•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La crise du logement s'invite dans la campagne électorale fédérale

Des manifestants tiennent une banderole sur laquelle on peut lire «Faut plus de dollars du fédéral pour le logement social».

L'événement a réuni environ 200 personnes qui ont rejoint le bassin Peel après s'être regroupées sur la place du Canada.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Delphine Jung

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) demande à ce que les partis en lice dans la campagne fédérale s’engagent à faire construire des logements sociaux au bassin Peel, plutôt qu’un stade de baseball.

L’organisme, avec le Regroupement Information Logement (RIL) de Pointe-Saint-Charles, Action-Gardien et la Corporation de développement communautaire (CDC), organisait un rassemblement en ce sens dimanche après-midi, à 14 h, sur la place du Canada, à Montréal.

Quelque 200 personnes ont participé à l'événement, qui a été suivi d'une marche jusqu'au bassin Peel, dans le quartier de Pointe-Saint-Charles.

Les militants ont brandi des dizaines de pancartes réclamant une véritable politique de logement social et scandé des slogans tels que « Les partis doivent s'engager à aider les mal-logés », ou encore « Sur les terrains du fédéral, on veut du logement social. »

Pour le FRAPRU, le secteur de Pointe-Saint-Charles fait face à un embourgeoisement qui étouffe les ménages au plus faible revenu. L’utilisation du bassin Peel, un terrain fédéral, pour la construction d’un stade de baseball, ne ferait qu’empirer la situation.

Un peu plus tôt cette année, Stephen Bronfman et le promoteur immobilier Devimco annonçaient leur intention d’acquérir cet immense terrain pour y développer un énorme projet immobilier qui inclura le nouveau stade de baseball.

« Les conditions de logement des locataires à faible revenu […] risquent de se détériorer », explique l’organisme par communiqué.

D'autant plus que pour Sébastien Laliberté, porte-parole du Regroupement Information Logement de Pointe-Saint-Charles, le projet de M. Bronfman et de Devimco ne correspond pas du tout aux besoins des résidents.

Outre le logement social, ce qu'on voudrait avoir, c'est une maison de la culture, une bibliothèque, une école secondaire, des infrastructures collectives qui répondent aux aspirations du quartier.

Sébastien Laliberté, porte-parole du Regroupement Information Logement de Pointe-Saint-Charles
Un homme qui tient un haut-parleur en main.

Le FRAPRU a commencé sa marche à la place du Canada pour la terminer au bassin Peel.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Les terrains publics restants doivent servir à répondre aux besoins des ménages et non être au service d’un développement immobilier qui profite avant tout aux entrepreneurs, dit encore Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.

La militante rappelle que le bassin Peel est un terrain public fédéral qui appartient à la société immobilière du Canada.

La fameuse stratégie sur le logement adoptée sous le gouvernement Trudeau prévoit noir sur blanc que les terrains publics fédéraux jugés excédentaires seront réservés pour faciliter le développement de logements sociaux ou abordables.

Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU

Le regroupement demande aux partis politiques fédéraux de s'engager à investir au moins 2 milliards de dollars par an dans la réalisation de nouveaux logements sociaux et pour l'entretien de ceux qui existent déjà.

Des militants qui tiennent des affiches.

Les résidents de Pointe-Saint-Charles estiment que le projet de création d'un stade de baseball, d'un hôtel et de milliers de condos au bassin Peel ne correspond pas à leurs besoins.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Ottawa doit garantir à long terme l'accessibilité financière de ces logements sociaux, tant pour les ménages pauvres qui y habitent déjà que pour ceux qui en auront besoin dans l'avenir, conclut Mme Laflamme.

Des partis fédéraux contactés par Radio-Canada, seul le Nouveau parti démocratique (NPD) a répondu à nos sollicitations au moment où ces lignes ont été écrites.

Nous n’avons pas pris de position sur ce projet, mais considérant la crise du logement, il serait beaucoup plus approprié d’utiliser ces terrains pour des logements sociaux et abordables. Un gouvernement néo-démocrate créera 500 000 logements sociaux et abordables de qualité au cours des dix prochaines années, dont la moitié en cinq ans, a indiqué le NPD.

Immobilier

Économie