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Les maraîchers doivent s’adapter au gel précoce au Bas-Saint-Laurent

Au Maraîcher des terres, à Saint-Donat-de-Rimouski, on mise sur les serres pour prolonger la saison.

Photo : Radio-Canada

Miriane Demers-Lemay

Du gel au sol la nuit, des températures sous les normales de saison : les maraîchers du Bas-Saint-Laurent doivent s’adapter aux conditions météorologiques qui pourraient de nouveau compromettre leurs récoltes cette année.

L’an dernier, la ferme La Fourche du troll à Saint-Octave-de-Métis a perdu 2000 citrouilles en raison du gel, soit 20 % de sa production.

Avec huit épisodes de gel pendant le mois de septembre 2018, il s’agissait de la pire récolte de la ferme en 16 ans, selon le propriétaire Jean-Marc Gougeon, qui met les bouchées doubles cet automne pour éviter de reproduire le même scénario.

Le producteur, qui a déjà observé de nombreuses pertes dans ses champs cette année, accuse un surplus de travail en raison de la température.

Des citrouilles dans un champ

Le gel pourrait de nouveau compromettre la récolte de citrouilles à la ferme La Fourche du troll, à Saint-Octave-de-Métis.

Photo : Radio-Canada

Un gel, à ce temps-ci de l'année, c'est destructeur, explique-t-il. Il y a des endroits où on avait des morceaux de glace de près d’un pouce d'épais, donc ça endommage nos choses.

On le sait qu'on est dans une région froide, je ne suis pas scientifique, je n’ai pas d'explication, mais il y a définitivement beaucoup plus de froid et de gel maintenant en septembre, ici, observe Jean-Marc Gougeon.

Jean-Marc Gougeon, propriétaire de La fourche du Troll

Jean-Marc Gougeon, propriétaire de La Fourche du troll, accuse des pertes dans ses récoltes lors des périodes de gel précoce.

Photo : Radio-Canada

Comme à La Fourche du troll, d’autres producteurs maraîchers de la région tentent de trouver des solutions pour s’adapter aux températures froides du mois de septembre.

À Saint-Donat-de-Rimouski, le propriétaire du Maraîcher des terres investit dans des serres pour pallier ce problème.

En trois ans, je suis parti d’une serre de 36 pieds à cinq serres, calcule Simon Côté, le propriétaire du Maraîcher des terres. Pour moi, c'est une solution parce que ma saison arrête tôt. Je m'équipe en serres de plus en plus parce qu'à l'intérieur, on n'a pas ce problème-là, on a de la chaleur.

Tomate verte dans une serre

Les serres permettent de prolonger la saison des cultures au Maraîcher des terres.

Photo : Radio-Canada

De son côté, Jean-Marc Gougeon croit que des investissements dans les infrastructures pourraient aider, tout comme davantage de soutien aux champs, qui pourrait prendre la forme d'un coup de main de la part des consommateurs ou d'un partage de la main-d'œuvre entre les producteurs de la région.

Si on veut que les producteurs demeurent debout et vivants, ça va prendre de l'aide.

Jean-Marc Gougeon, producteur maraîcher

Il va falloir investir là-dedans pour pouvoir prolonger notre saison, parce que là on se dit toujours, cette année ce n'est pas la bonne année, dit-il. L'année prochaine, ça va être la bonne. Mais depuis une couple d'années, ce n'est jamais la bonne. Tout le monde un moment donné devient un peu plus découragé, c'est difficile.

La température des deux premières semaines de septembre ont été de 2 à 3 ⁰C sous les normales de saison, selon Simon Legault, météorologue pour Environnement et Changements climatiques Canada, qui ajoute que des températures froides sont aussi attendues pour les deux dernières semaines du mois dans la région.

Selon un reportage de Maya Arseneau

Bas-Saint-Laurent

Agriculture