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Des jugements de garde d'enfant remis en question à la suite d'enquêtes sur un psychologue

Une femme portant une robe fleurie marche dans un parc à Vancouver, le dos tourné à la caméra.

« On m'a refusé mes enfants », déplore une mère dont l'évaluation psychologique a fait l'objet d'une enquête interne pour des lacunes.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Des parents ayant fait l'objet d’évaluations psychologiques menant à un refus de garde parentale estiment avoir été lésés, après que l'Ordre des psychologues de la Colombie-Britannique a ouvert une enquête sur le travail du psychologue responsable de leur évaluation.

Un rapport interne indique que les évaluations du Dr Allan Posthuma, de Vancouver, sont tombées en dessous des normes minimales attendues.

Lourd de conséquences

Il y a un peu plus d'un an, un homme de Toronto, que Radio-Canada ne nomme pas afin de protéger l’identité des enfants, a signé une ordonnance d'un tribunal en Colombie-Britannique, renonçant à tous ses droits parentaux pour ses deux enfants.

Le jugement était l'aboutissement d'un long processus comprenant une évaluation psychologique réalisée par le Dr Allan Posthuma, de Vancouver.

L’évaluation indiquait qu'il était trop dangereux pour les enfants de vivre avec leur père, car il risquait d'être violent. Le Dr Posthuma recommandait qu'un juge accorde à la mère la garde exclusive des enfants et qu’elle soit autorisée à quitter la province.

Ce rapport m'a détruit, dit le père, qui nie avoir été violent avec ses enfants ou leur mère.

Il dit qu'il n'aurait jamais abandonné ses enfants sans l'évaluation du Dr Posthuma, mais qu'il se sentait complètement, physiquement, émotionnellement épuisé par le processus judiciaire onéreux.

Deux personnes discutent pendant que l'une d'elles prend des notes.

De nombreuses évaluations psychologiques rédigées par un psychologue de Vancouver et ayant mené à des décisions quant à la garde d’enfants se retrouvent sous la loupe d’une enquête interne.

Photo : getty images/istockphoto / lorenzoantonucci

Ce n'est que 10 mois après la signature de l'ordonnance du tribunal que le père a reçu un rapport d'enquête de l'Ordre des psychologues de la Colombie-Britannique décrivant des dizaines de « lacunes et carences » dans le travail du psychologue.

Le rapport suggère que le Dr Posthuma n'a pas clairement différencié ses opinions des informations objectives recueillies lors de ses évaluations.

Le rapport du collège suggère également qu'une personne comme ce père pourrait se trouver dans une position vulnérable à la suite d'une évaluation psychologique défavorable et pourrait se sentir obligée d'accepter des conditions qu'elle n’aurait normalement pas acceptées.

Pas un cas isolé

Ce père n'est pas seul. Son cas fait partie de cinq enquêtes internes portant sur les évaluations d'Allan Posthuma dans des litiges concernant la garde d'enfants et la capacité parentale.

Dans l'un des cas examinés par l'Ordre, le psychologue recommandait que la garde exclusive d'une fillette soit accordée à son père sans vérification de ses antécédents de violence conjugale, pourtant bien documentés.

Le juge a toutefois rejeté la recommandation du psychologue et a accordé à la mère la garde principale de sa petite fille.

J'avais toujours peur que quelqu'un vienne à ma porte et prenne mon enfant à cause d'informations erronées.

Une mère dont le dossier d'évaluation psychologique a fait l'objet d'une enquête interne

Risque de poursuites

Dans une déclaration écrite, l'avocat d’Allan Posthuma, Michael Schalke, affirme que les parents qui communiquent avec Radio-Canada pourraient faire l’objet de poursuites pour diffamation.

Notre préoccupation est que, dans certains cas, les plaignants cherchent à promouvoir leurs objectifs personnels dans le cadre du litige en droit de la famille en déposant une plainte auprès de l'Ordre, explique l'avocat.

Dossiers clos

Le départ à la retraite, en début d'année, du Dr Posthuma après plus de 40 ans comme psychologue, a clos les enquêtes sur son travail et fermé la porte à toute mesure disciplinaire.

Les allégations selon lesquelles le Dr Posthuma n'aurait pas respecté au moins 17 normes de son code de déontologie n'ont toujours pas été prouvées.

Certains parents auraient souhaité que l’Ordre organise une audience disciplinaire pour le Dr Posthuma, ce qui aurait rendu les allégations publiques et leur aurait permis d'utiliser les informations recueillies lors des enquêtes internes.

« Des préoccupations sérieuses »

Allan Posthuma est cité en tant qu'expert dans plus de 200 décisions judiciaires disponibles en ligne, dont la majorité concerne des questions de droit de la famille.

Bien que la plupart aient accepté les recommandations, certains juges se sont montrés sceptiques quant à son opinion d'expert.

Les jambes d'une femme se tenant dans un stationnement. On tente de ne pas dévoiler son identité.

Une femme de la région de Vancouver qui a reçu une évaluation psychologique du Dr Posthuma n'a que le droit de voir ses enfants sur Skype pendant deux heures toutes les deux semaines.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Il y a trois ans, un juge de la Cour suprême, Bruce Butler, a rejeté les recommandations d’Allan Posthuma dans une affaire de garde d'enfants, affirmant qu'il s'était risqué à émettre une opinion allant bien au-delà de son fondement limité en faits et en informations.

D'autres juges ont décrit son travail comme gravement détérioré ou imparfait et ont suggéré qu'il était procédurier et vague lors du contre-interrogatoire.

L'Ordre des psychologues dit qu'il ne peut pas commenter les détails de l’enquête, mais indique dans une déclaration écrite que les plaintes soulevaient des préoccupations graves.

Avec les informations de Bethany Lindsay

Colombie-Britannique et Yukon

Santé