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La gestion des sols contaminés à Montréal pourrait être meilleure, dit le BIG

Un convoyeur reçoit des sols contaminés déposés par une grue.

La gestion des sols contaminés par la Ville de Montréal n'est pas tout à fait à la hauteur, constate le Bureau de l'inspecteur général de Montréal dans son rapport de mi-mandat.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Ville de Montréal doit améliorer sa gestion des sols contaminés, indique le Bureau de l'inspecteur général de Montréal (BIG) dans son rapport de mi-mandat, publié lundi.

Le bilan de la Ville à ce sujet n’est pas mauvais, indique le rapport, où on peut aussi lire que, de manière générale, la gestion des sols contaminés de Montréal « est adéquate et respecte le cadre normatif ».

Des améliorations sont cependant à faire, puisque le document parle de « certains manquements et d'une absence d’uniformité dans la qualité et l’exécution des travaux ».

L'enquête de l'inspectrice générale, Brigitte Bishop, a porté sur cinq aspects de la gestion des sols contaminés: la conception des travaux, leur surveillance environnementale, leur exécution, le transport des sols contaminés et leur élimination.

Mme Bishop constate d'abord que des erreurs surviennent parfois dans l'estimation des quantités de sols contaminés à éliminer.

Par exemple, dans un projet à Montréal-Nord, la Ville avait sous-estimé de 1000 tonnes la quantité de sols à éliminer. Le chantier a accusé un retard et le budget a été largement dépassé.

Des problèmes ont aussi été remarqués regardant la surveillance des chantiers.

L’inspectrice générale mentionne que certains surveillants de la Ville n'ont pas d'expérience dans le domaine environnemental et manquent de connaissances de ses règles, ce qui fait qu’ils sont incapables de faire respecter les devis par les entrepreneurs, qui peuvent essayer d’en tirer avantage.

Plusieurs intervenants de la Ville de Montréal interrogés par le BIG ont affirmé qu’il n’est pas rare que les surveillants sur les chantiers soient remplacés, et que ceux qui prennent leur place « ne connaissent pas les spécificités du chantier sur lequel ils sont parachutés ».

Le BIG conclut cependant qu’il est pour le moment difficile de résoudre le problème, puisque « l’offre de services professionnels ne peut répondre à la forte demande de l’industrie dans la région de Montréal ».

Réduction des dépenses des entrepreneurs

L’enquête du BIG démontre aussi que des entrepreneurs engagés par la Ville tentent de minimiser leurs dépenses, notamment en ne procédant pas à des excavations sélectives en fonction du niveau de contamination, et donc en mélangeant les sols.

Cette pratique « a pour effet de réduire la durée des travaux ou de gonfler des quantités de sols dont le coût d’élimination est plus profitable à l’entrepreneur ».

Pour ce qui est de l’élimination de ces sols, l’enquête « n’a pas permis d’observer de déversement illégal provenant de chantier de la Ville de Montréal ».

Elle a toutefois donné l’occasion de parler avec des camionneurs qui, en général, ont avoué déverser leur chargement là où on leur dit de le faire, et ce, même si c’est dans un champ ou une terre agricole. Elle a aussi permis d’obtenir des renseignements menant à l’identification de sites de déversement qui ne sont pas accrédités.

« Des renseignements obtenus lors de l’enquête ont mené à l’identification de 18 sites dans la grande région de Montréal où ont eu lieu récemment des déversements de sols sans contrôle. Aucun camion provenant de chantiers de la Ville de Montréal n’a été observé sur ces sites », remarque le rapport.

Un haut degré de vigilance est de mise de la part des intervenants de la Ville de Montréal puisque le risque de déversement non autorisé de sols demeure réel et non négligeable.

Rapport du Bureau de l'inspecteur général de Montréal

L’inspectrice générale n’a pas non plus recueilli suffisamment de preuves pour faire le lien entre ces pratiques, les contrats accordés par la Ville de Montréal et le crime organisé, bien que, selon de nombreux témoignages, le crime organisé est infiltré dans ce commerce.

Presque toutes les personnes provenant du secteur privé rencontrées par le Bureau de l’inspecteur général indiquent que certaines entreprises seraient associées à des individus liés au crime organisé québécois.

Rapport du Bureau de l'inspecteur général de Montréal

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