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La grève chez GM pourrait se prolonger puisque l'impasse demeure avec le syndicat

Une affiche du syndicat sur laquelle il est écrit «En grève» devant un bâtiment de General Motors.

Le syndicat affirme ne s'être entendu avec l'employeur que sur 2% des éléments à négocier pour la nouvelle convention collective.

Photo : Getty Images / Ron Jenkins

Agence France-Presse

Près de 50 000 salariés américains de General Motors (GM) étaient en grève lundi, un mouvement social d'une ampleur exceptionnelle qui pourrait durer en raison de l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations salariales avec le groupe automobile.

La grève va probablement durer car nous ne sommes tombés d'accord que sur 2 % des dispositions du nouvel accord et il reste encore à s'entendre sur 98 %, a déclaré à l'AFP Brian Rothenberg, le porte-parole du puissant syndicat automobile américain UAW. Ce syndicat a reçu le mandat de ses membres pour lancer ce mouvement social, le premier chez GM depuis 2007.

La production de voitures du géant de Detroit, renfloué avec l'argent public après sa faillite historique de 2009, était interrompue lundi aux États-Unis, a dit M. Rothenberg, ce qui pourrait se traduire par des ruptures de stock chez les concessionnaires.

T-shirt rouge, pancartes à la main, des salariés manifestaient, dans le calme, devant les entrées des sites GM, répartis dans 10 États, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des travailleurs brandissent des pancartes sur le bord d'une route.

Des travailleurs de General Motors manifestaient lundi devant une usine d'assemblage au Missouri.

Photo : Getty Images / Michael B. Thomas

Nous sommes préparés à ce que cette grève dure le temps qu'il faudra pour avoir un contrat juste, a dit à l'AFP un salarié devant l'usine GM de Detroit Hamtramck, en petite banlieue de Detroit.

Les discussions entre GM et l'UAW ont repris lundi et devaient se poursuivre mardi, a confié en fin de journée M. Rothenberg.

Un écho politique

Environ 46 000 salariés de GM travaillant dans 31 usines étaient en grève, surveillée de près par la classe politique à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle au cours de laquelle les emplois industriels seront un des grands enjeux.

Je ne veux pas que GM construise des usines en Chine, dans d'autres pays [...] GM réalise la majorité de ses bénéfices aux États-Unis, a déclaré le président, Donald Trump, disant espérer que la grève soit de courte durée.

Son de cloche identique chez les candidats à l'investiture démocrate : un emploi c'est davantage qu'une fiche de paie. C'est de la dignité et du respect, a réagi l'ancien vice-président Joe Biden, tandis que le sénateur Bernie Sanders a appelé GM à mettre fin à la cupidité.

GM et l'UAW discutent depuis juillet sur un nouveau contrat de travail pour les prochaines années. Celui-ci est censé remplacer le précédent qui a expiré le 14 septembre et servira de base aux négociations chez Ford et Fiat Chrysler.

Ces discussions sont au point mort, tant le fossé reste grand entre les revendications des syndicats et les propositions de la direction sur les salaires, les prestations de soins de santé, le statut des travailleurs temporaires et la sécurité de l'emploi.

L'UAW demande également à GM de réactiver quatre usines mises à l'arrêt. Un de ces sites se trouve à Lordstown dans l'Ohio, un des États industriels, avec le Michigan, déterminants pour l'issue de la présidentielle de 2020.

Au nom de l'Amérique d'abord, M. Trump a promis de maintenir, voire d'augmenter, les emplois industriels dans ces États particulièrement affectés par les délocalisations et une main-d'œuvre moins chère au Mexique.

S'il n'est plus ce qu'il a été dans les années 1970 et 1980, le secteur automobile américain demeure toutefois un gros pourvoyeur d'emplois industriels et le poumon économique de certains États.

GM affirme négocier « de bonne foi »

Selon le lobby Alliance of Auto Manufacturers, l'industrie automobile soutient 9,9 millions d'emplois directs et indirects aux États-Unis et compte pour environ 3 % du produit intérieur brut (PIB).

Nous avons présenté une offre solide pour améliorer les salaires et les avantages ainsi qu'accroître les emplois américains de façon substantielle, a déclaré à l'AFP un porte-parole de GM. Nous négocions de bonne foi, a-t-il ajouté.

GM affirme avoir offert plus de 7 milliards de dollars de nouveaux investissements dans des usines américaines, proposé de créer 5400 emplois supplémentaires et d'augmenter les salaires et autres avantages sociaux.

L'an dernier, le groupe dirigé par Mary Barra a dégagé un bénéfice net de 8,01 milliards de dollars, mais est confronté depuis, comme l'ensemble du secteur, au ralentissement mondial des ventes de véhicules neufs et à la guerre commerciale.

Cette grève risque de lui coûter jusqu'à 100 millions de dollars par jour, mais son coût pourrait s'alourdir si elle se prolongeait, estime Arthur Wheaton, enseignant à l'Université Cornell.

L'action GM a chuté de 4,25 % à Wall Street.

Quant aux salariés, ils perdent instantanément de l'argent, assure M. Wheaton.

Cette grève est aussi une épreuve cruciale pour l'UAW, en proie à une érosion de ses membres et secoué par un scandale de pots-de-vin. En juin, le syndicat a échoué à ouvrir une section au sein d'une usine Volkswagen dans le Tennessee.

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