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Le ministère de l'Environnement donne le feu vert au cimetière musulman

Le terrain convoité par le Centre culturel islamique de Québec pour établir un cimetière est situé au sud de la rue Frank-Carrel, à côté du cimetière Belmont

Photo : Radio-Canada / Carl Marchand

David Rémillard

Après 20 ans d'attente et 2 ans de discussion avec le gouvernement, la communauté musulmane de Québec aura son cimetière. Le ministère de l'Environnement a finalement donné son autorisation pour l'utilisation d'un terrain vendu par la Ville de Québec en 2017.

D'abord rapportée par TVA, la nouvelle a été confirmée samedi par Boufeldja Benabdallah, co-fondateur et président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ).

Ce dernier affirme avoir reçu une lettre jeudi en provenance de la Direction régionale du ministère de l'Environnement de la Capitale-Nationale.

Il s'agit de la fin d'une très longue saga pour les membres de la communauté musulmane de Québec. Vingt ans, vingt ans, vingt ans, a-t-il répété lorsque joint par Radio-Canada. Tout le monde est soulagé.

Le travail a été long pour répondre à tous les critères de la Loi sur la qualité de l'environnement. Le Ministère exigeait plusieurs informations et éléments techniques au CCIQ.

L'un des enjeux était de protéger la nappe phréatique et donc de respecter la profondeur à laquelle les dépouilles seraient mises en terre. Il est notamment prévu de rehausser le niveau du sol.

C'est un ancrage définitif pour les gens qui veulent continuer à vivre ici jusqu'à la fin de leurs jours

Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec

Ce sont des tractations de deux ans. Deux ans à répondre au ministère. Je pense qu'on s'est conformé à la loi et on ne pouvait pas y échapper, a affirmé M. Benabdallah, qui a souligné la collaboration des fonctionnaires du début à la fin.

La prochaine étape sera de signer officiellement les papiers d'achat avec la Ville de Québec, ce que M. Benadballah espère dès cette semaine. Le CCIQ, dit-il, est prêt à lancer les travaux.

Dossier émotif

Il faut dire que la bataille n'a pas été de tout repos dans ce dossier hautement émotif par moments.

Incapable de trouver un terrain pendant de longues années, la communauté avait déniché une option à Saint-Apollinaire. Mais un référendum auquel 36 résidents avaient participé a mis fin au projet à l'été 2017.

Les gens se sentaient très blessés du fait que, même dans leur mort, des gens ne souhaitaient pas les avoir, a-t-il rappelé.

Puis en août 2017, un mois après le revers de Saint-Apollinaire, la Ville de Québec annonçait qu'elle allait vendre un terrain au Centre culturel islamique de Québec pour l'aménagement du cimetière.

Plan de l'emplacement du cimetière musulman

Le terrain de la Ville de Québec réservé pour le cimetière musulman

Photo : Radio-Canada

D’une superficie de 5 706 mètres carrés, le terrain est situé au sud de la rue Frank-Carrel, près du cimetière Belmont. Lors de l'annonce, on évaluait le prix à 270 000 dollars.

La communauté musulmane croit pouvoir y enterrer ses morts au moins pour les 50 prochaines années.

Sans ce cimetière, les familles avaient peu d'options à proximité, selon M. Benabdallah.

Outre le carré musulman aménagé à Saint-Augustin-de-Desmaures, il fallait se rendre jusqu'à Montréal pour pouvoir enterrer les défunts, soutient-il. D'autres faisaient le choix de transporter leurs défunts jusque dans leur pays d'origine.

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