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Les victimes d'agression sexuelle attendent toujours leur dédommagement de l'archidiocèse

Photo d'archives de Camille Léger

Camille Léger a été le prêtre de la paroisse de Sainte-Thérèse-d'Avila pendant 23 ans, de 1957 à 1980.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une autre victime d'agression sexuelle a entrepris un arrangement avec l'archidiocèse de Moncton, mais elle ne sait pas quand elle pourra toucher cet argent.

Un avocat représentant près de 24 victimes dénonce l'attente du dédommagement de la part de l'Église et indique que plusieurs de ses clients souffrent à cause du conflit entre l'archidiocèse de Moncton et son assureur.

L’avocat Robert Talach représente cette nouvelle victime qui tente de trouver un compromis avec l’archidiocèse, mais il ne sait pas quand cette personne touchera ses dédommagements.

Elle fait partie des deux dizaines d'autres victimes d'agression sexuelle commise par un prêtre catholique et qui attendent un dédommagement de l'archidiocèse de Moncton.

Radio-Canada avait appris en juillet que l'archidiocèse n'avait pas les moyens d'indemniser ces victimes.

Un tribunal de Moncton avait même suspendu les poursuites intentées par quatre présumées victimes pour offrir un délai d'au moins trois mois au diocèse pour négocier avec sa compagnie d'assurances, The Co-Operators.

L'avocat dans un bureau fait la pose.

L'avocat Robert Talach représente 24 victimes d'agressions sexuelles commises par des prêtres.

Photo : CBC

Il y a beaucoup de frustration, beaucoup de colère et certainement du désespoir, indique l'avocat, Robert Talach.

Selon lui, ces longs délais privent les victimes du dédommagement auquel elles ont droit et une partie importante de leur guérison provient de la justice.

Il y a de la détresse chez les victimes qui ont été agressées quand ils étaient un enfant et ils continuent d'être tout de même vulnérables, dit-il.

Robert Talach trouve cette situation problématique et raconte qu'entre lui et un autre collègue avocat, ce sont plus de 50 hommes qui sont représentés.

Une dizaine de clients de M. Talach ont conclu un compromis avec l'Église, mais n'ont jamais touché un sou de cet argent. Plusieurs d'entre eux attendent depuis au moins trois ans.

Une autre dizaine de victimes attendent toujours de conclure un arrangement avec l'archidiocèse.

Si tu abandonnes l'école en sixième année parce que ton prêtre te fait subir des choses horribles et le fait depuis des années, tu n'es pas porté a avoir un très bon emploi et tu n'es pas porté à vivre une très bonne vie, indique-t-il.

Le prêtre Camille Léger (à gauche) avec une équipe de hockey de jeunes de la région de Cap-Pelé.

Le prêtre Camille Léger (à gauche) avec une équipe de hockey de jeunes de la région de Cap-Pelé.

Photo : Radio-Canada

Tout ce qu'ils demandent, c'est un tout petit morceau du gros morceau de leur vie qu'ils ont perdu

Robert Talach, avocat

Malgré tout, l'archevêque Valéry Vienneau avait rapporté qu'aucune victime ne serait payée avant la fin du conflit entre l'archidiocèse et The Co-Operators parce que l'Église n'a tout simplement pas les moyens.

Un conflit qui perdure

Depuis 2015, l'archidiocèse de Moncton est mêlé malgré lui à de nombreux conflits légaux, dont celui avec son assureur, The Co-Operators, qui refuse de payer pour indemniser les victimes d'agressions sexuelles.

Valéry Vienneau examine un document.

Mgr Valéry Vienneau du diocèse de Moncton est plongé dans le scandale des prêtres pédophiles depuis 10 ans. Il croit cependant que les croyants gardent la foi en l'Église.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

L'Église dit pour sa part que sa police d'assurance, au moment de ces abus, incluait une couverture pour « lésions corporelles causées intentionnellement [...] par l'archidiocèse ».

The Co-Operators répond que l'archidiocèse a manqué à ses obligations envers son assureur lorsqu'il a omis de rapporter les crimes sexuels quand il en a eu connaissance.

L'Église réclame 4,2 millions à la compagnie d'assurances.

Une situation semblable s'était déroulée entre l'archidiocèse de Bathurst et l'assureur Aviva. La Cour suprême avait obligé la compagnie d'assurance à dédommager les victimes d'agressions sexuelles au nom de l'Église.

Ni l'archidiocèse de Moncton ni The Co-Operators n'étaient disponibles pour une entrevue vendredi.

Selon les renseignements de CBC

Nouveau-Brunswick

Croyances et religions