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L’application Bunz limite l’usage de sa monnaie virtuelle

Les usagers ne peuvent dépenser leurs BTZ que dans des cafés et des restaurants.

L'application Bunz sur un téléphone mobile.

Bunz supprime une cinquantaine de commerces torontois de son application, permettant aux usagers d'y dépenser sa monnaie virtuelle, BTZ.

Photo : Radio-Canada / Darek Zdzienicki

Philippe de Montigny

La populaire application de troc Bunz, qui permet à ses utilisateurs d’échanger à peu près n’importe quoi, limite maintenant l’usage de sa monnaie numérique, à peine un an après son lancement.

L’application torontoise — exploitée également à Vancouver, Montréal et Ottawa — permet aux usagers d’échanger leurs affaires pour des BTZ, qui peuvent ensuite être dépensés dans une panoplie de commerces locaux, incluant des épiciers, des microbrasseries et des salons de beauté.

À Toronto, des boutiques populaires telles que Drake General Store, Inkbox et Fresh City Farms acceptaient cette monnaie numérique comme mode de paiement.

Mais dorénavant, seuls les cafés et les restaurants sont admis sur la plateforme. Ce changement survient alors que l’entreprise licencie 15 employés, soit environ trois quarts de son équipe.

Cette décision était nécessaire afin de mieux gérer les coûts d’exploitation de l’application Bunz tout en bâtissant une entreprise durable qui profite à tous nos utilisateurs.

Sascha Darius Mojtahedi, président-directeur général et cofondateur de Bunz
L'édifice de Drake General Store sur la rue Queen à Toronto.

La boutique Drake General Store fait partie d'une cinquantaine de commerces à Toronto qui ne peuvent désormais plus accepter la monnaie virtuelle de l'application Bunz comme mode de paiement.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Le cofondateur de Bunz a refusé de nous accorder une entrevue, mais il se veut rassurant. Dans un courriel, il indique que tous les commerçants débranchés de l’application cette semaine seront payés en totalité pour leurs transactions effectuées en BTZ.

À présent, les usagers de Bunz ont gagné et dépensé plus de 1,4 million de dollars dans des entreprises locales, grâce au système de monnaie numérique de l’application. Nous nous voyons comme une coopérative sur Internet, affirme le PDG de Bunz, Sascha Darius Mojtahedi.

Les BTZ peuvent être toujours utilisés dans des échanges entre nos usagers et réclamés chez nos partenaires ou via Etherium Mainnet, précise-t-il.

Selon Bunz, un portefeuille de 1000 BTZ représente environ 10 $ ou trois cafés.

C’est une gifle en plein visage

La propriétaire de la boutique Beadle à Toronto, Cherie Lunau-Jokisch, disait bénéficier d’une nouvelle clientèle grâce à l’application.

À l’approche des Fêtes, ma saison la plus achalandée, de nombreux clients amassaient leurs BTZ pour faire de plus gros achats. Je suis désolée que ce ne soit plus possible.

Cherie Lunau-Jokisch, propriétaire de la boutique Beadle
Cherie Lunau-Jokisch

Cherie Lunau-Jokisch, propriétaire de la boutique Beadle

Photo : Radio-Canada / Darek Zdzienicki

Elle souligne que Bunz n’a pas respecté sa propre politique d’avertir ses utilisateurs au moins 30 jours avant tout changement majeur à sa plateforme. La commerçante ajoute qu’elle venait de payer, il y a quelques jours, sa cotisation mensuelle pour pouvoir exploiter le système de transactions virtuelles de Bunz.

C’est une gifle en plein visage, dit-elle.

Ce changement soudain et sans préavis suscite également l’indignation des usagers à l’échelle du pays. La plupart des groupes Facebook se sont défaits de la marque de commerce Bunz pour en adopter une nouvelle : Palz.

Nous voulons récupérer ce qui nous appartient, nos communautés [...] Nous ne voulons pas de monnaie virtuelle qui ne fera que nous décevoir, a écrit l’administrateur d’un de ces groupes Facebook, Farrell Tremblay.

Selon des publications sur les réseaux sociaux, de nombreux usagers se sentent trahis après avoir amassé des centaines de dollars en BTZ. Certains espéraient pouvoir se payer un tatouage, une nouvelle coiffure ou bien de nouveaux vêtements.

Je me suis toujours méfiée des BTZ. Ça me semblait trop beau pour être vrai, affirme Katya Pereyaslavska, une usagère active sur l’application.

Jessica Galang

Jessica Galang, journaliste spécialisée en nouvelles technologies chez BetaKit

Photo : Radio-Canada / Darek Zdzienicki

Comme plusieurs usagers accumulaient leurs BTZ et les dépensaient en gros montants, l’entreprise recule pour mieux prévoir les sommes qu'elle aura à débourser aux commerçants, estime la journaliste spécialisée en nouvelles technologies chez BetaKit, Jessica Galang.

Elle croit que Bunz peinera à regagner la confiance des consommateurs et des commerces locaux, ce qui pourrait être un coup dur pour l’entreprise.

Toronto

Innovation technologique