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Nouvelles scènes de violence à Hong Kong

Un homme masqué tient une bouteille de plastique en feu.

Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov dimanche lors d'un rassemblement prodémocratie à Hong Kong.

Photo : Getty Images / Chris McGrath

Agence France-Presse

De nouvelles scènes de violence ont émaillé des manifestations interdites à Hong Kong dimanche soir, la police ayant recours aux gaz lacrymogènes et canons à eau contre des militants prodémocratie qui jetaient des pierres et des cocktails Molotov.

Des dizaines de milliers de personnes avaient bravé cet interdit pour descendre à nouveau dans les rues et prendre d'assaut les artères allant de Causeway Bay à Central, les quartiers du centre de l'île de Hong Kong.

Et, dans un spectacle devenu très courant en plus de trois mois de contestation, le rassemblement a dégénéré en violences entre policiers et groupuscules radicaux qui tentaient de s'en prendre au complexe abritant le siège de l'exécutif.

Les forces de l'ordre ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes et les canons à eau ont projeté leur liquide coloré en bleu sur les manifestants qui avaient lancé des pierres et des cocktails Molotov par-dessus les barrières érigées autour du complexe gouvernemental.

La police antiémeute de Hong Kong a utilisé des canons à gaz et à eau le 15 septembre contre des manifestants prodémocratie qui lançaient des pierres et des bombes à essence.

La police antiémeute de Hong Kong a fait usage de canons à eau dimanche.

Photo : Getty Images / NICOLAS ASFOURI

Des images des télévisions locales ont montré des manifestants qui déchiraient et brûlaient une banderole célébrant le prochain 70e anniversaire de la fondation de la Chine communiste, incendiant également un drapeau chinois.

Avant de battre en retraite devant les policiers antiémeute, certains manifestants avaient monté des barricades, allumé des feux et vandalisé des stations de métro, évitant toutefois l'affrontement direct.

Ces incidents mettent un terme à quelques jours de trêve relative entre policiers et manifestants.

Des projets de manifestations ou de grèves pour les semaines à venir pullulent en ligne, à l'approche de deux anniversaires clefs : le 28 septembre, pour marquer les cinq ans du début du « Mouvement des parapluies » de 2014, et le 1er octobre, pour le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.

L'ancienne colonie britannique traverse depuis précisément 99 jours sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions et manifestations quasi quotidiennes pour demander des réformes démocratiques ou dénoncer une riposte policière jugée brutale par les contestataires.

Londres interpellé

Cette mobilisation est un défi sans précédent pour le gouvernement central chinois et pour l'exécutif hongkongais.

Conformément à la Déclaration sino-britannique de 1984 qui avait présidé à la rétrocession, Hong Kong est une région semi-autonome dirigée sous le principe « Un pays, deux systèmes », et jouit à ce titre de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce, jusqu'en 2047.

Mais les militants prodémocratie accusent Pékin de s'asseoir sur ses promesses en augmentant son emprise politique sur le petit territoire et en refusant de lui accorder un véritable suffrage universel.

Avant que le centre-ville ne replonge en fin de journée dans le chaos, des manifestants s'étaient rassemblés aux abords du consulat du Royaume-Uni pour demander à Londres d'en faire davantage pour protéger les habitants de son ancienne colonie.

Un homme se tient droit devant une trombe d'eau, des manifestants tiennent des parapluies autour de lui.

La police a fait usage de canons à eau pour disperser les manifestants réunis à Hong Kong dimanche.

Photo : AFP/Getty Images / ISAAC LAWRENCE

Des centaines de personnes ont chanté l'hymne britannique en brandissant l'« Union Jack » ainsi que la bannière de l'ancienne colonie hongkongaise.

« La Déclaration commune sino-britannique est NULLE », pouvait-on lire sur une pancarte.

De nombreux manifestants demandaient la possibilité d'obtenir la nationalité britannique ou d'un autre pays du Commonwealth.

Environ 130 parlementaires britanniques ont signé cette semaine une lettre ouverte appelant le Royaume-Uni et les pays du Commonwealth à accueillir les Hongkongais qui souhaiteraient émigrer.

Situation délicate

La crise est née en juin du rejet d'un projet de loi hongkongais, désormais enterré, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Pékin a plusieurs fois accusé cette mobilisation d'être en fait financée par des capitaux étrangers, en montrant du doigt le Royaume-Uni et les États-Unis, mais sans étayer ses dires.

Le Royaume-Uni est de son côté sur la corde raide. Il a à cœur de préserver sa relation avec la puissance économique qu'est la Chine, en particulier dans le contexte très incertain du Brexit.

Mais il a également fait part de ses préoccupations quant à l'évolution récente de son ex-colonie, en expliquant avoir l'obligation de veiller au respect de la Déclaration sino-britannique.

« La Déclaration commune est un traité légalement contraignant entre la Grande-Bretagne et la Chine, qui est aussi contraignant aujourd'hui que quand il a été signé et ratifié il y a plus de 30 ans », avait observé en juin une porte-parole du Foreign Office.

Les manifestants hongkongais ont ces derniers temps intensifié leurs efforts pour sensibiliser la communauté internationale.

Figure du « Mouvement des parapluies », Joshua Wong est actuellement aux États-Unis où il a appelé le président Donald Trump à inclure une clause sur les droits de la personne dans ses négociations commerciales avec la Chine. Il a rencontré il y a quelques jours le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

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