui-même retiré son pays de l'accord sur le nucléaire iranien en mai 2018.

L'attaque du week-end a réduit brutalement l'approvisionnement du monde en or noir et a réveillé la crainte d'une escalade militaire entre Washington et Téhéran.

Le Pentagone montre les dents

Le secrétaire américain de la Défense, Mark Esper, s'est de son côté montré ferme à l'endroit de Téhéran.

Les États-Unis vont défendre l'ordre international qui est sapé par l'Iran, a-t-il déclaré lundi sur Twitter.

Le chef du Pentagone a précisé avoir participé peu auparavant à une réunion à la Maison-Blanche pour faire le point sur la situation avec Donald Trump et d'autres hauts responsables américains. L'armée américaine travaille avec les partenaires des États-Unis pour apporter une réponse à cette attaque sans précédent, a-t-il affirmé.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait accusé, dès samedi, l'Iran d'être responsable des attaques, estimant qu'il n'existait aucune preuve qu'elles soient venues du Yémen, malgré la revendication des rebelles Houthis.

Téhéran a nié toute responsabilité, rejetant des accusations insensées et incompréhensibles.

À l'issue d'une rencontre avec ses homologues russe et turc, le président iranien, Hassan Rohani, a parlé, lundi, d'un acte de légitime défense de la part des Yéménites.

Le Yémen est la cible de bombardements quotidiens, a-t-il lancé. Le peuple du Yémen a été obligé de répondre. Ils ne font que se défendre, a-t-il martelé.

Les menaces iraniennes ne concernent pas seulement l'Arabie saoudite, mais tout le Moyen-Orient et le monde entier, a quant à lui déclaré le prince saoudien Mohammed ben Salmane, héritier du trône saoudien, lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire américain à la Défense Mark Esper, selon l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

L'Irak, pris en étau entre ses deux grands parrains, Téhéran et Washington, a pour sa part assuré que le chef de la diplomatie américaine avait reconnu que le territoire irakien, où évoluent de nombreuses milices pro-iraniennes, n'avait pas été utilisé pour lancer ces tirs.

Des médias, comme CNN ou le Wall Street Journal, avaient affirmé que des drones ou des missiles de croisière avaient pu venir depuis le nord et non le sud, et donc d'Irak ou d'Iran, plutôt que du Yémen. Le Wall Street Journal assure que des responsables américains et saoudiens enquêtent actuellement sur la base de ces soupçons.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a par ailleurs soutenu que le régime inviterait des experts de l'ONU et de la région à enquêter sur les attaques de drones.

Crainte d'une escalade

Des flames orange et de la fumée noire tapissent le ciel de la localité d'Abqaiq.

Un incendie a éclaté à l'installation de Abqaiq de la pétrolière Aramco, en Arabie saoudite, à la suite d'une attaque au drone, samedi.

Photo : Reuters

Le secrétaire général d'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Jens Stoltenberg, s'est dit extrêmement inquiet du risque d'escalade.

Nous appelons toutes les parties à empêcher de telles attaques, car elles pourraient avoir des conséquences négatives pour l'ensemble de la région, a-t-il mis en garde, accusant l'Iran de déstabiliser la région.

Par la voix d'un porte-parole, le Kremlin a pour sa part appelé la communauté internationale à ne pas tirer de conclusions hâtives concernant l'attaque et plaidé pour l'apaisement de la situation.

Provocateur, le président russe, Vladimir Poutine, a offert à l'Arabie saoudite d'acheter un système de missile antiaérien russe pour défendre son territoire, de la même manière que l'Iran a déjà fait en achetant les systèmes de missiles russes S-300 et de la même manière que la Turquie a déjà fait en achetant les systèmes de missiles russes S-400.

Avec les informations de New York Times, AFP, et Reuters

Conflits armés

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