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À partir de minuit, 49 000 employés américains de General Motors entrent en grève

Un travailleur tient dans ses mains un grand drapeau du syndicat United Auto Workers

Les négociations ont achoppé, entre autres, sur la question des salaires, de la situation des travailleurs temporaires et des régimes d'assurance collective.

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Radio-Canada

Le syndicat United Auto Workers (UAW) a annoncé que les quelque 49 000 travailleurs des usines de General Motors aux États-Unis déclencheront dimanche soir, juste avant minuit, une grève à la suite de l'échec des dernières négociations pour une nouvelle convention collective.

En fin de soirée, le syndicat a rapporté que les pourparlers avec la partie patronale doivent reprendre lundi matin, dès 10 h. Les employés maintiennent toutefois leur menace de grève.

Réunis à Detroit dimanche matin, environ 200 dirigeants syndicaux locaux ont voté à l'unanimité en faveur d'un débrayage lors d'une réunion.

Syndicat et patronat n’ont pas réussi à s’entendre sur une nouvelle convention collective, alors que l'actuelle est échue depuis samedi soir.

Les dirigeants syndicaux ont déclaré que les parties étaient toujours éloignées sur plusieurs questions majeures. Ils n'ont pas été convaincus par une offre patronale de fabriquer des nouveaux modèles dans deux des quatre usines qu'elle prévoyait fermer, a indiqué une source bien informée.

Nous nous sommes tenus avec GM quand l’entreprise avait besoin de nous. Maintenant, nous nous rassemblons en solidarité avec nos membres, leurs familles et les communautés dans lesquelles nous vivons et travaillons.

Terry Dittes, vice-président de l'UAW

Il est encore possible que les négociateurs reviennent à la table des négociations et concluent un accord, mais le porte-parole du syndicat, Brian Rothenberg, a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il serait peu probable qu'on puisse s'entendre sur autant de litiges avant 23 h 59.

Un virage électrique

GM avait proposé vendredi de construire une nouvelle camionnette 100 % électrique dans une usine de Detroit qui devrait fermer ses portes l'année prochaine. Le constructeur a également proposé d'ouvrir une usine de batteries de véhicules électriques à Lordstown, dans l'Ohio, où il possède déjà des installations qui ne fabriquent plus de voitures.

La nouvelle usine viendrait s'ajouter à la proposition de fabriquer des véhicules électriques pour une société appelée Workhorse, a précisé une source.

On ignore combien de travailleurs les deux usines emploieraient. Les fermetures, en particulier celle de l'usine de l'Ohio, pourraient représenter un enjeu à l'occasion de la campagne présidentielle de 2020. Le président Donald Trump a souvent condamné les mesures de la compagnie et réclamé la réouverture de l'usine de Lordstown.

Dimanche soir, le président a d'ailleurs exhorté les deux parties à s'entendre. « Réunissez-vous et trouvez un accord! » a-t-il écrit sur Twitter.

Du côté de l’employeur, on déplore la décision du syndicat, indiquant avoir négocié « de bonne foi et avec un sentiment d’urgence ». Les propositions de GM comprennent notamment des investissements de sept milliards de dollars américains et l’ajout de 5400 emplois à travers les États-Unis.

Nous avons dit à nos membres que nous allions nous tenir debout pour eux et pour leur futur, a indiqué le président de UAW, Gary Jones.

L’avenir de Gary Jones à la tête du syndicat ne tiendrait d’ailleurs qu’à un cheveu, selon des informations rapportées par The Detroit News. Impliqué dans un scandale de détournement de l’argent des cotisations syndicales, Gary Jones a survécu à un putsch visant à le démettre de ses fonctions lors d’une réunion de l’exécutif syndical vendredi dernier.

GM Canada « surveille la situation »

Les usines canadiennes de GM ne sont pas concernées par le déclenchement de la grève aux États-Unis, mais comme ces usines font partie d’une chaîne d’approvisionnement intégrée nord-américaine, GM Canada va surveiller la situation pour évaluer les conséquences sur les activités canadiennes de l’entreprise.

Unifor, qui représente les travailleurs canadiens, a toutefois annoncé soutenir les efforts de négociation du syndicat américain pour obtenir un contrat de travail « juste ».

Les conventions collectives entre Unifor et GM Canada expireront en septembre 2020 et en septembre 2021. Les négociations entre les deux parties commenceront l’année prochaine.

Avec les informations de Reuters, CBC, et Associated Press

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