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Le Bloc mise sur une « péréquation verte » pour récompenser les efforts des provinces

Yves-François Blanchet s'adresse à ses militants. Derrière lui, se trouvent tous les candidats bloquistes.

Le chef du Bloc québécois a salué le travail de ses militants, grâce à qui « l’idée de faire un pays et de servir la nation québécoise se porte fièrement ».

Photo : Radio-Canada

Valérie Boisclair

« Taxer les pollueurs et rétribuer les bons joueurs » : c’est ce que propose le Bloc québécois avec sa « péréquation verte », qui obligerait Ottawa à redonner aux provinces contribuant à la lutte contre les changements climatiques.

Décrit comme une « bourse d’excellence », ce modèle permettrait d’alléger le fardeau fiscal des provinces où les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant sont inférieures à la moyenne, détaille le parti dans sa plateforme électorale, dévoilée dimanche à l’occasion du lancement de sa campagne.

Le concept? Récompenser les provinces qui en ont fait le plus, plutôt que de venir à la rescousse de celles « laissées en plan par la manne pétrolière ».

Selon la proposition du Bloc, la tarification du carbone devrait être imposée dans les provinces où les émissions de GES par habitant sont plus élevées que la moyenne.

Pour chaque dollar perçu grâce à la taxe carbone, le gouvernement fédéral devrait couper 90 cents au chèque de péréquation, indique le Bloc. Plus les émissions seront basses, plus le chèque sera élevé, résume-t-on.

Au Canada, la tarification du carbone mise en place par les libéraux, qui a été contestée par certaines provinces devant la Cour suprême, fixe un plafond d'émissions de GES pour les grands pollueurs. S'ils dépassent ledit plafond, ils doivent alors délier les cordons de leur bourse, le prix étant fixé par tonne de GES.

La « péréquation verte » devrait se traduire par une réduction des impôts sur le revenu des ménages, au Québec comme dans le reste du Canada, évalue le Bloc, qui n'a pas dévoilé en détails les coûts engendrés par cette mesure.

Le parti entend aussi déposer un projet de loi pour contraindre le Canada à atteindre les cibles fixées par l’Accord de Paris, en établissant des objectifs de réduction de GES qui seront révisés tous les quatre ans.

Bien avant le lancement de sa campagne, le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, avait déjà fait part de ses intentions en matière d'environnement. Le parti compte s'opposer à l'ingérence du fédéral dans les projets énergétiques, citant en exemple l'oléoduc Énergie Est, et plaide pour la « souveraineté environnementale ».

Pour joindre le geste à la parole, le Bloc a décidé qu’il versera 94 $ par 1000 km parcourus sur les routes tout au long de la campagne au projet Carbone boréal, une initiative de l’Université du Québec à Chicoutimi. Ces sommes serviront à la plantation d'arbres dans certaines zones de la forêt boréale qui peinent à se régénérer d'elles-mêmes.

Des gens se prennent en photo devant l'autobus de campagne du Bloc québécois.

Le Bloc québécois a décidé de réduire son empreinte écologique en se déplaçant à bord d'un autobus carboneutre.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Les libéraux, les conservateurs et leurs « amis »

Le Bloc québécois a lancé dimanche sa campagne à Boucherville, dans la circonscription Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, fief bloquiste représenté aux Communes par Xavier Barsalou-Duval.

À l’image du slogan de son parti – « Le Québec, c’est nous » – Yves-François Blanchet entend rappeler aux Québécois que la seule façon qu’ils ont de s’affirmer, que ce soit en matière d’environnement comme de laïcité, passe par la balance du pouvoir à Ottawa.

Le chef du Bloc a tiré à boulets rouges sur le premier ministre sortant lors d'un discours devant ses militants. Justin Trudeau a laissé derrière lui « quatre ans de régime méprisant [et] colonisateur », a-t-il déclaré.

Mais les conservateurs n’étaient pas en reste : si le chef du Bloc a dénoncé « les amis juges » des libéraux, il en a fait de même pour les « amis lobbyistes » d’Andrew Scheer. La droite religieuse et anti-avortement, je m’en fous. Je la laisse aux conservateurs, et avec eux, leur argent, a-t-il lancé.

Fort de ses 77 candidats, dont 63 n'ont jamais siégé dans un Parlement, le chef du Bloc a salué le travail de ses militants, grâce à qui « l’idée de faire un pays et de servir la nation québécoise se porte fièrement ».

Notre dossier Élections Canada 2019

Un CRTC québécois

S'adressant aux journalistes – Je vais me battre pour que vous soyez indépendants et libres – Yves-François Blanchet a rappelé sa promesse de la veille de s'attaquer à la fiscalité des géants du web, « pour restaurer un équilibre sain entre le commerce et la création de contenus ».

L'entente que le gouvernement Trudeau a négociée avec Netflix avait suscité une levée de boucliers, particulièrement au Québec. En plus de délaisser l'idée d'imposer une taxe, la ministre Mélanie Joly, qui pilotait le dossier, n'avait pas réussi à fixer des exigences quant à la proportion de contenu original francophone produit par Netflix.

C’est une affaire de courage. Au Bloc, du courage, on en a. Chez les libéraux, moins.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Selon le Bloc québécois, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) « sert mal les Québécois ». Il demande en ce sens que la réglementation des télécommunications et de la radiodiffusion soit désormais entre les mains du Québec, afin qu'elle corresponde aux besoins et aux spécificités de la province.

À la rescousse des producteurs

Le Bloc, qui comptait 10 députés à la dissolution de la Chambre des communes, a affirmé sa volonté de s’attaquer aux brèches dans la gestion de l’offre – un dossier où Justin Trudeau « a plié », selon M. Blanchet. C’est une prise d’otage pour nos régions et c’est un échec canadien, a-t-il déploré.

Nos producteurs se sont fait sacrifier dans trois accords de libre-échange consécutifs  : avec l’Europe, avec la zone Pacifique et avec l’Amérique du Nord, affirme le parti dans sa plateforme.

En vertu du projet de loi que compte déposer le parti, la Loi sur le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement serait modifiée afin d’empêcher le fédéral de fixer les termes d’un accord commercial « qui aurait pour effet d’affaiblir le système de gestion de l’offre ».

Défenseurs de la loi 21

Sujet controversé s’il en est un, la loi québécoise sur la laïcité s’est invitée dès le premier jour de la campagne électorale. Dès le lendemain, tous les candidats confirmés du Bloc se positionnaient en défenseurs de la laïcité de l’État. Au Bloc, on est dans une zone de confort avec la loi 21, avait déclaré son chef.

« Nos choix en matière de vivre-ensemble nous appartiennent et Ottawa n’a pas à prendre notre argent pour contester directement ou indirectement cette loi appuyée par une large majorité de Québécois », indique le parti dans sa plateforme.

À l’instar du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert, le Bloc québécois, qui se dit « l’allié des Premiers Peuples », estime que le Canada devrait mettre en oeuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

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