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Du PQ au PLC, Réjean Hébert fait volte-face sur la laïcité

Justin Trudeau parle dans un micro, Réjean Hébert le regarde.

Justin Trudeau était dans la circonscription de Réjean Hébert vendredi pour l'ouverture du local de campagne de son candidat nouvellement recruté.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Valérie Boisclair

En matière de laïcité, l’ancien ministre péquiste qui porte maintenant les couleurs du Parti libéral du Canada (PLC) a retourné sa veste. S’il endossait la charte des valeurs du gouvernement de Pauline Marois il y a six ans, Réjean Hébert appuie désormais la position de Justin Trudeau, qui n’a pas fermé la porte à une contestation judiciaire de la loi 21.

Aux côtés du premier ministre sortant, le candidat libéral dans Longueuil—Saint-Hubert a ouvert vendredi son bureau de campagne. Tandis que la question de la laïcité s’est invitée dès le premier jour de la campagne, M. Hébert, interrogé à ce sujet, a affirmé « adhérer à la position du Parti libéral ».

Pourtant, à l’époque où il détenait les rênes du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, Réjean Hébert a défendu le principe de la neutralité de l’État québécois. La controversée charte des valeurs québécoises, qui prévoyait l’interdiction de port de signes religieux « ostentatoires » pour les employés de l’État, allait même plus loin que la loi sur la laïcité introduite par la Coalition avenir Québec.

En vertu du projet de loi du gouvernement Marois, les employés des hôpitaux devaient également être soumis à la charte. Un hôpital d’Oshawa, en Ontario, avait même saisi l’opportunité en lançant une campagne publicitaire pour recruter le personnel soignant qui y était opposé.

Mais voilà qu’aujourd’hui, Réjean Hébert se dit « préoccupé » par la Loi sur la laïcité de l'État qui pourrait priver certains d'opportunités, et même occasionner leur renvoi.

Je pense qu’il faut être préoccupé par les minorités, par les gens plus vulnérables et c’est ce qu’on aura à faire comme gouvernement, a-t-il déclaré aux journalistes.

Assurant avoir « tourné la page » sur son passé souverainiste – comme « les Québécois en général » –, le candidat libéral estime donc que la loi québécoise sur la laïcité pourrait être contestée devant les tribunaux.

L’identité, pour moi, n’est pas un enjeu fondamental dans mon action politique. Ça ne l’a pas été en 2014, ça ne le sera pas plus maintenant.

Réjean Hébert, candidat libéral dans Longueuil—Saint-Hubert

Des enjeux plus importants méritent qu’on s’y attarde, plaide-t-il, citant notamment l’équité sociale, les changements climatiques et l’égalité des chances.

Les Québécois apprécieront que les libéraux disent « la vérité » et qu’ils soient « clairs » quand vient le temps d’affirmer leurs valeurs, assure M. Hébert.

« La vérité, a réagi son ex-collègue péquiste Jean-François Lisée sur Twitter, [c’]est que Réjean Hébert était parmi les plus enthousiastes promoteurs de la charte, [et] tenait absolument à ce que ça s'applique au réseau de la santé. »

Lors du déclenchement de la campagne fédérale mercredi, Justin Trudeau avait refusé de dire s’il allait contester la loi 21 devant les tribunaux.

S’il se dit « tout à fait en désaccord » avec la loi québécoise, le chef libéral ne compte toutefois pas se lancer dans la contestation judiciaire « pour l’instant ».

Notre dossier Élections Canada 2019
Avec les informations de La Presse canadienne

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