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Des résidents du Mile End dénoncent la spéculation immobilière dans leur quartier

L'avenue Bernard, artère commerciale du Mile End, à Montréal, enregistre une baisse d'achalandage en raison de ses devantures laissées à l'abandon, selon des commerçants.

Photo : CBC / Kate McKenna

Delphine Jung

Plusieurs résidents du Mile End se sont retrouvés, samedi, pour manifester leur inquiétude face à la spéculation immobilière qui frappe le quartier, et particulièrement l’avenue Bernard et ses alentours. Ils réclament des mesures concrètes de la part de la Ville et du gouvernement Legault.

L’initiative est née d'un constat alarmant quant à l'hémorragie de fermetures de petits commerces indépendants, de locataires évincés, et de l'action de spéculateurs sans scrupules, peut-on lire dans le communiqué diffusé par Montréal pour tous et la Coalition commerces vie de quartier.

Une banderole affichant 80 noms de personnes expulsées de leur logement a été brandie lors de ce rassemblement, qui s'est déroulé devant le café Le dépanneur, situé entre l’avenue de l’Esplanade et la rue Jeanne-Mance. Environ 200 personnes ont répondu à l'appel.

Nous aimons notre quartier et nous demandons des mesures actives et sévères pour lutter contre la spéculation immobilière, dit Pierre Pagé, l’un des porte-parole de Montréal pour tous et de la Coalition commerces vie de quartier.

Une trentaine de personne sur l'avenue Bernard sont réunis.

Plusieurs résidents du quartier sont venus manifester leur mécontentement face à la spéculation immobilière qui entraîne éviction de locataires et déménagement de commerçants.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Pour ce propriétaire d'une résidence depuis 1987, il n’y a pas que l’avenue Bernard qui soit touchée, mais aussi les rues Masson et Saint-Denis.

M. Pagé montre du doigt les grands propriétaires, comme Shiller Lavy.

Plusieurs petits commerces suffoquent. D’autres sont obligés de déménager, dit-il. Conséquence : plusieurs locaux commerciaux affichent des vitrines vides.

Il évoque le cas du café Le cagibi, qui a dû déménager lorsque le propriétaire a voulu doubler son loyer, ou encore Le nid de la Cigogne (une boutique de vêtements) ou la boulangerie Chez de Gaulle, qui ont quant à eux fermé.

Les locataires aussi touchés

Les locataires font aussi les frais de propriétaires peu scrupuleux. Le cas de Patsy Van Roost a dernièrement été rappelé par La Presse. L'artiste louait son logement 1440 $ par mois, chauffage inclus. Le propriétaire a annoncé son nouveau prix : 3600 $ par mois, sans le chauffage, rapporte le quotidien.

Généralement, les propriétaires disent qu’un membre de leur famille va reprendre l’appartement.

Pierre Pagé

Pour Richard Ryan, conseiller de ville du district Mile End, « nous sommes rendus à un stade où le profit qu’on peut se faire avec un logement est à un point tel que les propriétaires développent des stratagèmes » et en oublient souvent le côté humain.

Une demande de commentaires transmise samedi à Shiller Lavy n'avait pas reçu de réponse au moment d'écrire ces lignes.

Pistes de solution

Parmi les mesures suggérées par le porte-parole, mentionnons un changement radical du système de taxation, une réforme de la Régie du logement pour la doter de meilleurs systèmes de contrôle ainsi que la mise en place d’une Régie des loyers commerciaux.

Il faut que l’administration actuelle accentue ses propres mesures et ses pressions sur Québec pour obtenir des revenus supplémentaires, dit M. Pagé.

Il souhaite également la mise en place d’une taxe supplémentaire pour les propriétaires étrangers qui souhaitent acquérir un logement à Montréal.

Une solution intéressante, selon M. Ryan, qui réside lui-même dans le quartier depuis 32 ans et qui a pris part au rassemblement.

Toutefois, il prévient : Il ne faut pas non plus mettre tous nos œufs dans ce panier-là. Tous les spéculateurs ne se trouvent pas à Hong Kong. Certains sont de Montréal.

Il rappelle également qu’une consultation publique sur la question des locaux vacants débutera sous peu.

« Certains évoquent une taxe à la vacance ou des permis d'inoccupation. Devrait-il y avoir un meilleur encadrement du bail? Bienvenue à tous les acteurs clés qui viendront nous proposer des choses », dit M. Ryan.

Samedi, lors du rassemblement, les organisateurs ont fait circuler une déclaration à signer. Elle sera déposée au conseil municipal le 16 septembre et au conseil d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal le lundi 7 octobre.

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