•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les grands préleveurs d’eau de l'Abitibi-Témiscamingue dévoilés

De l'eau s'écoule d'un robinet.

L’Abitibi-Témiscamingue est la première région du Québec à pouvoir connaitre l’identité des grands préleveurs d’eau sur son territoire.

Photo : Tim Graham

Thomas Deshaies

Après plus de quatre ans de démarches, la Société de l’eau souterraine de l’Abitibi-Témiscamingue (SESAT) a dévoilé ce lundi l’identité des grands préleveurs d’eau régionaux pour l’année 2013.

Les entreprises prélèvent davantage que les municipalités

Selon les données rendues disponibles lundi, l’entreprise Rayonier au Témiscamingue, anciennement Tembec, est la plus grande consommatrice d’eau dans la région. Elle a prélevé, en 2013, 45 914 millions de litres d’eau, ce qui constitue 49 % de la quantité totale prélevée dans la région.

Un graphique les grands préleveurs d'eau en Abitibi-Témiscamingue pour l'année 2013.

Graphique de la Société de l’eau souterraine de l’Abitibi-Témiscamingue à partir des données du ministère de l'Environnement.

Photo : Courtoisie : Société de l’eau souterraine de l’Abitibi-Témiscamingue

Elle est suivie par Glencore Canada Corporation qui prélève 14 % de la ressource hydrique. La Fonderie Horne fournirait toutefois aussi en eau potable la Ville de Rouyn-Noranda, selon la Société de l’eau souterraine de l’Abitibi-Témiscamingue. Le bassin versant du Témiscamingue est, et de loin, celui le plus sollicité par les préleveurs d’eau.

Les municipalités se classent quant à elle dans le bas du classement. Par exemple, la Ville de Val-d’Or ne prélève que 5 % de la quantité totale d’eau prélevée.

La SESAT estime que ces informations permettront aux municipalités et aux organismes de bassins versants de prendre de meilleures décisions pour assurer la protection de nos sources d’eau potable. À partir du moment où on peut constater, qu’on peut transférer ces données, quel en est l’impact (des préleveurs sur les cours d’eau), si cela n’en a un ou pas? C’est ce que ça va nous permettre de valider, explique M. Bastien. L’organisme entamera des démarches en ce sens.

Un processus ardu

Depuis plusieurs années, le gouvernement du Québec collige toutes les informations relatives aux grands préleveurs d’eau dans un registre national, ceux qui prélèvent plus de 75 000 litres d’eau par jour. Les endroits où est captée l’eau sont ainsi connus, tout comme la quantité d’eau prélevée mensuellement.

Or, les organismes chargés d’assurer une gestion durable de la ressource hydrique n’avaient pas accès à ces informations facilement. La SESAT a entamé des démarches en novembre 2014 pour avoir le portrait complet de la situation dans la région. Un processus qui n’a abouti que récemment puisque le ministère de l’Environnement estimait qu’il devait d’abord obtenir l’autorisation de toutes les entreprises privées avant de transmettre les données.

On est à l’aube de grands questionnements au niveau de la ressource en eau et à cet égard, il m’apparaît clairement qu’il est nécessaire d’avoir un accès plus facile et plus transparent aux connaissances sur cette ressource.

Serge Bastien, président de la SESAT

L’Abitibi-Témiscamingue est la première région du Québec à pouvoir connaitre l’identité des grands préleveurs d’eau sur son territoire. Une situation pour le moins questionnable, selon le président de la SESAT, Serge Bastien, puisque l’eau est une chose commune. Toute organisation, citoyen devrait pouvoir accéder à l’ensemble de ces informations facilement, rapidement, sans qu’on soit obligé d’aller chez chacun des préleveurs privés pour qu’ils nous donnent l’autorisation d’obtenir les renseignements, s’exclame-t-il.

Un processus à refaire?

La SESAT estime qu’elle pourra dorénavant avoir accès plus facilement aux données puisqu'elle a obtenu des résolutions des Villes et l’approbation des entreprises du territoire. Or, ce n’est pas nécessairement le cas prou les organismes dans les autres régions du Québec.

Si on veut être des bons gestionnaires de l’eau, il faut avoir cette information. Le ministère n’est pas à en restreindre l’accès.

Serge Bastien, président de la SESAT

L’organisme espère maintenant que le gouvernement modifiera son approche pour permettre à tous d’avoir accès facilement aux informations contenues dans le registre provincial. L’utilité de pouvoir avoir un registre provincial, c’est de pouvoir aider les gestionnaires ou ceux qui comme nous s’occupent de la gouvernance, d’avoir facilement accès (aux informations) pour dire quels sont les impacts des différents utilisateurs, souligne M. Bastien.

La SESAT a déjà amorcé des démarches pour obtenir les informations sur les grands préleveurs d’eau pour l’année 2018.

Abitibi–Témiscamingue

Consommation