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Affaire Stormy Daniels : les procureurs new-yorkais réclament les déclarations de revenus de Trump

Donald Trump pointe du doigt avec un visage résolu.

Pendant la campagne présidentielle de 2016, Donald Trump a refusé de rendre ses déclarations de revenus publiques, rompant ainsi avec la tradition.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Radio-Canada

Le bureau du procureur du district de Manhattan a ordonné à la firme comptable du président Trump de lui remettre des déclarations personnelles et d'entreprise échelonnées sur une période de huit ans relativement à son enquête sur des paiements versés notamment à Stormy Daniels, révèle le New York Times, lundi.

L'ordonnance de production d'éléments de preuve, délivrée au cabinet Mazara USA à la fin du mois dernier, concerne plusieurs documents fiscaux, dont des déclarations de revenus remontant jusqu'à 2011, affirme le quotidien, qui cite des sources dont l'identité n'a pas été révélée.

Il y a plusieurs semaines, le bureau du procureur a ouvert une enquête criminelle sur le rôle que le président et son entreprise familiale auraient joué dans des paiements versés à la veille de l'élection présidentielle de 2016 et destinés à acheter le silence de femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump.

En août 2018, l'ancien avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, a notamment admis avoir enfreint les lois sur le financement électoral en versant 130 000 $ à l'actrice de films pornographiques Stephanie Clifford, mieux connue sous le nom de Stormy Daniels, et en organisant le versement de 150 000 $ à la playmate Karen McDougal pour les faire taire « principalement afin d'influencer l'élection présidentielle de 2016 ».

Michael Cohen purge actuellement une peine de trois ans de prison, notamment pour ces crimes.

Le président a à de multiples reprises nié avoir eu une liaison avec ces deux femmes. Livrant plusieurs versions contradictoires, il a toutefois admis que Michael Cohen avait été remboursé pour la somme versée à Mme Clifford.

Selon les médias américains, les procureurs new-yorkais ont rencontré en prison l'ancien homme de confiance du milliardaire pour lui demander son aide dans leur enquête.

L'équipe du procureur cherche notamment à déterminer si la Trump Organization, le conglomérat regroupant les activités immobilières du président américain, qui a son siège à New York, a frauduleusement comptabilisé des remboursements effectués à Michael Cohen comme des frais juridiques.

Les avocats personnels de M. Trump et ceux de son conglomérat ont refusé de commenter les informations du New York Times. Ils ont par le passé dénoncé une opération de harcèlement à l'endroit du président.

Le cabinet comptable Mazara USA a assuré qu'il remplirait ses obligations juridiques, sans indiquer s'il contesterait l'ordonnance de production de documents.

Photo montage de Stephanie Clifford et de Karen McDougal, regardant toutes deux la caméra, souriantes.

Stephanie Clifford allègue avoir été la maîtresse de Donald Trump en 2006, et Karen McDougal dit avoir entretenu une relation avec lui entre 2006 et 2007.

Photo : Reuters/Eduardo Munoz et Getty Images/Dimitrios Kambouris

Le mois dernier, les procureurs avaient réclamé à la Trump Organization d'autres documents liés aux paiements versés à Mme Clifford.

À la même période, ils ont aussi ordonné au groupe de presse American Media, éditeur du tabloïd National Enquirer, de leur remettre des documents liés au paiement de 150 000 $ à Karen McDougal pour le récit de sa liaison alléguée avec Donald Trump, que le média n'a jamais publié. Son propriétaire, David Pecker, est un ami de longue date du président.

En novembre 2018, le Wall Street Journal affirmait que Donald Trump avait directement coordonné le versement des sommes d'argent pour acheter le silence de ces deux femmes.

Des déclarations de revenus fort convoitées

En vertu de leurs pouvoirs d'enquête, les démocrates de la commission de la Chambre des représentants chargée des questions de fiscalité ont pour leur part réclamé les déclarations de revenus du président échelonnées sur six années dès mai dernier.

En juillet, l'État de New York a modifié sa législation fiscale pour permettre le partage des déclarations de revenus et les avis d'imposition de l'État avec certaines commissions du Congrès si elles en font la demande, une initiative ciblant de toute évidence Donald Trump.

Celui-ci conteste en cour la loi de New York ainsi que les ordonnances de publication faites par des commissions de la Chambre. La longue bataille qui se profile devant les tribunaux rend improbable l'éventuel examen de ses déclarations de revenus avant les élections de 2020.

Pendant la campagne électorale, le magnat de l'immobilier avait refusé de les rendre publiques, rompant ainsi avec une tradition vieille de plusieurs décennies. Il avait invoqué un contrôle fiscal, même si aucune loi n'interdit la publication de déclarations de revenus dans ces circonstances.

Les démocrates disent notamment vouloir savoir si le président a des liens financiers avec d’autres pays, ouvrant ainsi la voie à des conflits d'intérêts, ou s’il a violé la loi afin de ne pas payer d’impôts.

Avec les informations de New York Times

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