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Atlantique de Mati Diop : Ceux qui partent, celles qui restent

Une adolescente regarde vers la caméra.

« Atlantique » de la réalisatrice Franco-Sénégalaise Mati Diop a été présenté au TIFF.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

Claudia Hébert

La Franco-Sénégalaise Mati Diop a été découverte au cinéma comme actrice, tenant un rôle principal dans le film 35 rhums de Claire Denis. Elle est ensuite passée du côté de la réalisation, faisant sa marque avec des courts métrages, entre autres Milles soleils et Atlantiques.

Son premier long-métrage fait écho à un de ses courts métrages, en poursuivant la réflexion entamée en 2009 sur la question des jeunes Sénégalais qui risquent leur vie en mer pour tenter d’immigrer en Europe, fuyant un chômage endémique et des conditions de vie précaires.

Atlantiques, le court métrage, avait une approche plutôt documentaire sur l’expérience de migration d’un garçon. Atlantique, le long-métrage, est un film avec une approche fantastique sur les femmes qui restent derrière, les Pénélopes qui attendent le retour de leurs Ulysses.

Le fait de parler d’une génération fantôme, disparue en mer, m’obligeait à en parler du point de vue de celles qui restent.

Mati Diop, réalisatrice

À Dakar, Ada est à quelques jours de se marier avec un garçon venant d’une bonne famille bien nantie.

Mais son cœur, elle l’offre à un autre, Souleiman, travaillant depuis des mois sur un chantier sans recevoir son salaire. À bout de ressources, lui et les autres ouvriers décideront de tenter le tout pour le tout pour améliorer leur sort : à bord d‘une pirogue, ils prendront la mer pour tenter de gagner l’Espagne, avec l’espoir d’une vie meilleure.

Mais le jour du mariage, des incidents se produisent laissant à croire que Souleiman et ses compagnons d’infortune seraient revenus, et qu’ils demandent justice…

Si le film dans ses premières images laisse présager un drame social naturaliste, il n’en est rien. Rapidement Atlantique passe du côté du film de fantôme, ou plutôt, dans la mythologie africaine, une histoire de possession par des djinns.

Je voulais que mon film, tout en étant traversé par la question de la disparition, du deuil, soit vivant, soit irrigué d’une vitalité immense qui existe au Sénégal dans la jeunesse. Dakar c’est une ville traversée par une force vitale incroyable, explique la cinéaste. J’ai voulu que dans le film, il y ait ces deux dynamiques-là : à la fois cette génération disparue en mer, et en même temps, une autre jeunesse, celle qui reste, qui se bat, qui est là et qui est en vie.

Première réalisatrice de couleur à faire partie de la compétition du Festival de Cannes, elle est aussi la première à y figurer au palmarès en remportant le Grand Prix du festival en mai dernier. Dès sa victoire, Atlantique a vite été récupéré par le géant Netflix, qui distribuera le film sur sa plateforme en ligne au cours de l’année.

Atlantique a été présenté en première Nord-Américaine au 44e Festival international du film de Toronto.

Toronto

Cinéma