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À Hong Kong, des face-à-face entre camps adverses finissent en bagarres

Une manifestante pro-Pékin se tient, les bras en croix, devant un large drapeau chinois, et fait face à des manifestants prodémocratie masqués, avec dans le fond une foule agitant des drapeaux chinois.

Plusieurs affrontements ont éclaté samedi à Hong Kong entre militants prodémocratie et des partisans progouvernementaux, reflet de la tension grandissante entre les deux camps.

Photo : Reuters / Jorge Silva

Agence France-Presse

Plusieurs bagarres ont éclaté samedi à Hong Kong entre militants prodémocratie et des partisans progouvernementaux, reflet de la tension grandissante entre les deux camps.

Un groupe d'hommes, dont certains agitaient des drapeaux chinois et portaient des t-shirts bleus sur lesquels était écrit « J'aime la police de Hong Kong » ont attaqué des militants qui semblaient appartenir au mouvement prodémocratie, dans une galerie marchande du quartier de Fortress Hill.

De nombreuses vidéos, postées sur Internet, montrent ces hommes en train d'attaquer à coups de poing, de pied et de bâtons surmontés de grands drapeaux, un groupe de jeunes, sous les yeux des passants terrifiés. La police hongkongaise, contactée par l'AFP, n'a pas fait de commentaires.

Peu avant cette bagarre, des hommes appartenant au groupe des partisans progouvernementaux ont été filmés en train d'enlever des post-it et des messages hostiles au gouvernement sur les murs dits « de Lennon » qui se sont multipliés à travers la ville, au grand déplaisir des soutiens de Pékin.

Rapidement, des habitants se sont pressés pour couvrir à nouveau ce mur de papiers multicolores. « Cela me met en colère », a déclaré à l'AFP un manifestant prénommé Ed.

Ces murs sont une forme de soutien émotionnel, ils montrent que le mouvement est toujours vivant. Même s'ils le détruisent, nous le reconstruirons.

Ed, manifestant de 37 ans

Des bagarres entre prodémocratie et prochinois ont ensuite éclaté dans un autre centre commercial, le Amoy Plaza, situé de l'autre côté de la baie.

Selon un photographe de l'AFP, présent sur les lieux, environ 200 personnes s'étaient rassemblées pour agiter des drapeaux chinois et chanter l'hymne national.

La bagarre a éclaté quand les militants prodémocratie sont arrivés sur place. Des personnes étaient en sang et souffraient de contusions. Des policiers, armés de boucliers et de casques, sont intervenus pour mettre fin à cette rixe.

Selon le South China Morning Post, des bagarres ont également éclaté entre les deux camps dans une station de métro de Hong Kong.

Une foule vue de haut agite des drapeaux chinois

Environ 200 personnes s'étaient rassemblées pour agiter des drapeaux chinois et chanter l'hymne national de la République populaire de Chine dans un centre commercial, le Amoy Plaza.

Photo : Reuters / Jorge Silva

Une mobilisation continue

Hong Kong traverse depuis bientôt 100 jours sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et des actions quasi quotidiennes, qui ont parfois dégénéré en violents affrontements entre radicaux et force de l'ordre.

Le récent retrait définitif du projet de loi sur les extraditions, qui avait mis le feu aux poudres en juin, ne semble pas avoir apaisé la colère des manifestants.

Ils ont élargi leurs revendications, toutes liées à la dénonciation du recul des libertés et de l'emprise grandissante de Pékin sur sa région semi-autonome.

Face à ce mouvement de contestation qui s'installe dans la durée, les antagonismes des deux camps semblent s'exacerber au fil des jours.

Au cours des derniers jours, des bagarres ont éclaté à plusieurs reprises entre des militants prodémocratie rassemblés pour entonner « Gloire à Hong Kong », un chant qui s'est imposé comme l'hymne de la contestation hongkongaise, et des partisans pro-Pékin qui chantaient l'hymne national chinois.

Les militants prodémocratie ont appelé à un grand rassemblement dimanche, qui a été interdit par la police.

D'autres manifestations sont également prévues pour les deux prochains week-ends et le mouvement appelle à une grève générale à compter du mois d'octobre, au moment où Pékin s'apprête à célébrer le soixante-dixième anniversaire de la fondation de la Chine communiste.

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