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Des efforts pour implanter le quinoa dans l’Est-du-Québec

Le quinoa est une culture émergente dans la province.

Photo : Radio-Canada / Adrianne Gauvin-Sasseville

Miriane Demers-Lemay

Un agriculteur de la Matapédia s'est lancé dans la production de quinoa, une plante originaire d'Amérique du Sud qui est maintenant cultivée dans l'Est, malgré les nombreux défis pour adapter la culture aux conditions de la région.

Les épis roses de quinoa contrastent avec les teintes de jaune et de vert du champ. La première récolte de la plante aura lieu cette semaine à Sainte-Florence, au Bas-Saint-Laurent.

Le quinoa, on le surveillait depuis quelques années et on a réussi à trouver une variété qu’on trouvait moyennement adaptée pour la vallée de la Matapédia, explique Firmin Paquet, producteur à la ferme céréalière Paquet.

Plant de quinoa en septembre

La culture du quinoa, une plante originaire d’Amérique du Sud, gagne du terrain au Québec.

Photo : Radio-Canada / Adrianne Gauvin-Sasseville

Cette année on voit que le résultat est quand même bon, ajoute M. Paquet, qui se dit satisfait de ce premier essai de culture de quinoa biologique.

L’agriculteur est épaulé par une équipe d’experts du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), qui mène un projet-pilote pour implanter la culture du quinoa dans la province depuis 2013.

Le climat plus froid de l'Est-du-Québec représenterait d’ailleurs un avantage, car le quinoa est sensible à la chaleur.

Pourquoi on cultive le quinoa au Québec, c'est d'abord avant tout pour les valeurs nutritives, explique Ayitre Akpakouma, conseiller régional en grandes cultures à la direction régionale du Bas-Saint-Laurent du MAPAQ.

Autre chose, le marché est en croissance, il y a beaucoup de demandes au niveau du quinoa, particulièrement local.

Un producteur marche dans un champ de quinoa.

La ferme céréalière Paquet est le plus important producteur de quinoa dans l'est de la province.

Photo : Radio-Canada / Adrianne Gauvin-Sasseville

La valeur marchande du quinoa intéresse les producteurs comme Firmin Paquet, qui explique que la tonne de quinoa est évaluée à 1400 $.

De nombreux défis

Toutefois, les défis pour cultiver la plante à grande échelle dans la province sont encore nombreux.

C’est une culture émergente qui a beaucoup de risques, alors il faut trouver une façon d’accompagner les producteurs avec les équipements qu’ils ont, explique Ayitre Akpakouma. Dans nos régions périphériques, où l'on est confronté avec des conditions bioclimatiques difficiles, il faut trouver des cultures alternatives intéressantes pour que ce soit rentable pour les producteurs.

La variété qui pousse sur les terres du Bas-Saint-Laurent comporte, par exemple, dix fois plus de saponine – qui donne un goût amer à la plante – que les variétés vendues sur le marché, selon l’expert.

Les insectes et les mauvaises herbes peuvent aussi avoir un impact négatif sur les cultures, qui doivent être récoltées plus tôt en saison pour atténuer les dommages. Par conséquent, les producteurs doivent se hâter pour sécher les grains sensibles à l’humidité avec l’équipement nécessaire.

L’accès aux semences est également un défi pour les producteurs comme Firmin Paquet.

Les semences sont encore assez rares puisqu’il n’y a pas beaucoup de production. Il faut les faire venir de l’Ouest canadien et des États-Unis, explique ce dernier. On est passé par un producteur qui en fait un peu du côté de La Malbaie. C’est une variété un peu moins haute, avec une centaine de jours de maturité qui est vraiment très bien adaptée, dit M. Paquet, qui affirme aussi apprécier la couleur de cette variété qui se remarque dans le paysage.

Des producteurs devant des silos agricoles.

Des producteurs de Sainte-Florence cultivent du quinoa biologique sur un hectare de leurs champs.

Photo : Radio-Canada / Adrianne Gauvin-Sasseville

Avant de se retrouver sur le marché, la plante doit maintenant passer les étapes sensibles de la récolte. L’agriculteur souhaite tout de même miser sur ce créneau, et espère doubler la superficie de sa production dès l’an prochain.

De son côté, les équipes du MAPAQ tentent d’encourager d’autres agriculteurs à se lancer dans la production de cette plante en demande constante sur les marchés.

D’après un reportage d’Adrianne Gauvin-Sasseville

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