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La baisse du stock de harengs inquiète les pêcheurs

Le pêcheur debout sur son bateau amarré à un quai.

Marc Paulin fait parfois de longues sorties en mer sans réussir à prendre du hareng.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Radio-Canada

Des pêcheurs de hareng au Nouveau-Brunswick s'inquiètent pour l'avenir de la ressource, dont la biomasse est en constante diminution ces dernières années.

Ce n'est plus de la pêche au hareng, c'est que là on pourchasse le hareng, indique le pêcheur de homard et de flétan Marc Paulin, qui pêche aussi le hareng depuis 31 ans.

Il constate que le hareng est beaucoup moins présent qu'auparavant dans le golfe du Saint-Laurent.

Je ne sais pas si c'est parce qu’avec les années, les changements climatiques, le hareng a changé de place, mais si on se compare avec une quinzaine d'années passées, le stock est en déclin, affirme Marc Paulin, pêcheur de Sainte-Marie-Saint-Raphaël.

La rareté de la ressource oblige les pêcheurs à faire de plus longues sorties en mer et elles ne sont parfois pas très rentables.

J'ai fait 100 milles en bateau. J'ai fait la côte gaspésienne au complet. J'ai été dans le bout de Miscou et je suis rentré, puis je n'ai rien pris là, déplore M. Paulin.

La raison pourquoi je pêche le hareng cette année, c'est parce que le prix est bon. On a un prix record, ajoute-t-il.

Il s'agit de 110 $ le baril.

Plusieurs causes possibles

Différents facteurs seraient responsables de la diminution de la ressource, selon un scientifique de Pêches et Océans Canada, François Turcotte.

François Turcotte sur un bateau en mer

Plusieurs espèces qui se nourrissent de harengs entrent aussi dans l'équation, explique le biologiste François Turcotte.

Photo : Gracieuseté

Il mentionne l'effort de pêche, la température de l'eau, la nourriture du hareng qui se fait plus rare et les prédateurs.

Par exemple, les oiseaux marins, les baleines, une panoplie d'autres espèces de poissons, le thon rouge, les phoques s'alimentent sur le hareng. Donc, on travaille présentement à estimer l'impact de la prédation sur les populations de harengs du golfe aussi, explique M. Turcotte.

À la recherche de solutions

Entre-temps, il faut trouver des solutions à court terme. Il y a plusieurs pêcheurs qui me disent qu’on devrait peut-être débuter seulement au début septembre, fait entendre un organisateur à l’Union des pêcheurs des Maritimes, Emmanuel Moyen.

Décaler quelque peu la saison de pêche pour permettre aux femelles de frayer est l'une des solutions proposées.

Il faut comprendre que le hareng, on le pêche surtout pour la rave. Si on compare avec une autre espèce comme le homard, ce qu'on a fait pour sauver la ressource, on a augmenté la production d'oeufs. Ça fait qu’à court terme, on pourrait envisager d'avoir des actions comme celle-là, explique M. Moyen.

Emmanuel Moyen devant un port de pêche

Toute l'industrie doit se concerter avec ses partenaires pour trouver une solution au déclin du hareng, recommande Emmanuel Moyen, organisateur de l'Union des pêcheurs des Maritimes.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

À plus long terme, Emmanuel Moyen croit aussi qu'il faudra réunir les acteurs de l'industrie pour se pencher sur le phénomène et trouver des solutions.

Ça nous prend de la science des gens qui ont vécu ces situations-là qui viennent d'ailleurs. Peut-être probablement un gros forum pour vraiment comprendre ce qui se passe, estime-t-il.

Les pêcheurs réclament aussi des investissements gouvernementaux dans la recherche avant qu'il soit trop tard. Ils ont encore en mémoire l'effondrement de l'industrie de la pêche à la morue.

Le quota de hareng accordé aux pêcheurs des Maritimes et de la Gaspésie est passé d'environ 65 000 tonnes en 2004 à 22 500 tonnes cette année. La saison 2019 s’est déroulée du 19 août au 11 septembre.

Un reportage de François Vigneault

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Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches