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L'affaire Cameron Ortis surveillée par les alliés du renseignement canadien

Badge de la GRC

Cameron Ortis est un haut responsable de la GRC accusé d'avoir volé des documents sensibles.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les membres de l’organisation Five Eyes qui regroupe les services de renseignements de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, des États-Unis et du Royaume-Uni s’interrogent sur le type d’information auxquelles Cameron Ortis a eu accès. Cet ancien haut responsable du renseignement à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a été accusé entre autres de vols de documents sensibles.

Des sources diplomatiques ont confié à CBC, sous couvert de l'anonymat, que l'alliance craint que Cameron Ortis ait eu accès à certains renseignements sensibles.

Cameron Ortis a été arrêté et accusé en vertu d’infractions au Code criminel et à la Loi sur la protection de l’information. Il a comparu en cour vendredi après-midi.

Il est notamment accusé de communication non autorisée, d'abus de confiance et d'utilisation non autorisée d'un ordinateur.

Plus précisément, il aurait communiqué des informations avec une entité étrangère ou un groupe terroriste.

On sait peu de chose sur les renseignements qu'il recueillait et à qui il se préparait à les transmettre, mais des sources qui connaissaient le travail de M. Ortis ont dit qu'il avait probablement eu accès aux opérations de la GRC, à des dossiers de renseignement et aux renseignements des alliés du Canada.

Un dessin de cour d'un homme blanc aux cheveux bruns.

Cameron Jay Ortis est accusé en lien avec la Loi sur la protection de l'information.

Photo : Radio-Canada / Lauren Foster-MacLeod

Selon des sources diplomatiques, les Five Eyes attendent une évaluation officielle des dommages causés par cette affaire, de la part du cabinet du ministre de la Sécurité publique. Certains membres se demandent déjà comment Cameron Ortis a réussi à accumuler des renseignements au sein de la GRC.

« Le diable est dans les détails », a déclaré l'ancienne analyste du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Jessica Davis, qui rappelle qu’une telle fuite pourrait nuire à la sécurité nationale du Canada ainsi qu’à ses alliés.

Selon certaines sources, l'alliance n'est pas sur les dents, puisque l'acte d'accusation suggère que Cameron Ortis a été arrêté avant qu'il n'ait réellement partagé l'information.

Cependant, une source gouvernementale qui a été informée de l'affaire a déclaré que les responsables canadiens sont inquiets, car l’agent de la GRC était connu comme étant « l'expert de la Chine ».

La motivation, une question clé

Ottawa tente encore de déterminer le mobile d'Ortis et à qui il devait transmettre des informations.

Puisque le travail d'Ortis était si important pour la sécurité nationale, les ministères fédéraux de l'ensemble du gouvernement évaluent les dommages internes afin d'avoir une idée des répercussions, a appris CBC.

La Loi sur la protection de l'information a été évoquée dans le cas de l'espion Jeffrey Delisle, un analyste en renseignement qui a vendu des informations à la Russie en 2013 pour 10 000 dollars américains après l’effondrement de son mariage.

De son côté, Cameron Ortis a récemment supervisé une enquête sur une affaire de blanchiment d'argent par des Russes, selon les informations du Globe and Mail, confirmées par Bill Browder, un financier d'origine américaine et militant anti-Poutine.

L'affaire concerne un stratagème de fraude fiscale de 230 millions de dollars découvert par Sergueï Magnitski, un juriste russe mort dans une prison moscovite en 2009. Il avait été engagé par M. Browder en 2005 pour retrouver les fonds volés.

Plus de 14 millions de dollars canadiens de fraudes russes auraient un lien avec le Canada, selon une source citée par le Globe and Mail.

Interrogée par le journal, la GRC s'est refusée à tout commentaire.

Avec les informations de CBC, et Globe and Mail

International