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Où en sont les négociations des syndicats de l’éducation du côté francophone?

Une classe dans une école primaire

Une classe dans une école primaire (archives).

Photo : Radio-Canada

Marguerite Gallorini

Les négociations entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats d’enseignants en sont tous à des étapes différentes — nous faisons le point sur ce qu’il en est du côté de l’enseignement francophone.

Les négociations au niveau provincial entre les syndicats et les conseils scolaires sont encore en cours, et aucun syndicat n’est encore en état de grève légale. Mais avec les commentaires péjoratifs du premier ministre Doug Ford envers les enseignants et ses coupes budgétaires dans l’éducation, les risques de grève pour cette année sont grands.

Cinq syndicats au total sont en négociations avec le gouvernement provincial et leurs employeurs.

  • L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO)
  • La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEÉSO)
  • La Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (ou FEEO)
  • L’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA)
  • Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)

Quatre d’entre eux sont des syndicats d’enseignants. Parmi eux, l’AEFO représente le corps enseignant francophone de la province, regroupant le personnel enseignant des écoles élémentaires et secondaires de langue française, catholiques et publiques.

Le SCFP représente 55 000 travailleurs de l’éducation à travers 109 unités et 68 sections locales y compris les travailleurs francophones. Le syndicat représente les travailleurs de l’éducation tels que les concierges, les secrétaires, ou encore les assistants d’éducation.

La FEÉSO, en plus des enseignants du secondaire, représente également 15 000 membres de personnel de soutien en éducation. De ce nombre, 4000 proviennent d’unités de négociation francophones.

Des dessins sur un tableau

Une salle de classe en Ontario

Photo : Radio-Canada

En Ontario, les négociations pour les enseignants se font en premier au niveau provincial, aussi appelé niveau central, avant de pouvoir être effectuées au niveau local. Chaque syndicat a ses propres règles de fonctionnement et négocie à son rythme.

Les travailleurs de l’éducation francophone

Le SCFP est actuellement en plein vote, jusqu’au 15 septembre, sur la possibilité d'une grève, mais les négociations entre le syndicat et le gouvernement continuent en parallèle, et reprendront le 17 et 18 septembre prochains.

Sylvain Piché est le vice-président francophone du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l'Ontario, un conseil de travailleurs du SCFP. Il espère que le patronat proposera une offre qui assurera et améliorera les services que la SCFP offre.

On attend de pouvoir négocier encore, dit-il. Mais en attendant, le syndicat se prépare dans le cas où ces discussions ne seraient pas fructueuses.

On va s’asseoir puis on va décider si on a besoin, quand on a besoin, où on va le faire si on a besoin de faire des moyens de pression.

Sylvain Piché, vice-président francophone du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l'Ontario

Selon lui, les conseils scolaires francophones œuvrent bien au-delà de l’éducation des enfants seulement.

Les écoles ouvrent leurs portes afin de pouvoir offrir la bâtisse aux communautés francophones, les clubs de soccer… On espère que le gouvernement continuera le financement pour l’utilisation des conseils scolaires comme place pour les organismes communautaires, explique Sylvain Piché.

Les enseignants francophones

Quant à la FEÉSO, ils vont retourner à la table avec des dates en octobre, selon Guylène Lepage, représentante de l’unité 65 du district 33 de la fédération.

Bien qu’elle ne veuille pas commenter sur l’état des négociations en cours, elle attire l'attention sur l'importance de tout le personnel éducatif. Toute l'école est une salle de classe, il faut alors souligner que l'éducation n'est pas uniquement un curriculum.

Elle déplore que le salaire moyen du personnel de soutien, de 42 000 $, n’ait augmenté que de 4,5 % depuis 8 ans.

Le syndicat des enseignants francophones AEFO, lui, n’en est encore qu’au début des négociations avec les autres parties, selon Maryline Guèvremont, du service des communications de l’AEFO.

D’autres rencontres préliminaires sont prévues dans les prochaines semaines avant que les négociations puissent débuter avec le gouvernement provincial et le Conseil des associations d’employeurs (CAE) — le groupe représentant les 12 conseils scolaires de langue française de l’Ontario, c’est-à-dire les employeurs.

Des écoliers se rendent à l'école, chacun porte un sac à dos.

Les conventions collectives des membres du personnel enseignant et suppléant de l’AEFO sont arrivées à échéance le 31 août 2019. (Archives)

Photo : Getty Images / Andreas Rentz

Ces rencontres ont comme objectif d’identifier les sujets à la table de négociation centrale. Dans une lettre à ses membres datant de mars 2019, l’AEFO présentait certaines de ses priorités, telles qu’améliorer les conditions liées aux congés, augmenter les salaires, les allocations et les indemnités, ou encore diminuer la taille des classes.

Le gouvernement Ford a pour plan d’augmenter la taille des classes et de supprimer environ 3800 emplois de l’éducation au cours des quatre prochaines années.

Bien que les négociations elles-mêmes soient confidentielles, la porte-parole de l’AEFO confirme que l’AEFO défendra avec rigueur les conditions d’apprentissage propices au succès des élèves et s’objectera à toute tentative du CAE ou du gouvernement de faire passer les coupes en éducation sur les épaules des membres de l’AEFO.

Un homme parle devant une tribune.

Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Lundi lors d’une annonce à Kitchener, le ministre ontarien de l’Éducation, Stephen Lecce, a affirmé que le personnel du ministère travaille dur, sans relâche, et de bonne foi avec nos partenaires des syndicats et de l’administration pour finir par arriver à un accord.

Cela nécessite la coopération de toutes les parties, a-t-il déclaré. Mais je peux vous assurer que, en tant que ministre, je ne veux pas de surprises. Je veux que les enfants soient en classe.

Mercredi, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) a déclaré organiser un vote de grève également lors de réunions planifiées plus tard en septembre et en octobre.

Toronto

Éducation