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Une infirmière condamnée pour inconduite professionnelle porte sa cause en appel

Carolyn Strom.

L'infirmière Carolyn Strom a été condamnée à verser une amende de 26 000 $ pour inconduite professionnelle.

Photo : Chanss Lagaden/CBC

Radio-Canada

Carolyn Strom, une infirmière de Prince Albert, comparaîtra, mardi, devant la Cour d’appel de la Saskatchewan pour contester les décisions de l’Association des infirmières autorisées de la Saskatchewan (SRNA) et de la Cour du Banc de la Reine, qui ont statué contre elle l’an dernier.

L'infirmière a été reconnue coupable d'inconduite professionnelle en 2016, pour avoir dénoncé sur Facebook les soins prodigués à son grand-père en 2015.

Carolyn Strom a été condamnée à verser une amende de 26 000 $ pour inconduite professionnelle.

C’était les montagnes russes [...] Ça a été vraiment stressant. Je n'ai jamais imaginé que ça durerait aussi longtemps.

Carolyn Strom, infirmière

En février 2015, elle avait critiqué les soins palliatifs prodigués à son grand-père au Centre de santé intégré Saint-Joseph, de la ville de Macklin, située à l'ouest de Saskatoon.

Dans son message sur Facebook, l’infirmière avait écrit : Il est clair que tout le monde ne sait pas comment aborder les soins de fin de vie ou comment préserver la dignité des personnes âgées. Vous qui avez gâché la dernière année de mon grand-père, veuillez faire mieux la prochaine fois!

À la lecture de son message, plusieurs infirmières de l'hôpital ont porté plainte.

Par la suite, la SRNA a jugé que le message discréditait la profession d’infirmière et violait sa politique en matière de réseaux sociaux.

Depuis, l’Association a ordonné à l'infirmière de rédiger un essai afin qu’elle admette avoir mal agi, ce qu’elle a refusé de faire.

Ma crainte, c’est que les choses ne soient pas signalées, que les choses ne changent pas, souligne Carolyn Strom.

Lanceur d’alerte

L'affaire a suscité l'indignation du public et de nombreux avocats sont venus à la défense de Carolyn Strom.

Si ce qu’elle a dit dépasse les bornes, je crois que nous avons tous de gros problèmes, mentionne l’analyste des politiques de santé de Saskatoon Steven Lewis.

Cela envoie le message suivant : "Ne dites jamais ce que vous pensez de quelque chose.", dit-il.

Selon Steven Lewis, le commentaire de Carolyn Strom sur les réseaux sociaux ne faisait référence à personne en particulier. Il parlait uniquement des soins administrés à son grand-père dans un établissement qui n’était pas son lieu de travail.

Pour la SRNA, cependant, étant donné qu'il s'agit d'une petite communauté, la publication sur Facebook a pu nuire à la profession et porter atteinte aux infirmières du centre concerné. L'organisme estime que Carolyn Strom aurait dû utiliser des voies de recours officielles pour se plaindre auprès des autorités concernées.

Plusieurs groupes, dont l’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique et la Fondation de la Constitution canadienne, ont obtenu le statut d'intervenant dans cette affaire et ont témoigné en faveur de Carolyn Strom.

Le juste équilibre

Le professeur de droit à l'Université de la Saskatchewan Keir Vallance explique que les tribunaux traitent en général avec déférence les décisions d'organismes professionnels.

Cependant, il soutient que la décision de l'Association des infirmières autorisées de la Saskatchewan ne doit pas être prise à la légère.

La question intéressante est de savoir si l’Association a trouvé le juste équilibre entre son pouvoir de réglementer le discours de ses membres et le droit des infirmières de dire ce qu'elles pensent, souligne-t-il.

D’autre part, il explique aussi que la SRNA pouvait avoir de bonnes raisons pour contrôler les propos de ses membres.

On ne veut pas, par exemple, que les infirmières diffusent de la mauvaise information sur le plan sanitaire ou minent la confiance du réseau de la santé sans raison valable, note-t-il.

Avec les informations de David Shield et de Bonnie Allen, de CBC

Saskatchewan

Procès et poursuites