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Les prix du pétrole s'envolent dans la foulée de l'attaque en Arabie saoudite

Des homme regardent un écran avec des colonnes de chiffres.

Des analystes de la banque saoudienne ANB surveillent l'évolution des prix du pétrole sur les marchés internationaux, lundi matin, où le brut a connu une forte augmentation.

Photo : Reuters / Stringer .

Radio-Canada

Le prix du brut a continué de grimper, lundi, pour atteindre une hausse de près de 15 % à la suite des attaques qui ont lourdement endommagé des installations pétrolières saoudiennes, samedi.

Selon le réseau américain CNN, qui cite des sources au sein du géant pétrolier Aramco, il faudra compter des semaines avant que les dommages causés aux raffineries d’Abkaïk et de Khouraïs soient réparés et que la production reprenne normalement.

Les attaques, revendiquées par les rebelles houthis du Yémen, auraient été menées samedi à l’aide de drones. Elles ont amputé de près de 6 % la production mondiale de pétrole et privé l’Arabie saoudite de la moitié de sa capacité habituelle de production.

Rappelons que ce pays est le premier exportateur de pétrole dans le monde et le deuxième plus important producteur (après les États-Unis).

L’ampleur de cette nouvelle attaque contre des installations pétrolières saoudiennes a créé beaucoup d’incertitude sur les marchés et exacerbé les tensions militaires entre l’Occident et l’Iran dans le golfe Persique, ce qui n’est rien pour apaiser les marchés.

Des flammes orange et de la fumée noire tapissent le ciel de la localité d'Abqaiq.

Un incendie a éclaté à l'installation d'Abqaiq de la pétrolière Aramco, en Arabie saoudite, à la suite d'une attaque au drone, samedi.

Photo : Reuters

Du jamais vu

Lundi en mi-journée, les cours du baril de Brent de la mer du Nord oscillaient autour de 68,70 $ US à la Bourse de Londres, en hausse de plus de 14 %.

À New York, le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI) avait pour sa part gagné 13,76 % (à 62,34 $ US) en milieu d'après-midi.

Il s’agit de la plus grande perturbation ponctuelle de l'offre de pétrole de toute l'Histoire, affirmait en début de journée Ipek Ozkardeskaya, analyste au London Capital Group.

C’est énorme; ça ne s’est jamais produit depuis des décennies. Donc, on se retrouve dans une situation un peu nouvelle, reconnaît pour sa part Normand Mousseau, professeur à l'Université de Montréal et directeur académique de l’Institut de l’énergie Trottier.

On se retrouve avec la moitié de la production de l’Arabie saoudite perturbée, donc un impact certain [est] à prévoir sur les cours du pétrole.

Normand Mousseau

La question, c’est de savoir combien de temps il va falloir à l’Arabie saoudite pour réagir. Combien de temps lui faudra-t-il pour ramener le pétrole […] et, aussi, quelle va être la réaction des États-Unis, indique M. Mousseau.

C’est la deuxième ou troisième attaque de drone qu’on a vue sur des installations pétrolières d’Arabie saoudite cette année. Il y a aussi cette spéculation-là. Est-ce qu’on va être capable de protéger encore ou non les installations [pétrolières saoudiennes]?

Normand Mousseau

Lundi matin, le gouvernement saoudien a fait savoir que ses forces armées étaient tout à fait en mesure de protéger ses installations pétrolières, ajoutant que les armes utilisées pour attaquer les installations d'Aramco, samedi, étaient originaires d'Iran.

Aramco pourrait retarder son entrée en bourse

Considérant cette atteinte majeure à ses capacités de production, la compagnie pétrolière d’État saoudienne Aramco étudie la possibilité de retarder son entrée en bourse, ont déclaré à l'Agence France-Presse des sources au sein de l'entreprise. Le géant pétrolier, dont la valeur est estimée à 2000 milliards de dollars américains, prévoyait faire son entrée en novembre sur le marché boursier intérieur saoudien avant d’entrer dans les marchés boursiers internationaux en 2020.

Washington prête à défendre l'ordre international

Un membre d'équipage fait des signaux au  pilote d'un chasseur F-18.

Un chasseur F/A-18 se prépare à décoller du pont du porte-avions américain Nimitz dans le nord du golfe d'Arabie.

Photo : Reuters / Hamad I Mohammed

Les rebelles du Yémen menacent par ailleurs de lancer de nouvelles attaques contre les installations pétrolières de l’Arabie saoudite, qui conduit une coalition militaire au Yémen contre les Houthis, soutenus par l’Iran. Pendant ce temps, à Washington, la pression s'accentue sur l’administration Trump, qui accuse ouvertement l’Iran d’avoir mené ces attaques.

Lundi, le secrétaire à la Défense, Mark Esper, a déclaré sur Twitter, à la sortie d’une rencontre avec le président Trump, que les États-Unis vont défendre l'ordre international, qui est sapé par l'Iran après cette attaque sans précédent.

Pour le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, aucune preuve n'indique que cette attaque contre l'approvisionnement énergétique mondial est venue du Yémen. Selon Washington, elle pourrait tout aussi bien être venue d’Iran.

Les rebelles ne font que se défendre, réplique Rohani

Réagissant à ces accusations, le président iranien, Hassan Rohani, a rejeté les allégations de la Maison-Blanche et défendu les rebelles houthis, qui combattent au Yémen depuis des années maintenant. Pour M. Rohani, les rebelles « ne font que se défendre » face aux bombardements de la coalition, menée par les Saoudiens.

Le Yémen est la cible de bombardements quotidiens. [...] Le peuple du Yémen a été obligé de répondre. Il ne fait que se défendre, a-t-il déclaré à Ankara, à l'issue d'un sommet sur la Syrie avec ses homologues russe et turc, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.

Le président russe a pour sa part poussé une pointe d’ironie en proposant à l’Arabie saoudite d’acheter des systèmes de missiles antiaériens russes S-300 et S-400 pour défendre adéquatement son territoire, comme l’ont fait récemment les Iraniens et les Turcs.

« Ces armes vont sûrement protéger n'importe quels sites d'infrastructures en l'Arabie saoudite », a assuré le président russe.

Avec les informations de Agence France-Presse

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