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La lutte de Gabriel

Marko Estrada est monté dans le ring pour le gala de lutte de Gabriel Comeau, élève de l'École Marie-Esther de Shippagan.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

Mathieu Massé

Un gala de lutte bien spécial avait lieu à Shippagan, dans la Péninsule acadienne, samedi soir. Des lutteurs de la Championship Acadian Wrestling (C.A.W.) ont répondu présent à l'invitation d'un élève de l'École Marie-Esther qui organisait l'événement dans le cadre de son parcours scolaire.

Gabriel H. Comeau a 15 ans. Il est en 10e année à l'École Marie-Esther.

Il est atteint d'une maladie dégénérative qui l'a cloué à un fauteuil roulant. Pour respirer, il a besoin de l'aide d'une machine. Si certains pensent que ce handicap lui a enlevé tous ses moyens, il n'en est rien.

À l'école, tous ne connaissent pas Gabriel Comeau personnellement, mais tout le monde a déjà entendu son rire résonner dans les couloirs où il roule dans son fauteuil électrique.

Gabriel pose devant le ring avec une grimace de lutteur et un pouce dans les airs.

Gabriel H. Comeau a organisé seul le gala de lutte à l'École Marie-Esther et a même fait reconnaître ce travail dans son parcours scolaire.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

À l'École Marie-Esther, qu'il fréquente depuis la neuvième année, on tente le plus possible de créer des projets intégrateurs pour les élèves. On veut les voir investir du temps dans leur passion.

On voulait [amener] Gabriel à faire des apprentissages qui allaient durer toute sa vie.

Monique Landry, enseignante ressource à l'École Marie-Esther
Monique Landry répond aux questions du journaliste.

Monique Landry est enseignante ressource à l'École Marie-Esther à Shippagan.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Quand on lui a demandé de suggérer des projets, il n'a pas hésité. Il voulait organiser un gala de lutte. Dans la foulée d'une présentation orale dans son cours de français de neuvième année, il a soumis l'idée au conseil de son école qui a tout de suite accepté.

Monique Landry est l'une de celles et ceux qui ont apporté leur aide à Gabriel tout au long de l'organisation de son projet. C'est des apprentissages qui vont l'aider à apprendre tout au long de sa vie. En plus on voulait qu'il puisse partager sa passion avec sa communauté parce que de cette manière là, ça devient vraiment significatif.

Son idole à la maison

Gabriel a tout fait. De la réservation du gymnase à la publicité pour le gala, en passant par la vente de billets, il a tout coordonné.

Ça fait un an que je travaille sur ça. J'ai travaillé dur, très dur!

Gabriel H. Comeau

Grand amateur de lutte depuis aussi longtemps qu'il se souvienne, il assiste à tous les galas de la C.A.W., si bien que les lutteurs le connaissent personnellement. Il savait donc qui contacter quand il a commencé à chercher des lutteurs.

Samedi, le lutteur Sylvain Roy, alias KAOS, n'avait que de bons mots pour le jeune homme : Gabriel, il vient nous voir très souvent et on prend des photos avec lui à la fin des shows. Alors quand il nous a appelés pour venir à Shippagan, on a dit que ce serait un honneur. Ça nous fait vraiment plaisir d'être ici.

Le lutteur Kaos et son acolyle Jaws montent dans le ring et investivent leurs adversaires.

Le lutteur Kaos et son acolyle Jaws montent dans le ring et invectivent leurs adversaires.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

Mais pour un gala de lutte réussi, il faut une tête d'affiche. Gabriel a le sens du spectacle et il a tout de suite pensé à son idole Marko Estrada, lui-même originaire de la région.

De son vrai nom Marc Rousselle, Marko Estrada figure au palmarès des 500 meilleurs lutteurs au monde. Très occupé dans le réseau de lutte québécois, il a décidé d'annuler un spectacle à Québec pour venir participer au gala de Gabriel.

Le lutteur Marko Estrada le lance dans un mouvement acrobatique au grand plaisir des spectateurs.

Le lutteur Marko Estrada se lance dans un mouvement acrobatique au grand plaisir des spectateurs.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

J'ai fait sept heures de route pour une bonne cause. Gabriel, il vient toujours m'encourager quand je viens ici et ça me tenait à coeur d'être ici.

Marc Rousselle, alias Marko Estrada

C'est un retour aux sources pour Marc Rousselle qui a lui-même fréquenté l'École Marie-Esther quand il avait l'âge de Gabriel. Ça fait bizarre parce que c'est le gym où moi, j'ai fait tout mon secondaire. J'ai jamais fait de gala ici à l'école. Alors c'est comme un retour aux sources et ça me touche et ça fait du bien.

Mission accomplie

Samedi, Gabriel n'aurait pu être plus heureux alors que 300 personnes ont répondu à son appel. Il a gagné son pari en organisant, avec brio, un événement que beaucoup auraient qualifié de mission impossible.

Il espère que plusieurs le prendront en exemple pour organiser d'autres événements « fous ». Ce souhait a de bonne chances de se réaliser puisque le gala de lutte de la fin de semaine a permis de remplir les coffres du conseil de son école, qui pourra ainsi organiser d'autres événements.

Les quelques 300 spectateurs étaient très attentifs samedi lors du gala de lutte.

Les quelques 300 spectateurs étaient très attentifs samedi lors du gala de lutte.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

Gabriel a réussi à mettre des étoiles dans les yeux de beaucoup de spectateurs lors de la soirée de samedi et il espère bien répéter l'expérience.

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