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Propos anti-avortement : la candidature d'un vert maintenant compromise

Mark Vercouteren pose à côté d'une bicyclette et d'une pancarte du Parti vert du Canada.

Mark Vercouteren dit ne pas se souvenir de s'être opposé au financement public de l'avortement.

Photo : Mark Vercouteren/Twitter

Valérie Boisclair

Le Parti vert reconsidère la candidature de Mark Vercouteren, qui se présente dans la circonscription ontarienne de Chatham—Kent-Leamington, après qu’il eut dit ne pas se souvenir d'anciennes déclarations anti-avortement.

« Insatisfaite » des explications fournies par M. Vercouteren, la chef des verts, Elizabeth May, a déclaré vendredi en entrevue à l’émission Power & Politics, sur les ondes de CBC, que « sa position au sein du parti est en train d’être réexaminée ».

Mark Vercouteren s’est retrouvé sur la sellette après qu’un questionnaire rempli en 2014 pour la Campagne pour la vie du Canada, un groupe qui milite contre l’avortement, ait fait surface. À la question « Croyez-vous qu’il y a des circonstances qui permettraient à une femme d’avoir droit à un avortement? », il avait répondu « non ».

Le candidat de Chatham—Kent-Leamington ne se souvient pas d’avoir participé au sondage de la Campagne pour la vie du Canada, avait indiqué une attachée de presse du Parti vert à Radio-Canada.

Mais selon CBC, M. Vercouteren a réitéré sa position en 2018, dans un questionnaire du même genre, lors des élections provinciales en Ontario.

Un membre de notre équipe est en contact avec lui afin de comprendre comment il est possible que [M. Vercouteren] ne se souvienne pas de quelque chose d’aussi récent que 2018.

Elizabeth May, chef du Parti vert

À ces déclarations s’ajoute une publication de Facebook datant de 2015 dans laquelle le candidat vert s’affiche comme « pro-vie » et reproche aux conservateurs de ne pas vouloir s’occuper de la question de l’avortement au pays, de peur de « perdre plus de votes ».

La chef du Parti vert estime toutefois qu’il faut donner la chance au candidat de s’expliquer.

Le cycle des nouvelles va à toute vitesse. Vous devez réaliser que, dans la vraie vie […], la réévaluation du dossier peut prendre plus que 24 heures. Mais nous travaillons rapidement, a-t-elle fait valoir.

Avant même que les propos de M. Vercouteren et de Macarena Diab, une autre candidate du Parti vert, ne soient révélés, Mme May avait déjà eu à défendre ses propres déclarations. Toujours en entrevue à Power & Politics, au début de septembre, elle avait déclaré qu’elle n’empêcherait pas les députés verts de rouvrir le débat sur l’avortement.

Elle avait par la suite précisé qu’il n’y avait « aucune chance » qu’un élu de son parti décide d’adopter cette voie.

Si quelqu’un ne croit pas fermement que les femmes ont le droit d’avoir accès à un avortement sécuritaire et légal, alors il ne sera pas un candidat du Parti vert, a-t-elle assuré, vendredi.

Depuis les propos anti-avortement qu'elle a tenus en 2008, la candidate dans Louis-Hébert, Macarena Diab, dit avoir changé. Dans un courriel envoyé à CBC, elle assure être désormais résolument pro-choix.

Notre dossier Élections Canada 2019

Confidentialité resserrée

Pour éviter que d’autres déclarations faites par le passé sur les plateformes numériques ne viennent troubler la campagne électorale, les candidats verts se sont fait suggérer de revoir les paramètres de confidentialité de leurs comptes sur les réseaux sociaux.

On nous a dit de rendre nos pages Facebook privées, de changer nos paramètres, a déclaré le candidat des verts dans Bécancour-Nicolet-Saurel, David Turcotte, en entrevue à La Presse canadienne.

Évoquant l’exemple de la candidate Macarena Diab, M. Turcotte a expliqué sur Facebook que le parti avait demandé aux candidats de changer leur nom, « car les journalistes font des recherches pour trouver du crunchy sur nous ».

Il a par la suite précisé qu’il s’agissait de sa propre interprétation de la directive du parti. De son côté, Rosie Emery, l’attachée de presse du Parti vert, a simplement déclaré que « le parti valorise la transparence et ne conseille à aucun candidat de changer son nom sur les médias sociaux ».

En début de semaine, un autre candidat du Parti vert, Erik Schomann, a dû se retirer de la course dans Simcoe-Nord en raison d’un commentaire jugé islamophobe publié auparavant sur les réseaux sociaux.

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